Exposition Une évasion haute en couleur





L’exposition de Samia Laâbidi qui se tient à l’espace Caliga jusqu’à la fin du mois est une vision commentée de la vie urbaine et rurale en Tunisie. La composition classique ressemble à ces veilles images tirées de cartes postales usées par le temps. Samia Laâbidi n’a rien ajouté en fait au niveau de la composition par rapport à ce que peignent les artistes figuratifs ayant affectionné la Tunisie jusqu’à en faire un thème favori. Elle ressemble énormément dans sa thématique à celle de Magomedov Maccatch qui enseigne actuellement les arts plastiques au Centre culturel russe. Moins lumineuse que l’œuvre de l’artiste russe, l’œuvre de Samia Laâbidi gagne en douceur et en délicatesse. En fait, c’est le choix des couleurs moins criardes et les pastels de la palette qui rendent à l’œuvre tout son éclairage très doux. Ils sont trente-cinq tableaux qui ornent en figuration presque parfaite les cimaises de l’espace Caliga. Laâbidi peint d’après nature des tableaux de bouquets de fleurs dont la consonnance est harmonieuse. Elle peint des scènes de la vie, du côté du sud tunisien, des cavaliers chevauchant leurs étalons, de larges terrains sertis de palmiers. Elle peint la bravoure de personnages zélés des scènes de pêche et de moisson ou tout simplement des personnage échangeant de longues discussions. Le souk, les cafés de Sidi Bou Saïd, les façades de maisons, l’étroitesse des impasses sont les lieux choisis par l’artiste qui sont, par ailleurs, vus et revus dans plusieurs autres expositions traitant du même thème. La femme est également présente dans cette exposition. Elle est la femme au sefsari ou encore celle qui se plaît dans sa tenue traditionnelle régionale. En guise de conclusion, disons que même si l’exposition donne l’impression du déjà consommé, bien qu’il faille admettre aussi que ce genre de thèmes n’est pas à la portée de tous. Il n’est pas donné en effet de peindre du figuratif avec tant de subtilité en un temps ou l’abstraction devient, paraît-il, le choix de facilité ultime pour les artistes qui ne maîtrisent pas les techniques de l’art figuratif ! En plus c’est beau à voir et à revoir. Mona BEN GAMRA


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com