Energie : Une demande en croissance, et des prix plus raisonnables





Au moment où 80% des réserves mondiales de pétrole restent fermées aux investissements étrangers, la demande a battu son plein en 2005, entraînant une augmentation historique des prix de l’or noir à l’échelle internationale. En 2006, cette demande devrait continuer à s’accroître, alors que les prix seraient situés au niveau des 50 dollars par baril selon les prévisions. *Mohamed ZGHAL L’année 2005 a représenté le troisième choc pétrolier après ceux de 1973 et 1979. Avec une croissance de près de 120%, les prix du pétrole ont dépassé même la barre des 70 dollars par baril. Cette augmentation, jamais connue dans dans l’histoire, a été justifiée par la croissance remarquable de la demande due au boom économique notamment des pays asiatiques, ainsi que les catastrophes naturelles qui ont frappé le Sud-Est de l’Asie et les Etats-Unis. En effet, la hausse sensible des besoins en énergie des pays asiatiques en pleine croissance économique, a été à l’origine de l’augmentation de la demande à l’échelle internationale dès le début de l’année. Cette situation a été aggravée après le passage des cyclones “Katrina” et “Rita” qui ont frappé une des principales zones pétrolières des Etats-Unis, et qui ont entraîné un arrêt de la production et de la raffinerie et ont, par la suite, augmenté la demande en énergie de ce pays. Face à cette courbe ascendante de la demande, la production, quant à elle, n’a pas connu une croissance, puisque les pays de l’OPEP, qui possèdent 80% des réserves mondiales du pétrole, refusent encore de les ouvrir aux investissements étrangers, alors que les investissements locaux ne sont plus capables de répondre à la demande mondiale. * Le cap de 70 dollars, dépassé Ce bras de fer entre l’offre et la demande a, donc, alimenté la flambée des prix qui grimpaient déjà, mais à un rythme lent depuis 2002. Résultat, l’indice des prix du pétrole à l’échelle internationale a dépassé toutes les prévisions en arrivant à franchir la barre des 70 dollars vers la fin du mois d’août. C’est exactement le lundi 29 août, à l’approche du cyclone Katrina, que les prix de l’or noir sont arrivés à un niveau record de 70,80 dollars par baril. Ce jour même, l’Organisation des pays exportateurs du pétrole (OPEP), dont la production approche ses capacités maximales depuis près d’un an, a exprimé ses inquiétudes concernant la flambée des cours. Pour le reste de l’année 2005, l’OPEP a projeté sur une croissance de la demande mondiale de pétrole de 1,2 million de barils par jour (bpj), soit une hausse de 1,5%, à 83,3 millions bpj. La plus grande partie de cette hausse de la demande, soit 700000 bpj, provient des pays en développement qui ont connu une forte croissance économique, et des pays producteurs qui ont bénéficié de la flambée des prix. * 2006, quelles perspectives ? Pour l’an prochain, l’OPEP vient de relever ses prévisions de croissance de la demande mondiale de pétrole brut à 28,7 millions de barils par jour, soit 134000 barils de plus que dans ses estimations précédentes qui prévoyaient une augmentation de la demande de 1,9% par rapport à 2005. Suite à cette révision, l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) vient, à son tour, de revoir à la hausse ses prévisions de la demande mondiale du pétrole pour 2006 avec une des estimations d’une croissance de 2,2%. L’AIE s’attend, par ailleurs, à un rebond de la demande mondiale de brut dans la deuxième moitié de l’année prochaine. Compte tenu d’une économie mondiale qui devrait rester forte en 2006, les experts de l’Agence et même ceux de l’Opep pensent que la consommation du pétrole augmentera dans l’ensemble des grandes régions, même si les appels à la réduction et à la maîtrise de cette consommation, se multiplient. Pour ce qui est de la courbe des prix du pétrole, une récente étude du bureau spécialisé “Lehman Brothers” fait état d’un prix par baril en 2006 situé, toujours à des niveaux record, mais en repli par rapport à ses plus hauts niveaux de 2005. Les prévisions des analystes de Lehman Brothers tablent, en effet, sur un prix ne dépassant pas les 50 dollars par baril. Ces prévisions sont soutenues par la baisse des cours qu’a connue la fin de l’année 2005, ce qui laisse penser qu’il serait difficile que le secteur énergétique poursuit sa hausse fulgurante durant 2006.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com