Crise du gaz : Le ton monte entre la Russie et l’Ukraine





Au lendemain de la coupure par Gazprom de ses livraisons à Kiev, le groupe gazier accuse l'Ukraine de continuer à prélever du gaz. Celle-ci dément. Le Quotidien-Agences La dispute entre la Russie et l'Ukraine au sujet des livraisons de Gaz est montée d'un cran hier, le groupe gazier russe Gazprom accusant l'Ukraine d'avoir prélevé 100 millions de mètres cube de gaz russe qui aurait transité par gazoduc via le territoire ukrainien vers l'Europe. "Selon nos données, l'Ukraine a pris ces dernières 24 heures 100 millions de mètres cubes de gaz d'exportation", destiné à l'Europe, a déclaré Sergueï Kouprianov, porte-parole de Gazprom. L'Ukraine a de son côté assuré ne pas prélever du gaz russe transitant par son territoire tout en menaçant de procéder à des prélèvements en cas de température inférieure à zéro. * Kiev menace "Si les températures passent en-dessous de zéro, moins trois ou moins cinq degrés, nous allons consommer du gaz russe que nous recevons en paiement de son transit conformément aux conditions contractuelles existantes" avec le gazier russe Gazprom, a déclaré le ministre de l'Energie Ivan Platchkov, cité par l'agence Interfax-Ukraine. Le géant gazier russe Gazprom a cessé dimanche ses livraisons à l'Ukraine après le refus de cette dernière d'accepter le quadruplement du prix de gaz exigée par la société russe et accuse l'Ukraine d'avoir volé en 24 heures 100 millions de mètres cubes de gaz destiné à l'Europe. Les autorités ukrainiennes ont évoqué à plusieurs reprises la possibilité de prélever une partie du gaz destiné aux clients ouest-européens en cas de difficultés entraînées par la coupure. Cependant, s'exprimant devant la presse à Kiev dimanche soir, le président ukrainien Viktor Iouchtchenko a déclaré que le transit vers l'Europe n'avait pas été affecté par l'arrêt des livraisons à l'Ukraine. Et la compagnie ukrainienne Naftogaz a assuré hier qu'elle ne se livrait à aucun prélèvement. * La France et la Pologne rassurent, l’Allemagne s’inquiète Les autorités françaises et polonaises s'étaient voulues rassurantes sur l'impact pour l'Europe de la suspension de la fourniture de gaz naturel par la Russie à l'Ukraine, mais le distributeur allemand de gaz se montrait plus inquiet. Le géant gazier russe Gazprom fournit en effet environ un quart du gaz consommé en Europe, et la majeure partie est acheminée par des gazoducs qui traversent l'Ukraine. A Paris, le ministre délégué à l'Industrie François Loos a toutefois assuré qu"'aujourd'hui, la sécurité de l'approvisionnement de la France n'(était) pas du tout menacée" par la baisse de pression du gaz russe fourni à l'Ukraine. "Le consommateur français ne devrait rien en ressentir." Le ministre polonais de l'Economie, Piotr Wozniak, a également déclaré dimanche que son pays disposait de réserves suffisantes pour que les foyers ne soient pas affectés. La pression du gaz venant de Russie a cependant légèrement baissé dimanche, selon le monopole gazier d'Etat PGNiG. Le pays, qui est situé à l'ouest de l'Ukraine, dépend de la Russie pour environ 60% de son gaz naturel. Du côté allemand, le distributeur de gaz naturel E.On Ruhrgas a estimé que la décision de Moscou de fermer les vannes pour Kiev finirait par affecter la fourniture de gaz à l'industrie allemande. Ces grands consommateurs "ne sont pas encore affectés mais des réductions limitées de la fourniture ne sont pas à exclure", a déclaré le dirigeant du groupe, Burckhard Bergmann, dans un communiqué. "Si les réductions de fourniture (de gaz) sont importantes, à long terme et si l'hiver est très frois, notre capacité à compenser atteindra ses limites." En revanche les foyers ne devraient pas être touchés, grâce aux réserves de gaz et aux efforts de diversification des fournisseurs.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com