M. Yasuaki Ono, ambassadeur du Japon en Tunisie : Vers plus de communautarisme





Comment sera l'échiquier mondial en 2006? Certainement plus communautaire répond l'ambassadeur du Japon en Tunisie, S.E. M. Yasuaki Ono, qui ne nie pas pour autant les difficultés des défis à relever *Mohamed ALI BEN REJEB Avant de savoir où on se dirige, il faudra d'abord, selon M. Yasuaki Ono, connaître les assises d'une telle projection. "Aujourd'hui des conflits persistent, notamment au Proche-Orient, des catastrophes se succèdent, principalement en Asie, et des maladies nouvelles font de plus en plus de dégâts", fait savoir l'ambassadeur japonais qui brasse ainsi un bilan assez sombre de la situation actuelle dans le monde. Mais contrairement à ce qu'on pourrait penser, il persiste à dire que le lendemain sera meilleur. Au contraire, fait-il savoir, les catastrophes naturelles qu'on vient de connaître ont créé une nouvelle dynamique de coopération et d'entraide sans précédent sur la scène internationale. " C'est le cas après le Tsunami et les séismes qui ont ravagé l'Asie. Nous avons, en effet, assisté, après ces catastrophes, à un élan de solidarité et de coopération internationale efficace. "C'était la preuve, poursuit-il, que tous les pays du monde peuvent oublier leurs vielle rancunes pour travailler la main dans la main pour le bien d'une cause commune". Et c'est précisément pour cela que M. Ono pense qu'on se dirige de plus en plus vers un monde ou forcément on doit s'entraider pour résoudre les crises."Vous savez, nous dit-il, aucun pays, ne peut résoudre une crise, quelle que soit, tout seul. Il faut toujours travailler en commun pour trouver les solutions justes aux défis que la communauté internationale peut rencontrer". Nous dirigeons-nous donc vers un monde plus communautaire ? La réponse de M. Ono n'est pas aussi catégorique. "C'est vrai qu'on peut parler aujourd'hui d'une nouvelle tendance, mais sa généralisation à toutes les crises qui secou la scène internationale n'est pas aussi certaine", affirme t-il mettant en exergue le fait qu'on a, jusque-là, privilégié l'unilatéralisme. C'est d'ailleurs ce qui explique, selon notre interlocuteur, l'échec des Nations Unies à intervenir efficacement dans les crises qui secouent la scène internationale ."Le Japon a essayé dernièrement d'introduire des nouvelles réformes à l'ONU afin que cette dernière puisse avoir un rôle plus agissant sur la scène internationale mais nous n'avons pas réussi pour autant". C’est là une preuve parmi d'autres qui indique que le chemin reste long. M. Ono n'est pas catégorique, mais il n'est pas pour autant fataliste. “D’autres défis seront relevés pour l'année 2006", fait-il valoir. "Des défis mais aussi des opportunités pour se concerter plus afin de coopérer", dit-il faisant valoir qu'on pourra toujours prendre comme exemple l'élan de coopération qu'on vient de le constater après les catastrophes de 2005. * Un intérêt certain pour le monde arabe "Ca sera le cas, martèle le représentant du Japon, puisque fatalement et avec le développement scientifique et la multiplication des moyens de communication le monde est devenu de plus en plus petit avec des frontières de plus en plus virtuelles. Le monde, comme on dit, est devenu un «petit village» où le souci de l'un est forcément celui de l'autre". Dans ce contexte un monde plus communautaire ne sera plus un choix mais plutôt une obligation. “Dans un monde où le terrorisme est en train de gagner du terrain on n’a plus le droit de se renfermer sur soi et de renier l'autre", affirme-t-il. C'est comme si le terrorisme devient une opportunité pour se rapprocher encore plus afin de lutter contre ce fléau. Ceci ne veut pas pour autant dire qu'on se dirige vers un monde où il n'y aura plus de diversité culturelle précise M. Ono. "Au contraire cette diversité, précise-t-il, il faut la préserver afin que chacun puisse contribuer avec sa spécificité à enrichir les débats". Des façons de voire le monde qui peuvent paraître assez différentes mais qui devraient nous faire connaître les uns des autres Plus concrètement, l'ambassadeur japonais voit le futur avec un Occident qui se rapproche de plus en plus vers le monde arabe et musulman. Un rapprochement inévitable selon M. Ono"pour dissiper les malentendus qui ont émergé suite à la montée du terrorisme dans le monde". C'est précisément ce que le gouvernement japonais œuvre à le faire depuis des années, " notamment en s'impliquant de plus en plus au Proche-Orient et en se rapprochant du monde arabe et particulièrement le Maghreb Arabe. D'ailleurs nous comptons organiser, à ce propos, en janvier un colloque en Tunisie sur le dialogue entre les civilisations. Une occasion à saisir pour se rapprocher"


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com