Slaheddine Boujah (Président de l’Union des écrivains tunisiens) au «Quotidien» : «Voilà nos priorités pour la période à venir»





Le 16ème congrès de l’Union des écrivains tunisiens s’est achevé dimanche dernier par l’élection de Slaheddine Boujah à la tête de cette -Union en remplacement de Midani Ben Salah, président sortant. Dans l’interview qu’il accorde au «Quotidien», le nouveau président évalue les travaux de ce congrès, parle de sa stratégie et de son plan d’action pour la période à venir. Comment évaluez-vous le dernier congrès de l’Union des écrivains tunisiens ? Ce congrès a été marqué par un esprit de fraternité. Les élections se sont déroulées aussi dans une atmosphère de «fair-play» même si la concurrence pour le poste de président de l’Union a été très acharnée. Avant ces élections il y a eu des débats francs notamment à propos de l’adoption du rapport moral et financier et sur le question des exclus. Fort heureusement, on a pu surmonter cet obstacle et mettre un terme aux divergences avec l’intégration de fait de tous les exclus. D’autres discussions ont porté sur les moyens et les méthodes susceptibles de promouvoir les conditions matérielles de l’Union et des écrivains. Parmi les sujets évoqués durant les interventions, il y a eu la question du réaménagement des locaux de l’Union qui sera étudiée plus tard. Toutes ces questions ont été longuement débattues tout au long de la journée du dimanche. Mais vu que le temps ne nous permettait pas de trouver des réponses à toutes les interrogations posées, nous avons jugé opportun d’étudier ces dossiers ultérieurement. Le nouveau Bureau se chargera en effet de trouver une solution adéquate à toutes les questions en suspens. Nous allons nous engager résolument dans cette voie. Quel sera votre plan d’action pour la prochaine étape? Nous allons œuvrer de manière à rendre à l’Union des écrivains tunisiens son aura et sa vocation initiale en tant qu’organisation ouverte à tous les écrivains tunisiens quels qu’ils soient. Nous allons axer nos efforts en vue d’améliorer les conditions matérielles de l’Union et des écrivains. A cet effet, nous souhaitons que les instances du ministère de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine chargées des organisations culturelles révisent les avantages et les incitations accordés aux écrivains, en leur accordant d’autres facilités en rapport avec leur vie au quotidien. Je propose à cet effet qu’on attribue aux écrivains des documents leur garantissant la réduction du coût du transport en commun, ainsi que celui de l’accès aux musées et à d’autres endroits publics. Je souhaite par ailleurs que les comités sectoriels dans nos différentes régions soient soutenus financièrement afin que les écrivains puissent créer des nouveaux projets culturels, notamment dans les grandes régions comme Gafsa, Sfax, Sousse où on trouve d’importants et efficaces comités qui comptent de nombreux écrivains. Quel sera votre cheval de bataille pour la période à venir ? Nous allons œuvrer de manière à rendre à l’Union toute son âme et à donner à l’écrivain la place qui lui revient de droit, tant sur le plan national qu’international. Ainsi, dans le cadre de notre stratégie, nous prévoyons d’organiser des colloques et des séminaires auxquels nous inviterons des écrivains et des chercheurs d’autres pays dans l’objectif de dynamiser les échanges interculturels entre notre organisation et les autres structures scientifiques et culturelles nationales et internationales. Dans ce même ordre d’idées, nous allons nous atteler à ce que les écrivains tunisiens puissent, à leur tour, prendre part à des rencontres internationales scientifiques et culturelles, que ce soit dans le monde arabe, en Europe ou dans le reste du monde. Dans ce même contexte, nous vulgariserons la culture du Net au sein de l’Union. Bref, notre cheval de bataille est l’ouverture sur les autres cultures et la consécration du dialogue. Peut-on parler d’une restructuration en profondeur de l’Union ? Tout ce qui je peux vous dire à ce sujet, c’est que le règlement intérieur ainsi que la méthode de travail de l’Union seront revus. S’agissant de la restructuration, elle sera débattue au cours des prochaines réunions que le nouveau Bureau organisera chaque semaine. Pendant ces réunions, qui deviendront désormais une tradition, tous les sujets relatifs à la condition de vie de cette organisation, et aux problèmes que rencontrent nos écrivains seront débattus sans tabous et dans une atmosphère franche et démocratique. Que comptez-vous faire pour aplanir définitivement les divergences qui avaient paralysé l’Union, ces dernières années ? Comme je l’ai déjà dit, au cours des réunions hebdomadaires, nous discuterons de toutes les divergences en vue de les aplanir définitivement. En ma qualité de nouveau président, je serais à l’écoute de tous les écrivains même ceux qui ont un avis différent de la majorité. Je ferai en sorte que l’atmosphère de fraternité et de dialogue qui a caractérisé le dernier congrès, soit renforcée. Le Bureau exécutif et moi-même, allons œuvrer à ce qu’il y ait une ambiance agréable et sereine au sein de l’Union et à reléguer aux oubliettes tous les problèmes du passé. D’aucuns pensent que l’Union a souffert ces dernières années du phénomène du clientélisme. Que comptez-vous faire pour juguler ce phénomène ? Le Bureau exécutif et moi-même, allons procéder de sorte que tous les écrivains adhérents aient accès aux avantages qu’offre l’Union. Tout le monde sera traité de la même manière et sur un pied d’égalité. Nous allons vulgariser le langage de la compréhension et consacrer les pratiques démocratiques. Propos recueillis par Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com