Rebelote ?!





Quand on jette un coup d’œil sur l’agenda 2006 dans sa dimension internationale, on se rend bien vite compte que les nations vont jouer le même jeu de 2005 où chacun croit vraiment que les autres écoutent alors que presque personne ne prend la peine de déployer ce sens de la justice et de la décence qui fait les grands fédérateurs. Pourtant, on ne va pas s’ennuyer. En janvier 2006, le Président W. Bush donne son discours annuel sur l’état de l’Union. Au menu : chasse aux sorcières, demi-vérités et volonté de puissance. En août, la mission d’assistance de l’ONU en Irak prend fin. Quelle assistance ? En octobre, on estime également que le réacteur nucléaire de Bouchahr devient opérationnel… s’il n’a pas été auparavant rayé de la carte par les F-16A américains pilotés par des Israéliens. * Manoubi AKROUT Nous nous sommes beaucoup interrogés sur ce qu’il convenait de présenter à nos lecteurs en parlant de l’année naissante 2006. C’est qu’il y avait une difficulté majeure : comment sortir des sentiers battus tout en gardant les pieds sur terre ? Car, de toute évidence, nous n’allions pas consulter une boule de cristal ou lire dans le marc de café même si la tentation était grande. Quel commentateur pouvait résister à la solution de facilité de mettre bout à bout des bribes de données pour en ressortir les implications qui semblent les plus logiques ? La tentation est grande parce que les interrogations sont infinies : Quel est le prochain pays arabo-musulman sur la voie du Grand Moyen-Orient ? La Syrie ? L’Egypte ? L’Arabie Saoudite ? Les Américains vont-ils vraiment commencer à quitter l’Irak en 2006 ? Les Israéliens vont-ils bombarder les infrastructures nucléaires iraniennes ? Les Palestiniens vont-ils enfin connaître la paix ? Verrons-nous enfin le bout du nez de cet Etat palestinien ‘’viable’’ promis, comme tout le monde se le rappelle, pour 2005 ? Les Chinois vont-ils déstabiliser les économies majeures ? Les Indiens vont-ils continuer à rafler la mise de l’Outsourcing ? Le climat de la planète va-t-il poursuivre sa dégringolade vers les affres de l’instabilité ? L’ONU restera-elle aussi peu influente ? Assisterons-nous réellement à la mise en route des premiers chantiers de l’éradication de la faille numérique ? Et la faim ? Et le HIV/SIDA ? Et le paludisme ? Le terrorisme ? Les mouvements d’indépendance ? Le commerce international ?... La liste s’étend encore et encore, à perte de vue, pour nous aiguiller vers des considérations réalistes et nous appeler à ne pas placer en l’année 2006 plus d’espoirs qu’elle n’en a l’envergure. De fait, que sont donc douze mois pour prétendre avoir de l’ascendant sur les êtres et les choses ? Faut-il, pour autant, en conclure que 2006 sera une année sans effet ? Loin de là, car on sait déjà qu’elle sera le théâtre de grands rendez-vous d’envergure régionale et internationale. Ce que nous pourrions en faire est une autre paire de manches. En janvier, l’Autriche devient, pour six mois, la présidente en exercice de l’Union européenne, le World Economic Forum se tient à Davos et Alan Greenspan passe le flambeau de la Federal Reserve à Ben Bernanke. Trois événements importants mais qui seront loin de déchaîner les émotions. Car cet honneur reviendra sans doute au Président US Georges W. Bush qui donne son discours annuel sur l’état de l’Union au début de ce mois. Au menu : chasse aux sorcières, demi-vérités et volonté de puissance. En février, le moratoire de trois années imposé par l’Union européenne à propos du vote sur l’indépendance de la Serbie et du Monténégro prend fin et une question angoissante s’impose : cette région est-elle devenue réellement mûre pour oublier le passé et reconstruire l’avenir ? En mars, la mission d’assistance de l’ONU en Afghanistan prend fin mais pas la souffrance et le désespoir du peuple afghan. Pris entre les feux croisés des ‘’alliés’’ et des indestructibles Talibans, il continuera de payer la facture. En avril, les ministres des Finances du G7 se réunissent à Washington pour réfléchir sur l’économie mondiale. Remarque : avez-vous relevé qu’il n’y avait pas de G8 qui tienne dans ce genre de dossiers et que la Russie en est exclue ? En mai, le mandat de la mission politique de l’ONU au Timor Oriental prend fin et le quatrième Sommet de l’Amérique Latine, des Caraïbes et de l’Union européenne se tient à Vienne. Les Européens continuent imperturbablement à empiéter sur les plates-bandes américaines. En juin, le Sommet du G8 se tient à Saint-Pétersbourg et les ministres de la Défense de la région Asie-Pacifique se réunissent à Singapour pour débattre de questions sécuritaires. En juillet, la Finlande devient, pour six mois, la présidente en exercice de l’Union européenne. En août, le Congrès mondial des énergies renouvelables se tient à Florence et les débats promettent d’être houleux parce que tout cela sera certainement mélangé à la sauce environnementale. C’est également en août que la mission d’assistance de l’ONU en Irak prend fin. Quelle assistance ? En septembre, les grands pontes de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international se réunissent à Singapour. Ceux qui suivent de près les actions et les politiques des deux institutions de Bretton Woods savent pertinemment que l’avis prépondérant dans cette réunion sera de s’éloigner encore plus de la vocation de développement et de se rapprocher encore plus des petits intérêts des donateurs. En octobre, la Force de réaction de l’OTAN est enfin opérationnelle avec 21 mille hommes des trois armées. Mais contre quel ennemi ? Celui qui se trouve dans ce nouveau ghetto nommé Grand Moyen-Orient ? En octobre, on estime également que le réacteur nucléaire de Bouchahr devient opérationnel… s’il n’a pas été auparavant rayé de la carte par les F-16A américains pilotés par des Israéliens. En novembre, c’est le démarrage des élections législatives américaines pour le Congress et, évidemment, un déploiement tous azimuts de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) dont ces élections sont les choux gras. Dans ce même mois, le 12ème Sommet de l’ASEAN réunissant les leaders de dix Etats du Sud-Est asiatique se tient aux Philippines. En décembre, Kofi Annan dépose son tablier de Secrétaire général de l’ONU après un mandat de cinq années hautement controversé. C’est aussi à la fin de 2006 que sont clôturés les travaux de l’île artificielle de Dubaï, avec ses 2000 villas de luxe, ses 40 hôtels, ses complexes commerciaux, ses marinas et son parc marin. Elle aura coûté 4 milliards de dollars. manoubi.akrout@planet.tn


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com