Nouvelle radio culturelle : Remue-méninges sur ondes courtes





Samedi dernier, le tout Tunis (ou presque) culturel et artistique était présent au Centre de la Promotion des Exportations (CEPEX). Pour esquisser le projet présidentiel de l’année: la création d’une Radio culturelle. En présence de Rafaâ Dekhil, ministre chargé de la Communication et des Relations avec la Chambre des Conseillers et Mohamed El Aziz Ben Achour, ministre de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine, hommes de lettres, de cinéma, de théâtre, de musique et autres de la communication et des arts plastiques ont, lors de cette conférence nationale, plaidé pour la liberté de cette station qui, à leurs yeux, va changer le paysage culturel du pays. Outre les nombreuses interventions, les participants aux ateliers relatifs aux divers volets du domaine de la culture ont mis en relief quelques propositions. Pour l’atelier du théâtre, il a été question de l’animation et du recours à une langue appropriée. Quant aux participants à l’atelier du cinéma (composé seulement de Nejib Ayed, Naceur Guetari et leur rapporteur) ont appelé à l’intensifier la couverture des manifestations cinématographiques, tunisiennes et étrangères, tout en privilégiant les productions nationales. Pour l’atelier du livre, il a été soulevé le problème de la durée, de l’intensité des émissions, de la promotion de la littérature à l’échelle nationale et mondiale, des manuscrits et autres espaces pour la littérature pour enfants et adolescents. Les musiciens, comme les artistes plasticiens, ont surtout soulevé, chacun de son côté, la question de l’impulsion de l’esprit critique, dans des manifestations. L’atelier de la relation de la radio culturelle avec les radios régionales a suggéré entre autres l’implication de nos universitaires et créateurs dans les régions et une couverture plus décentralisée. Comme tous les autres ateliers, celui de la société civile a appelé à l’enracinement de l’esprit civique auprès du public en protégeant l’identité et garantissant la diversité culturelle dans le respect le plus total de nos valeurs démocratiques. Au final, nos hommes de culture ont affiché leur enthousiasme en se voyant participer pour la première fois de l’histoire à un sujet qui les concerne, et de près, et ils ont tous exprimé leur gratitude mais aussi leur volonté de mettre sur pied comme il se doit, cette radio qui s’adressera à l’élite et au peuple à la fois et ils y croient et profondément. Cette radio doit réussir. Pour la chanteuse Sonia M’barek, il y a beaucoup à faire. «C’est le rôle des gens de la culture qui doivent assurer la qualité et relever le niveau par la création et l’originalité afin de créer une harmonie avec le public». L’écrivain Abdelwahed Brahem voit en cette radio «un vecteur d’éducation et de rayonnement à condition, bien sûr qu’on respecte tous les jalons qu’on vient de mettre dans notre atelier». Faouzia Hicheri (artiste-peintre et universitaire) suggère autre chose: «A l’aube de ce 21ème siècle, nous devons concevoir et à l’image de notre pays, une radio bien étoffée et la baptiser à l’instar de France Culture, Ici Tunisie Culture». Quant à son collègue, Sami Ben Ameur, il voit que les médias ont un rôle majeur. «C’est important, dit-il, de savoir faire et l’artiste doit savoir faire ce qu’il réalise, un travail profond, professionnel et efficace et avec des intervenants dans cette radio culturelle, on peut informer, former et atteindre notre objectif». De RTCI, Habib Belaïd souhaite voir dans cette radio (son vieux rêve qui enfin se concrétise) une matière sans censure, profonde, réfléchie et variée et surtout loin de la légèreté. Tout comme lui, le poète Souf Abid qui a salué cette décision et a tenu à préciser que pour sauver notre culture, aujourd’hui «menacée de tout bord, il faut changer de discours et éviter la langue de bois». Z.A.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com