la bataille contre le chômage





La globalisation de l'économie aura-t-elle encore plus de partisans en cette nouvelle année 2006 ou bien au contraire; elle fera bouger davantage de mouvements anti-mondialistes. Jusque là les pronostics tendent à être assez mitigés. La croissance globale de l'économie qui ne cesse de faire le bonheur des capitalistes, a de plus en plus de mal à réconforter les populations. Les rapports publiés en cette fin d'année 2005 dévoilent le revers de la médaille de cette croissance. L'expansion globale de l'économie n'a pas conduit jusqu'ici à la création d'offres d'emplois décents, durables et en nombre suffisant. 2006 s'annonce chaude. Elle sera l'année d'une déclaration d'une guerre universelle contre le chômage et une bataille pour l'emploi. *Hassen GHEDIRI La croissance globale de l'économie a de plus en plus de mal à se traduire par de nouveaux emplois de bonne qualité qui réduiraient la pauvreté, le lien entre croissance économique et croissance de l'emploi est en train de s'affaiblir. Ce qui signifie que la croissance économique ne se traduit pas nécessairement par la création de nouveaux emplois et que la transition vers une économie de marché a conduit à une hausse de productivité mais à une baisse de l'emploi. Les démantèlements tarifaires qui ont offert une liberté circulation des marchandises et des services qui se traduisent par une croissance des échanges commerciaux font désormais que la compétitivité des économies est devenue indispensable pour la survie et l'indépendance des pays. Cependant, selon le dernier rapport du Bureau International du Travail (BIT) "La mondialisation échoue toujours à créer de nouveaux emplois de qualité et à réduire la pauvreté" et que "le renforcement de la compétitivité ne bénéficie pas à la population en termes de créations d'emplois et de salaires". Le BIT fait état de fortes disparités en termes de création d'opportunités d'emplois à travers le monde. Les conclusions du BIT révèlent que la mondialisation n'a pas conduit jusqu'ici à la création d'offres d'emplois décents, durables et en nombre suffisant. Pour changer la situation le BIT propose de faire de l'emploi un objectif central de toutes les politiques économiques et sociales des gouvernements. Pour décrire la situation de l'emploi dans le monde les données disponibles font état d'une discrimination sexuelle. Les femmes continuent à rattraper les hommes en termes d'insertion sur le marché du travail dans le monde mais elles continuent à être surreprésentées dans les bas salaires, les travaux à temps partiels et à faible productivité. Dans de nombreuses régions telles que le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord et l'Asie du Sud, le taux d'activité des femmes est encore à la traîne. Aussi une deuxième caractéristique, le taux de chômage des jeunes est au moins deux fois supérieur à celui des adultes et parfois beaucoup plus. * La Tunisie, 2006 et les chantiers d'embauche Pour la Tunisie, 2006 est une année qui cache d'autres défis en matière de création d'emplois. Le marché de travail sera incontestablement le terrain sur lequel auront lieu les grands chantiers de l'Etat qui est plus que jamais confronté à une explosion inédite du nombre de diplômés du supérieur en passe de devenir les principaux demandeurs d'embauches. La tâche serait complexe mais les outils et les mécanismes sont déjà sur rails. Face aux 50 milles jeunes qui devaient, diplôme en poche, débarquer chaque fin d'année universitaire, sur le marché du travail, la mise en place d'une stratégie efficace pour les accueillir est le défi majeur pour l'année 2006 et les années à venir. L'impulsion de l'emploi à travers la mise en route d'un ensemble de programmes visant l'intensification des créations de projets est un des projets qui occupent une place de choix sur l'échelle des priorités du gouvernement pour la nouvelle année 2006. Nouvelles tendances de l'économie mondiale obligent, la politique de la Tunisie en matière d'emploi va s'articuler davantage sur les technologies de l'information et de la communication. Etant un partenaire privilégié pour les pays de la rive nord de la Méditerranée, la Tunisie aura aussi ses chances de résoudre ses problèmes de chômage; notamment des diplômés du supérieur en profitant des accords d'association et de partenariat avec la zone Euro. L'exportation des compétences parmi les diplômés de l'enseignement supérieur, dans le cadre des programmes de l'émigration organisée est une des alternatives qui s'offre à la Tunisie à ce niveau. La Tunisie est un participant à part entière au processus de Barcelone. Elle a été le premier pays méditerranéen à signer un Accord d'Association (AA) et le premier à entamer le processus de démantèlement tarifaire. Elle enregistre une croissance économique et met en œuvre des réformes économiques susceptibles d'aider à réduire le chômage, maintenu aujourd'hui au niveau des 14%, en faisant face à une augmentation de la demande d’emploi. Avec ses moyens naturels très modestes, le capital humain pour la Tunisie constitue la principale ressource. Pour la Tunisie qui n'a plus de choix que de s'ouvrir davantage sur le marché mondial, l’introduction des nouvelles technologies sera déterminante dans la poursuite de sa croissance future. Pour être compétitive et consolider sa croissance, elle est devant l'obligation de préparer ses ressources humaines tout d'abord à s'imposer dans le grand marché qui est entrain de s'élargir dans la région de la Méditerranée, ensuite à faire face aux conséquences éventuelles des effets de la mondialisation. * En Europe, le chômage grimpe … Dans la zone Euro, les choses sont loin d'être équilibrées. Avec la fin 2005, le marché de l'emploi en Allemagne bouclera sa pire année depuis 1997. En cette fin de décembre, les statistiques parlent de quelques 4,483 millions d’Allemands sans travail. Préoccupant, mais en Allemagne en s'attend au pire qui reste à venir. Fin janvier, la barre symbolique des 5 millions de chômeurs sera franchie estime-t-on. Comme actions visant à redynamiser le marché du travail le gouvernement fédéral a mis en œuvre des reformes visant à inciter les chômeurs de longue durée à revenir sur le marché du travail, coûte que coûte, y compris via des sanctions financières. Résultats escomptés : le retour du nombre de chômeurs sous la barre symbolique des 4 millions en 2006. Un objectif ambitieux qui ne comptera pas uniquement sur les créations de postes grâce aux incitations gouvernementales à l'embauche. Les patrons allemands restant toujours frileux doivent encore maintenir la pression pour rester dans la compétition internationale. Un feu vert du gouvernement donnera aux entreprises la possibilité de geler cette année encore les rémunérations et tailler dans leurs effectifs. Une stratégie qui permet aux entreprises de restaurer leurs profits, leur productivité et à terme leur compétitivité mais qui coûtera, malheureusement, très cher en croissance. * Une France plutôt active… Chez les voisins Français, c'est plutôt la reprise. La baisse du chômage devrait se poursuivre et s'amplifier dans les prochains mois, rassurent les prévisions de l'Institut national Français de la statistique et des études économiques (Insee). Ce qui permettra de revenir à 9,2 % de la population active à la mi-2006, grâce à la vigueur des créations d'emplois dans le secteur privé. La France qui a passé par une année 2004 morose en terme de créations d'emplois suivie d'un léger frémissement en 2005, la progression devrait perdurer en 2006. Le dynamisme de certains secteurs économiques tirerait les créations d'emplois vers le haut. Le nombre de bénéficiaires de contrats aidés devrait s'afficher en baisse sur l'ensemble de 2005, malgré une reprise au deuxième semestre, qui devrait se poursuivre pendant les premiers mois de 2006. L'Insee prévoit que l'emploi en France devrait augmenter de 100 000 pour le seul premier semestre 2006.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com