Livre : Aux sources de l’agronomie arabe





Dans un ouvrage très documenté, l’historien Bouraoui Trabelsi retrace la naissance de la science agricole dans le monde arabe durant le premier siècle de l’Hégire, ses emprunts aux autres civilisations et ses apports.` Selon les auteurs romains anciens, le premier livre d’agronomie est l’œuvre d’un Carthaginois, Magon, dont il ne nous est parvenu malheureusement que quelques extraits. Les premiers livres consacrés à l'agriculture sont cependant signés par des grands auteurs grecs comme Hesiode (Les Travaux et les Jours), ou Xenophon (Economique) ou encore Caton (De l’Agriculture). L’agriculture, qui a donné naissance à la première civilisation humaine dite agraire sur les bords du Nil (civilisation pharaonique) et du Tigre et de l’Euphrate (civilisation mésopotamique), a aussi inspiré l’une des premières sciences humaines: l’agronomie. L’histoire de cette science nous est aujourd’hui relativement bien connue grâce aux travaux d’historiens occidentaux. L’apport des Arabes à cette science l’est cependant beaucoup moins. Ou éparpillé dans divers ouvrages généraux. C’est pour combler ce manque que Bouraoui Trabelsi, professeur d’histoire du Moyen-Age à la faculté des Lettres, des Arts et des Sciences humaines de la Manouba, a écrit un ouvrage en arabe intitulé “Naissance de l’agronomie arabe” coédité par la faculté des Lettres, des Arts et des Sciences humaines de la Manouba et Sud Editions. Dans cet ouvrage de 352 pages, qui reprend le texte d’une thèse d’un doctorat en histoire soutenue le 10 octobre 2000, dans l’établissement universitaire déjà cité, l’auteur passe en revue l’évolution de l’agronomie à travers les âges, de la Mésopotamie à l’Egypte pharaonique, la Grèce, Byzance, la Perse, pour en arriver au développement de cette science dans le monde arabe sous la dynastie des Abbassides, puis dans tout le Monde arabe, dans l’Ifriqiya et dans l’Andalousie. L’ouvrage, très documenté, démontre que les Arabes ne se sont pas contentés de traduire les ouvrages d’agronomie grecs, romains, byzantins et autres, mais qu’ils ont aussi contribué au développement de cette science grâce notamment au volontarisme du pouvoir abbasside, mais aussi à des auteurs comme Ibn Ouahchia, qui a traduit en arabe le livre de l’agriculture nabatéenne, au 3ème siècle de l’Hégire, Abou Al Kacem Zahraoui, mort en 1010, Ibn Ouafet, Ibn Bassal, Ibn Al Aouam. L’auteur s’est contenté de retracer la naissance de l’agronomie arabe. Il a donc arrêté sa recherche au premier siècle de l’Hégire, en cherchant à démontrer les emprunts des agronomes arabes aux autres civilisations et les apports respectifs. On sait que cette science s’est beaucoup développée au Maghreb et en Andalousie au cours des siècles suivants. En témoigne le nombre d’ouvrages et de manuscrits consacrés à cette science dont regorgent les bibliothèques arabes. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com