Nucléaire iranien : Téhéran menace, Londres apaise





L’Iran a affirmé hier qu’il utilisera ses missiles ballistiques en cas d’attaque. Une menace claire de Téhéran et ce au moment où du côté de Londres on essayait d’apaiser la tension en faisant valoir que les Iraniens semblent prêts à parler». Le Quotidien-Agences Le commandant des Gardiens de la Révolution, Yahya Rahim Safavi, a affirmé hier que l'Iran pourrait utiliser ses missiles ballistiques s'il était attaqué. "L'Iran a un missile ballistique d'une portée de 2.000 kilomètres. Nous n'avons l'intention d'attaquer aucun pays, mais si nous sommes attaqués, nous sommes en mesure de répondre efficacement. Notre politique est défensive", a affirmé à la télévision publique Safavi. Safavi faisait références aux missiles Shihab-3 (météore en persan) d'une portée minimale de 2.000 kilomètres dont dispose l'Iran et qui peuvent atteindre Israël et les bases américaines au Moyen-Orient. Le nombre de missiles dont dispose l'Iran n'est pas connu. En Israël, plusieurs hauts responsables ont ouvertement fait allusion à la possibilité d'attaques préventives contre l'Iran, considéré comme une menace vitale pour l'Etat hebreu. Le président américain George Bush a répété vendredi que le recours à la force militaire contre l'Iran était une "option", mais qu'elle était la "dernière", sur la chaîne de télévision CBS. * Straw convaincu Mais les leaders occidentaux affirment qu’il est encore prématuré de parler de sanction contre l’Iran. Ainsi, le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw a estimé hier que les Iraniens semblaient "prêts à parler" avec la communauté internationale avant la réunion des gouverneurs de l'AIEA, répétant qu'il n'y avait pas "d'option militaire" envisagée contre l'Iran. Interrogé depuis Davos (Suisse) par la BBC, Straw a évoqué "l'intense diplomatie" qui va précéder la réunion du conseil des gouverneurs de l'Agence Internationale à l'Energie Atomique (AIEA), jeudi et vendredi à Vienne. Les Iraniens "sont prêts à parler et il y aura une réunion lundi à Bruxelles des trois directeurs politiques européens avec le numéro deux de l'équipe de négociation. Cela montre qu'il y a du mouvement", a dit Straw. "Il n'y a pas d'option militaire. Il n'y en a certainement pas sur la table, soyons clairs. Personne n'en parle. Je n'en ai jamais discuté avec un responsable américain de haut rang, sauf pour dire que l'option militaire n'était pas sur la table", a-t-il assuré. "Je comprends les inquiétudes, bien sûr qu'elles existent à cause de l'Irak, mais vraiment ce n'est pas d'actualité", a-t-il ajouté. Le ministre britannique a fait valoir que la voie diplomatique était toujours la seule solution pour régler ce dossier même si ces négociations "sont difficiles". Il faut "s'assurer un accord qui n'implique pas d'humiliation d'un côté ou de l'autre" et qui "permette aux deux parties de garder la tête haute", a-t-il affirmé. * Sanctions économiques Allant dans le même sens, le ministre des Affaires étrangères de la chancelière Angela Merkel a par ailleurs rappelé que l’Allemagne continue à privilégier dans ce dossier la diplomatie, et exclut toute intervention militaire occidentale contre Téhéran. «De mon point de vue les moyens diplomatiques sont les seuls appropriés. (...) Tout autre moyen revient à jouer avec le feu, ce à quoi je ne veux pas prendre part». Il a toutefois évoqué la possibilité d’imposer des «sanctions économiques» contre Téhéran. «Il ne serait pas intelligent d’exclure des sanctions économiques. L’Iran ne devrait pas sous-estimer sa dépendance à la coopération technique et économiques avec les pays occidentaux», souligne Frank-Walter Steinmeier dans une interview à l’hebdomadaire Der Spiegel.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com