Infrastructure des jeunes S.T.: 400 joueurs, deux terrains et… peu de moyens





Les terrains stadistes sont réputés pour leur rôle dans la formation de jeunes talents qui ont fait leurs preuves par la suite. A présent, le ST peut-il encore se vanter de pouvoir honorer ce “devoir” de formation avec les moyens actuels mis à sa disposition? A priori, la réponse est claire. Sur le plan moyens et infrastructure, la situation actuelle laisse à désirer. Et même au niveau des mentalités, la vocation de formation, on n’y croit presque plus. Pourtant, le club du Bardo est beaucoup sollicité par les jeunes des régions et cités populaires voisines (Ettadhamen, Ibn Khaldoun, Ettahrir, Ksar Saïd, La Manouba, Denden, Oued Ellil…) et quelque 400 jeunes talents y exercent chaque saison sans compter ceux qui ne sont pas retenus pour manque de moyens au complexe sportif du Bardo. * On n’y croit plus! On tend à parler beaucoup de l’infrastructure et des moyens matériels, mais on a tendance à oublier le rôle des dirigeants et surtout du public. Quand on exige des résultats immédiats et quand on choisit la solution de facilité en multipliant les recrutements qui ne font que “tuer” et décourager les talents montants, on ne peut espérer aller très loin, surtout si les moyens financiers sont limités. C’est malheureusement ce qui se passe au Stade Tunisien depuis des années. On a beau essayer plusieurs formules pour redonner une âme à cette action de formation, mais il paraît qu’on n’y croyait plus. Et ce sont les jeunes de toute cette région qui en souffriront… K.Z. ______________________________ Wahid Hidoussi «Une situation insatisfaisante, mais les solutions ne manquent pas» Il est là depuis seulement quelques mois, mais il est déterminé à tout faire pour améliorer la situation des jeunes du Stade Tunisien qui, malheureusement, évoluent presque dans l’anonymat. Wahid Hidoussi, directeur technique des jeunes, est conscient des insuffisances mais il pense qu’on peut y remédier. * Peut-on dire que le ST possède une infrastructure digne de son nom pour la formation des jeunes footballeurs? - Malheureusement, l’infrastructure existante actuellement laisse beaucoup à désirer et n’est point comparable avec les réalisations dans le domaine sportif que connaît le sport ces dernières années. Pour un pays dont le football domine l’Afrique et tend à être un client fidèle au rendez-vous du Mondial, ce dont il dispose comme infrastructure pour les jeunes est réellement indigne et surprenant. J’ai entraîné un peu partout et je peux dire que ces insuffisances touchent tous les clubs et leurs sections des jeunes. * Qu’en est-il au ST, là où vous exercez actuellement en tant que DT des jeunes? - Au Bardo, on dispose d’un espace énorme, s’agissant d’un complexe qui s’étend sur 12 hectares. Seulement, l’infrastructure existante se limite à un terrain gazonné réservé pour les Seniors, un terrain central qui a été longtemps impraticable et dont le gazon a été relatif ces derniers mois et deux autres terrains ainsi que deux plateaux minimes réservés aux jeunes. Pourtant, il y a plus de 400 jeunes joueurs qui s’entraînent régulièrement et je rappelle là, à titre d’exemple, que la seule section des poussins possède cinq équipes. C’est qu’au Bardo, la pépinière est impressionnante et les jeunes des cités avoisinantes sont très nombreux et aspirent à jouer au Stade Tunisien. Pour assurer à ce nombre impressionnant de jeunes pratiquants une bonne formation, il faut disposer au moins de deux autres terrains. La municipalité du Bardo fait de son mieux mais il faut reconnaître qu’elle ne dispose pas de moyens énormes pour nous aider dans ce chapitre. Les dirigeants, pour leur part, sont conscients de la nécessité d’encourager la formation des jeunes mais ils ne peuvent ignorer d’autres priorités qui s’imposent. * Au sein de la plupart des clubs, ce sont les anciens joueurs qui entraînent les sections des jeunes. Qu’en est-il au ST? - Cette pratique était courante au Stade Tunisien, comme partout ailleurs, seulement, depuis mon arrivée, j’ai décidé de mettre fin à ce phénomène qui a beaucoup nui au club et à ses jeunes. Actuellement, j’ai à ma disposition quatorze entraîneurs qui sont titulaires des 2ème et 3ème degrés et sont pour la plupart des professeurs d’éducation physique spécialisés en football. Depuis le début de la saison, ils sont régulièrement payés et j’insiste pour cela avant même de penser à mon propre salaire, car ils ont besoin d’être encouragés pour s’impliquer totalement dans la mission qu’ils ont la charge. * Quelles solutions préconisez-vous pour voir le bout du tunnel? - Les solutions ne peuvent être que d’ordre matériel, car seul l’argent peut changer la situation actuelle. Personnellement, j’estime que les sponsors sont capables de venir en aide à ces sections de jeunes et je pense même qu’ils y trouveront leurs comptes. Il faut instaurer de nouvelles pratiques et ancrer d’autres traditions de formation de jeunes qui, à un âge bien déterminé, seront sollicités par de grands clubs en Tunisie et à l’étranger. Dans ce cas-là, le club et les sponsors peuvent réaliser des investissements énormes et n’auront pas à le regretter. Propos recueillis par Kamel ZAIEM


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com