Langue de bois, autocensure … Les députés diagnostiquent les maux des médias





L’adoption du projet de loi organique relatif à l’amendement du code de la presse a suscité un débat animé sur la situation du secteur de l’information lors d’une séance plénière tenue hier à la Chambre des députés. Tunis - Le Quotidien Le projet de loi vise à concrétiser la volonté exprimée par le Chef de l’Etat à l’occasion de la Journée nationale de la Culture de supprimer le dépôt légal dans le domaine de la presse et des sanctions consécutives au non respect de cette disposition. Le débat général relatif au projet de loi a été animé. Le député Habib Aouida (RCD) a souligné l’importance de la suppression de la disposition ayant trait au dépôt légal en appelant les hommes des médias à renoncer à l’autocensure. Le député Ammar Zoghlami (UDU) a affirmé que les nouvelles mesures relatives au secteur de l’information sont susceptibles de créer une dynamique au sein des partis politiques «Il existe en Tunisie un journal de l’opposition qui s’exprime en toute liberté sans qu’il ne soit saisi ou sanctionné», a-t-il indiqué. Le député Ridha Ben Hassine (MDS) a fait remarquer, dans ce même ordre d’idées, qu’il importe désormais de rassurer les journalistes et les patrons de presse pour mettre fin à l’autocensure et hisser le niveau des médias. Il a noté également que de nombreuses dispositions du code de la presse revêtent un caractère répressif. «45 articles du code portent sur les sanctions financières et corporelles ayant trait à de nombreux types d’infractions et de délits. Bon nombre de ces articles devrait être revu et corrigé, sinon supprimé», a-t-il ajouté. Le député Ahmed Inoubli (UDU) a déclaré que les dernières mesures présidentielles en faveur des journalistes et des médias permettent de briser certains obstacles qui empêchent le secteur de l’information de prendre son envol. Il précise aussi qu’il incombe aux journalistes de se débarrasser de l’autocensure et aux autorités de tutelle de «moraliser» la presse étant donné que certains médias font fi de la pudeur publique et des règles de bonne conduite. Le député Mustapha Yahyaoui (UDU) a fait savoir que la responsabilité est partagée entre les pouvoirs publics, les journalistes et les patrons de presse en matière de consolidation de la liberté de presse. «Les parties chargées des relations avec la presse sont à leur tour appelées à être plus coopératives», a-t-il signalé. Le député Ismaïl Boulehya (MDS) a affirmé que la façon dont a été traité le sujet de la grippe aviaire dans les médias nationaux et les rumeurs qui en ont découlé ont été à l’origine d’une importante baisse de la consommation des produits avicoles qui s’est répercutée négativement sur le secteur avicole. Il a, en outre, estimé qu’«il est grand temps d’organiser un dialogue national sur le secteur de l’information loin de la langue de bois et un débat parlementaire sur ce même sujet dans le but de réfléchir sur de nouveaux projet de loi de nature à dynamiser le secteur. Le député Thameur Driss («Mouvement Ettajdid») a appelé à renforcer la participation des partis politiques aux débats télévisés et à faire bénéficier tous les journaux de l’opposition du financement public. Walid KHEFIFI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com