Journées du cinéma africain : L’action, le silence et le tambour





Deux films ont été projetés vendredi dernier dans le cadre des journées du cinéma africain. Il s’agit de «Lamaokowang Larakaraka Calabash», un court-métrage ougandais de Petna Ndaliko Katondolo et de «Drun», un long-métrage du Sud-Africain Zola Maseko. Dans leur deuxième journée, les films projetés dans le cadre des journées du cinéma africain ont eu du mal à draîner une foule. Vendredi dernier, la salle de cinéma de la Maison de la Culture Ibn Khaldoun, n’a draîné que quelques fans du 7ème Art africain. Cela n’empêche que les films projetés, ont suscité l’admiration des cinéphiles, ayant pris la peine de faire le déplacement. Pour parler des films projetés vendredi dernier, disons qu’ils étaient d’un genre particulier. «Lamokowang Larakaraka Calabah», un court-métrage ougandais de 13 minutes du genre du «Cinéma-muet» a plongé l’assistance dans la chaleur des traditions ougandaises. Ce film dont le nom peut être traduit par «Calebasse» combine deux styles, la musique et le mouvement. Il n’y a pas de paroles dans le scénario de ce film. Tout y est agencé autour des gestes sobres et des mouvements. Dans ce film, La Calebasse est considérée comme la métaphore de l’Afrique et une icône cinématographique. Ce film au ton très authentique donne à voir les différents usages de la Calebasse dans la cuisine, la musique. Loin des clichés mettant en exergue le silence du glas dans le premier film, «Drum», traduisez le «Tambour» commence son scenario par une action violente où se conjuguent combats de boxe, descente violente dans les boîtes de nuit et assassinats lâches : dans ce long-métrage, de 94 minutes, Zola Maseko a braqué pleins feux sur un quartier symbolique de la résistance culturelle dans les années cinquante, qui porte le monde Sophia town. Acteur principal de ce film, Henry Xumalo travaille d’abord dans un magazine noir à la mode qui s’intitule «Drum», véritable arme médiatique à l’époque. Durant cette période, toute une génération d’auteurs, de critiques, de musiciens et de journalistes pointus sud-africains, ont émergé et se sont exprimés dans cette résistance et contre l’apartheid. Xumalo a même risque sa vie, en dénonçant les conditions de traitement des noirs, sous le régime de l’Apartheid. S’exprimant dans un anglais aux consonnances «Zouloues», «Xo Sa» et «Tswana», dialectes sud-africains, les acteurs de ce film ont su véhiculer avec beaucoup de bonheur le message de ce film, très engagé et même politiquement dangereux. «Drum» a été primé au Festival de Cannes l’année dernière, au Festival populaire des Arts et du cinéma de Ouagadougou (FES AACO). Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com