Mécaniciens autos : La survie passe par le recyclage





Le développement des nouvelles technologies dans le domaine de l’automobile impose aux mécaniciens de l’ancienne école un vital recyclage. Tunis - Le Quotidien Les mécaniciens ont de plus en plus du fil à retordre pour diagnostiquer et réparer les nouveaux modèles de véhicule. Il n’y a plus de place aujourd’hui pour le tâtonnement car le risque est grand. Des pièces électroniques peuvent être carrément mises hors services en cas de court-circuit ou de mauvaise manipulation d’autant plus que leurs prix sont exhorbitants. Face à cette nouvelle donne, les mécaniciens de l’ancienne génération n’ont d’autres choix que de se recycler pour survivre. Autrement ils seront appelés à mettre les clefs sous le paillasson. En attendant, comment ces mécaniciens s’adaptent-ils à cette nouvelle situation? M. Hamdi Kammoun exerce le métier de mécanicien depuis plus de 30 ans. Il est conscient de l’évolution vertigineuse de la technologie automobile et essaye à sa manière de servir sa clientèle. Il explique : “Je suis parfaitement conscient de la nouvelle situation. Je suis parfois confronté à des difficultés particulières pour diagnostiquer des pannes électroniques. La solution que j’ai adoptée pour certains cas consiste à faire de la sous-traitance. Pour garder mes clients j’emmène le véhicule à un centre de diagnostic pour déterminer avec exactitude la panne. Le reste n’est plus difficile c’est-à-dire l’achat et le remplacement des pièces défectueuses”. M. Kammoun n’écarte pas la possibilité d’effectuer un stage pour se recycler pour assimiler les nouvelles technologie de l’automobile. * Recyclage Un autre mécanicien, Abderrazak Jbara est confronté aux mêmes difficultés. Il exerce ce métier depuis plus de trente ans. Il a commencé comme apprenti avec une formation classique en mécanique dans un centre spécialisé. Aujourd’hui il ressent plus que jamais le besoin réel de se recycler. “Nous sommes confrontés à de réelles difficultés”, dit-il “Aujourd'hui même j’ai été contraint de remorquer à mes frais la voiture de mon client car il m’a été, impossible de déterminer la panne électrique. Je ne pouvais pas me permettre de tâtonner au risque de griller des composants électroniques, du reste parfois très chers. Certaines pièces électroniques sont vendus à plus de 800 dinars. Je ne peux pas m’amuser à prendre un risque inutile”. M. J’bara est en contact avec la chambre syndicale de sa profession pour étudier la possibilité d’effectuer un stage de recyclage. Nous avons contacté le trésorier de la chambre syndicale des mécaniciens M. Mohamed Abdelmoula. Il explique que la Chambre est consciente des nouvelles exigences du métier. Avec la collaboration du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, une quarantaine de mécaniciens ont suivi des stages de formation étalés sur 120 heures. Un autre groupe suivra un autre stage dans les jours qui viennent. Le ministère a en effet réservé un budget de 50 millions pour permettre à certains mécaniciens de se familiariser avec les nouvelles technologies dans le domaine de la mécanique auto. “Toutefois” ajoute-t-il, “nous n’avons pas les moyens de former tous les mécaniciens qui sont appelés à faire preuve de volonté pour évoluer mais aussi de solidarité pour passer l’information et s’entraider mutuellement”. En effet, pour survivre les gens de cette profession doivent faire preuve d’une volonté inégalable et retrouver les bancs des écoles de formation sans complexes. Ils n’ont pas d'autre choix. Lotfi TAOUATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com