Le vice-président syrien démissionnaire fait volte face : Une bombe nommée… Khaddam





Le vice-président syrien démissionnaire Abdel Halim Khaddam a fait avant hier soir des déclarations impliquant la Syrie dans l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri qui semblent aller dans le sens des conclusions de la commission d'enquête de l'Onu. Le Quotidien-Agences Khaddam a affirmé que les services de sécurité syriens n'auraient pas pu assassiner Hariri sans que le président en ait connaissance, dans un entretien vendredi à Al-Arabiya. "Nous devons attendre les résultats de l'enquête, mais aucun service de sécurité, ou autre, en Syrie ne peut prendre unilatéralement une telle décision", a affirmé Khaddam en référence à l'assassinat d'Hariri. La violente charge de Khaddam contre le régime syrien se conjugue par ailleurs avec une campagne virulente menée par la majorité parlementaire antisyrienne au Liban. Cette campagne a été déclenchée en réaction à des déclarations du ministre syrien des Affaires étrangères Farouk al-Chareh, rejetant les conclusions de la commission d'enquête, qui, d'après lui, "n'a pas pu établir de preuves tangibles pour accuser la Syrie". La commission d'enquête internationale dirigée par le magistrat allemand Detlev Mehlis avait établi dans ses deux premiers rapports qu'il existait des "preuves convergentes" impliquant des hauts responsables syriens et libanais dans l'assassinat de Rafic Hariri. Quatre hauts responsables des services de sécurité libanais ont été mis en examen et arrêtés à la demande de Mehlis. La commission d'enquête a également interrogé cinq suspects syriens sans demander de mise en examen. Detlev Mehlis est un "magistrat professionnel, connu, et son rapport était bon", a déclaré Khaddam dans cet entretien. "J'ai confiance en cette commission", a-t-il ajouté, soulignant que Mehlis avait "évité de politiser le rapport bien que le crime soit politique". Les autorités syriennes n'ont cessé de critiquer le magistrat allemand. Elles ont demandé la révision des conclusions des deux rapports de la commission présentés au Conseil de sécurité de l'Onu le 20 octobre et le 15 décembre. Le Conseil avait appelé la Syrie à coopérer pleinement avec la commission au risque de sanctions. * Menaces Khaddam a confirmé que le président Assad avait menacé Hariri et lui avait tenu "des propos d'une extrême dureté" quelques semaines avant son assassinat. Selon Khaddam, "le président Assad a déclaré à Hariri: «J'anéantirai toute personne qui tenterait d'enfreindre nos décisions»". Les autorités de Damas avaient démenti que le chef de l'Etat eût proféré de telles menaces contre Hariri. Le vice-Premier ministre syrien démissionnaire et architecte de la politique syrienne au Liban a rendu le général Rustom Ghazalé, l'ancien chef des renseignements syriens au Liban, responsable de la dégradation de la situation dans ce pays avant le retrait des troupes syriennes en avril 2005. "Rustom Ghazalé s'est comporté en maître absolu" du Liban, a-t-il déclaré. Ghazalé avait succédé en 2002 à la tête des renseignements syriens au Liban au général Ghazi Kanaan, qui s'est suicidé en 2005, peu avant la publication du premier rapport de Mehlis sur l'assassinat de Hariri, dans des conditions qui n'ont pas été élucidées. Les attaques contre la Syrie ont repris ces derniers jours au Liban, notamment après l'attentat qui a coûté la vie à Gebrane Tuéni, journaliste et député chrétien libanais antisyrien le 12 décembre. Le chef druze Walid Joumblatt, un des piliers de la coalition gouvernementale libanaise, a déclaré le 14 décembre: "le régime syrien doit être changé et être jugé". "Un tel régime ne menace pas: il vous exécute, vous pleure et va jusqu'à assister à vos funérailles. Si la communauté internationale ne le sanctionne pas, nous n'aurons pas la paix au Liban", a-t-il estimé. _____________________________ «Un tsunami politique» Dubaï-Agences L'ancien vice-président syrien Abdel Halim Khaddam a lancé un "tsunami politique" contre le président syrien Bachar Al-Assad en l'accusant d'avoir menacé le dirigeant libanais assassiné Rafic Hariri, a écrit hier la presse des Emirats arabes unis. "Khaddam a lancé un tsunami politique contre la Syrie", titre en Une le quotidien en langue anglaise Gulf News. Le quotidien estime que Khaddam a "frappé fort" contre le président Assad dans sa déclaration fleuve à la chaîne satellitaire arabe Al-Arabiya, basée à Dubaï. "Dans un développement théâtral surprenant, à l'effet d'une bombe politique, Khaddam annonce sa dissidence et secoue depuis Paris le palais de Bachar Al-Assad", écrit le journal Al-Ittihad. "La dissidence de Abdel Halim Khaddam", titre pour sa part le quotidien Emarat al-Youm en publiant une photo de l'ex numéro deux du régime syrien serrant la main à Bachar Al-Assad. La prise de position de Khaddam est "la plus grave dissidence de l'Histoire du régime syrien", estime le journal. "A partir de Paris, Khaddam se retourne contre le régime syrien", écrit pour sa part le quotidien Al-Khaleej. Khaddam "s'est retourné contre le régime, dont il a été à la racine pendant plus de trois décennies", a souligné le journal. _____________________________ Le Parlement syrien demande son jugement Khaddam accusé de haute trahison Damas-Agences Le Parlement syrien a voté à l’unanimité hier une motion demandant que le vice-président syrien démissionnaire Abdel Halim Khaddam soit «traduit en justice pour haute trahison» après ses déclarations dans l’affaire de l’assassinat de Rafic Hariri. «Nous appelons le ministre de la Justice Mohammad Ghafri à faire traduire en justice Abdel Halim Khaddam pour haute trahison et à prendre les mesures nécessaires» à cet égard, a affirmé le président du Parlement Mahmoud Al-Abrache. Cette motion a été votée lors d’une séance ordinaire du Parlement syrien au cours de laquelle plusieurs députés ont accusé M. Khaddam de «trahison» et de «corruption». "En mon nom personnel et au nom du peuple, je demande aux autorités syriennes de juger Khaddam parce qu'il a porté atteinte à la dignité des Syriens et humilié des millions de Syriens", a déclaré la députée Omaima Khoudour, qui a accusé l'ancien vice-président syrien de "trahison" lors d'une séance du Parlement. Le président de l'Assemblée, Mahmoud Al-Abrach, a par ailleurs informé les députés qu'il venait de recevoir des milliers d'appels téléphoniques de ses compatriotes demandant que Khaddam soit arrêté par Interpol.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com