«Moi… ou… Aucun» : Erôstrate passé au crible





Après avoir signé un retour tonitruant, lors de la dernière session des JTC «Moi... ou... Aucun», la pièce de Moncef Souissi fera, à partir d’aujourd’hui, l’objet d’une série de représentations au Théâtre Municipal de Tunis. «Moi... ou... Aucun» avait laissé une bonne impression auprès des férus du Quatrième Art qui l’ont suivie pendant les JTC. Pourtant, cette pièce n’est pas une création nouvelle de Moncef Souissi. Elle a été mise en scène, pour la première fois, il y a plus de 20 ans et avait à l’époque pour titre : «D’où provient cette catastrophe ?» En effet, pour s’adapter à son environnement idéologique et artistique, Moncef Souissi a jugé opportun d’entreprendre une nouvelle conception du scénario de cette pièce, avec la collaboration des jeunes acteurs de la nouvelle génération. Il ne s’agit pas selon le metteur en scène, d’une reprise du travail des années 80, mais plutôt d’une récréation de la même pièce avec un style très adapté et dans un cadre différent de celui d’il y a 20 ans. Après avoir été produit dans le secteur public, au sein du Théâtre National «Moi... ou... Aucun», change de maison de production. Désormais, cette pièce devient le produit du secteur privé en l’occurrence la maison «Souissi-Fou-noun» qui appartient à son metteur en scène. * Amour et scandale L’histoire et le texte de la pièce inspirés de la légende d'Erôstrate qui remonte à plus de trois siècles avant JC. Pour parler de cette légende, précisons d’emblée qu’elle résume toute l’histoire d’un litige entre Tesaverne, prince d’Ephèse et ses sujets, en l’occurrence Erôstrate, personnage central de cette pièce. Inculpé pour avoir incendié le temple d’Ephèse, Erôstrate risquait la pendaison. Cléon, le juge de la ville voulait que la justice suive son cours, tandis que Clémentine l’épouse du prince et la première dame d’Ephèse, pour faire vaciller l’unité de la famille princière, déclara publiquement son amour pour Erôstrate, pour lui éviter la pendaison. Sur un autre plan, l’usurier, pour ne pas dire l’homme d’affaires, en parfaite entente avec le geôlier achète l’histoire pour l’éditer et la vendre. Le moins qu’on puisse dire c’est que, tout au long de cette histoire, il y a eu des relations conflictuelles entre tous les personnages de la légende. Mais le message qu’on a voulu véhiculer à la fin de cette pièce est celui du dépassement, du conflit et la violence. «La violence et le terrorisme ne sont pas unilatéraux... Les délits et les forfaits sont multiples et prennent des formes diverses dans un monde dominé par le crime», explique Moncef Souissi. Et d’ajouter : «L’histoire se perpétue, notre présent ressemble en grande partie au passé au point qu’on pourrait croire que la pièce s’adresse à l’homme du 21ème siècle, même si elle évoque l’incendie du temple d’Ephèse perpétré plus de trois siècles avant JC». Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com