Programme d’éducation prioritaire : Une thérapie encourageante contre les dérapages scolaires





Le programme d’éducation prioritaire (PEP) lancé en 2001 a permis actuellement à plusieurs établissements scolaires de présenter fièrement leur «success-story». Tunis — Le Quotidien Le programme d’éducation prioritaire (PEP) lancé en 2001 a réussi à mobiliser les enseignants et les élèves. Cet enthousiasme remarquable s’est vérifiée hier au cours de la visio conférence organisée au Centre de recyclage et de formation continue (CREFOC) de l’Ariana. L’objet de cette manifestation est d’exposer les expériences de différents établissements et l’efficacité de cette initiative. A travers les acquis et les résultats atteints, le but est d’en faire un capital pour l’investir par la suite tant au niveau théorique que pratique. Il est à rappeler que les écoles à priorité éducative ont entamé leur travail en 2001 après la mise en place d’une carte des établissements en question. Ces derniers ont rempli un certain nombre de critères en rapport avec le rendement interne de l’école. Ces critères s’articulent autour des taux de passage, de redoublement et d’abandon scolaire. Actuellement, la mobilité dans la carte des écoles du PEP est indiscutable. Reste que des experts sont en train de mesurer cette mobilité afin de procéder ultérieurement à la révision du programme. A cette étape du PEP, Mme Saloua Achour, la coordinatrice générale de ce programme affirme que bientôt un système d’évaluation sera élaboré. Il aura pour outil une approche comparative. Sinon, pour le moment, les acteurs du PEP sont en phase de suivi assurée par les groupes pédagogiques. Ceci n’empêche que le PEP «a contribué à l’amélioration de l’état des lieux dans ces établissements», souligne Mme Achour. Et ce malgré l’absence d’une évaluation ou d’une comparaison. Ce qui semble avoir largement profité au PEP, c’est l’esprit qu’il développe au sein des établissements eux-mêmes et entre les différentes équipes de travail. En effet, «tout le monde a le même statut», explique la coordinatrice générale de ce programme. Ce qui permet de mettre en relief et de développer la professionnalité de chacun. D’où l’engagement d’un bon nombre d’enseignants qui croient profondément dans l’impact positif d’un tel projet. Ils s’évertuent donc à créer des passerelles pour ces élèves afin qu’ils parviennent à se hisser au niveau de leurs camarades n’ayant pas de difficultés. * «Année blanche» Cependant, les lacunes dont souffrent ces élèves principalement en Français et en Mathématiques n’ont pas l’air de se répercuter sur leurs comportements. En témoigne le programme de lutte contre les incivilités qui montre que les établissements du PEP ne sont pas concernés par la violence. A ce sujet, Mme Achour précise que le milieu rural auquel appartiennent 90% des écoles du PEP y est pour beaucoup. Car ce genre de pratiques est répandu essentiellement dans le milieu urbain. Et ce qui est encore plus encourageant pour les équipes de travail ce sont les réalisations enregistrées dans certains établissements. On cite les exemples du lycée Ezzouhour à Kasserine et l’école Mourouj à Kalaât El Andalous. Dans le premier cas, l’établissement était marqué en 2001 par une importante vague de violences et par conséquent de sanctions. C’est pratiquement la même situation qui prévalait dans le deuxième établissement. Or, aujourd’hui, le bilan n’est plus aussi morose. A Kasserine, le lycée a retrouvé en quelque sorte la paix. Et à Kalaât El Andalous, l’école est parvenue à boucler l’année scolaire sans conseils de discipline ni sanctions. «Une année blanche» qui constitue un leitmotiv pour le staff directeur. Celui-ci aspire même à transférer son «know how» aux autres écoles afin de repêcher les élèves en difficultés. Il est clair qu’au-delà des objectifs du PEP et du travail théorique qui s’y fait, on constate qu’une dimension morale beaucoup plus importante est développée par ce programme. Son mérite c’est d’avoir redonné confiance aux élèves qui malgré leurs difficultés se sont retrouvés au centre d’intérêt. Cette attention particulière qui leur est consacrée leur a permis sans doute de renouer avec l’école. Ils ont également donné libre cours, comme l’ont affirmé hier plusieurs enseignants, à d’autres compétences inexplorées jusqu’à un certain temps. Et par la même occasion, le PEP est en train de redonner à l’enseignant son statut d’autrefois et sa vocation première grâce auxquels l’école et le savoir était sacrés. M. KADA


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com