Le monde et son double





* Par Sabri BRAHEM L’année 2005 a tiré sa révérence. Elle aurait été l’une des plus tragique de ce début de siècle avec son lot de désastres qui ont prouvé, encore une fois, l’incapacité de l’humanité à faire face aux caprices de Dame nature, mais aussi aux incuries nées de sa propre évolution de sa propre gestion des affaires du monde. Du tsunami aux montagnes pakistanaises en passant par Kathrina, le monde a vu se multiplier les comptes macabres qui ont dévoilé les limites de la solidarité internationales dans un monde où la course effréné vers les intérêts l’emporte sur les nobles principes que véhiculent les discours de bonnes intentions. Une année après, les victimes du tsunami n’arrivent toujours pas à panser leurs blessures, ceux du séisme pakistanais vivent toujours sans espoir réel d’un lendemain meilleur, malgré les engagements formulés par la communauté internationale. Il ne s’agit là que d’exemples que la conjoncture et la scénarisation médiatique ont rendus plus saillants. D’autres tragédies sont venues au quotidien dans des régions oubliées du monde. Elles ont pour cause principale la pauvreté. Des tragédies du reste absurdes au vu des budgets colossaux investis dans l’armement, les guerres et autres enjeux belliqueux. A l’aube de ce troisième millénaire, plus d’un milliard d’individus vivent toujours au-dessous du seuil de la pauvreté, et peinent à trouver le moindre remède anti-paludéen alors que certains pays larguent, au gré de leurs intérêts, des bombes dont la seule unité équivaut déjà au budget d’un Etat du tiers monde. Aussi bien les efforts que les discours rassurants des organisations supranationales, se sont montrés incapables d’absorber les maux croissants de l’humanité. L’organisation onusienne sombrant dans une léthargie paralysante se trouve aujourd’hui au bout du rouleau, se dérobant même aux seuls objectifs qu’elle s’est fixés pour le millénaire. L’OMC qui a prôné un discours positiviste promettant aides et développement aux pays les moins nantis bute toujours sur les calculs d’intérêts et les égoïsmes nationaux. Les grandes puissances du monde et ses mastodontes économiques donnent toujours libre cours à leurs enjeux expansionnistes, alors que d’autres luttent pour la survie. Ces mêmes grands puissances font de plus en plus face à de nouveaux défis, ceux du chômage, du terrorisme, dont la facture est payée par leurs vis-à-vis des pays pauvres. Ainsi, partenariat, coopération, aide au développement... s’avèrent de plus en plus des slogans creux, destinés à apaiser un tant soit peu la tension. L’année 2006 qui nous abordons, se vaut-elle porteuse d’espoir pour l’humanité ? La réponse ne peut être que mitigée. Car elle ne sera que la continuité des chantiers déjà engagés. Mais il y a tout de même des risques de renversement de la vapeur pour les années à venir. Car, ce que nous croyons un monde tendant vers l’unilatéralisme, se veut de plus en plus multi-polaire. Et la notion de puissance y est différente. Certes, les USA sont et resteront — peut-être pour longtemps — la plus grande puissance. Mais ce n’est plus la seule Superpuissance. De plus en plus fragiles tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, les USA assistent à l’émergence de nouveaux géants tel que la Chine, l’Inde et l’UE qui risquent de les coiffer au poteau. Le bourbier irakien s’est avéré beaucoup plus profond que l’administration US ne le soupçonnait et risque d’obliger le président US à faire des concessions. Sur le plan économique, la résistance au courant mondialiste unilatéral, et à la mondialisation dans son acception la plus appauvrissante des pays émergents a atteint son apogée et risque bien de changer la donne dans les années à venir. C’est pour essayer d’approcher les différents questionnements relatifs aux enjeux de l’année 2006 sur le plan de l’économie mondiale et des relations internationales que «Le Quotidien» a donné la parole à des diplomates, intellectuels, économistes et journalistes. Objectif : essayer de voir plus clair dans un monde qui se veut plus complexe et au sein duquel les médias sont censés donner quelques éléments de réponses aux questions majeures qui engagent l’humanité !


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com