Redonner âme à nos salles obscures





Il n’y a même pas une année, nous étions dans un bistrot de la grande artère de la capitale, en train de siroter un soda avec quelques confrères de la presse internationale. On parlait de tout et de rien. Et nous n’avions, au fond de nous-mêmes, pas été choqués quand ils nous ont posé la question suivante : «nous aimons nous payer une toile, mais nous n’avons pas vu de salles de ciné, dans les parages. Où allons-nous pour voir les sorties ?». Et nous avons bien-sûr, répondu qu’il en existe. Mais, que le secteur, comme de par le monde, est souffrant et n’affiche pas une bonne mine. Mais, dans notre intérieur, nous étions mal. Car, on défendait l’indéfendable. A cette époque, les films qui passaient étaient d’une qualité médiocre. Ce qui explique ce phénomène de salles désertées à longueur de l’année, été comme hiver. Avant-hier soir. 22h30, devant le cinéma Le Rio, une file (ou plutôt une mare humaine) d’attente qui se fait et se défait. La salle est archi-comble. Les cinéphiles ont même rempli la Rue de Yougoslavie dans l’espoir de trouver un siège. Mais en vain. Car, même le parterre était noir de gens, pas une place même pour une épingle. La projection du film palestinien «Paradise Now», en présence de quelques-uns de ses acteurs, est sur toutes les langues. Avec ce film, de mille et un paradoxes, on a créé l’événement et fait entorse à la règle. Déduction : quand on propose de la bonne matière, les gens ne peuvent que répondre présent. Et la bonne qualité se consomme bien. Paradise Now a donc drainé la foule et les gens se sont déplacés, malgré le froid de canard de mercredi dernier. Ce qui a poussé les organisateurs à prévoir au lendemain une seconde projection, juste après la rencontre, de 18h00 à Ibn Khaldoun. Zohra Abid


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com