Patriot Act, Loi sur la torture, budget… : Bush essuie une série de rebuffades au Congrès





L'Administration Bush vient d’essuyer une série de rebuffades au Congrès, où sa majorité républicaine divisée a dû revoir à la baisse ses ambitions sur plusieurs aspects-clés de sa politique économique et sécuritaire. Le Quotidien-Agences Au Sénat, la reconduction en l'état du projet de loi antiterroriste Patriot Act pour six mois seulement, alors que depuis une semaine le président George W. Bush lui-même et tout l'état-major républicain ne cessaient de réclamer un "tout ou rien" (reconduction définitive, ou échec imputable selon eux à l'opposition démocrate), était sans doute le revers le plus douloureux. Alors que la Maison-Blanche faisait de son mieux pour saluer une "victoire pour le peuple américain", avant-hier soir un influent républicain de la Chambre des représentants, le très conservateur James Sensenbrenner a prolongé la bataille politique en ramenant le délai de six mois à cinq semaines seulement, ce qui annonce de nouveaux affrontements sitôt passées les fêtes de fin d'année. "Il me semble que le Congrès comprend qu'il faut maintenir le Patriot Act, que nous sommes toujours sous la menace et qu'il y a encore un ennemi qui nous veut du mal", n'a pu que déclarer Bush qui, en soirée, a lancé un appel à surmonter les clivages partisans. En fait, la présidence américaine n'a eu d'autre choix que de plier face à une opposition démocrate plus ramassée que jamais, qui a su rallier à sa cause une poignée de Républicains pour faire échouer des priorités de la présidence. Pour le Patriot Act, quatre Républicains du Sénat attachés à la défense des libertés individuelles s'étaient ralliés à la demande démocrate de plus de garde-fous à l'action des forces de l'ordre, en réclamant un délai pour réécrire certaines dispositions de cette loi promulguée dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001, dont 16 chapitre étaient menacés d'expiration au 31 décembre. Comme le président Bush l'avait fait ces derniers jours, le porte-parole de la Maison-Blanche, Scott McClellan, a accusé avant-hier l'opposition de batailler contre le Patriot Act pour "marquer des points" politiques avant les législatives de novembre. * Défaite sur tous les plans Côté économie, un échec a été évité de justesse pour un plan d'économies budgétaires de près de 40 milliards de dollars. Avec ce texte adopté grâce à la voix déterminante du vice-président Dick Cheney, rentré précipitamment d'une tournée internationale, c'est la première fois depuis 1997 et les années Clinton que Washington s'impose une cure d'austérité, qui pèsera pour l'essentiel sur les étudiants et les bénéficiaires des programmes sociaux. En revanche, des dissensions internes, qui avaient déjà forcé à une révision à la baisse d'un plan d'économies qui se voulait plus ambitieux, ont empêché au moins provisoirement les Républicains de faire reconduire les réductions d'impôts promulguées ces dernières années. Le débat pourrait cependant rebondir sur ce thème en février. La Maison-Blanche a également dû plier sur l'interdiction explicite de la torture, que Bush pourrait promulguer dès cette semaine dans le cadre du budget de la Défense, après des mois de campagne intense menée par le Républicain John McCain. Enfin, elle a dû renoncer une nouvelle fois à ouvrir une réserve naturelle de l'Alaska, l'ANWR (Arctic National Wildlife Refuge), à des forages pétroliers, au nom de la lutte contre les approvisionnements énergétiques à l'étranger. Ce projet figure au programme de Bush depuis son élection de novembre 2000 et, il y a quelques semaines, il semblait devoir bénéficier de la grogne de l'électorat face au récent record du prix de l'essence. Mais ce record est désormais résorbé, et la majorité divisée n'a pas pu vaincre l'obstruction menée contre ce texte par des responsables aussi respectés que les anciens candidats démocrates à la présidentielle John Kerry et Joseph Lieberman.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com