Les jeunes et l’opportunisme : Des occasions à consommer avec modération





Dans la vie, on peut avoir des occasions en or. Les personnes les plus opportunistes savent les saisir. Tirant profit des circonstances, ils utilisent au mieux les événements qui se déroulent autour d’eux. Tunis — Le Quotidien Toutefois certains peuvent transiger au besoin avec les principes. Ils règlent leur conduite selon les conditions. D’autres en revanche ne subordonnent leurs principes pour rien au monde et surtout pas pour un intérêt momentané. Les jeunes sont-ils justement opportunistes ? Sacrifient-ils leurs croyances et leurs principes pour atteindre leur finalité ? L’opportunisme relève de la ruse, de l’astuce et de l’intelligence. Pour saisir une chance, il faut d’abord la voir venir et avoir beaucoup de flair. Cependant, certaines personnes peuvent pousser leurs pulsions opportunistes jusqu’au bout. Ils vont jusqu’à «invoquer le diable» et peu importe s’ils foulent aux pieds les normes et les valeurs. Pour atteindre leurs buts, ils sont prêts à signer un pacte avec le diable. Ce qui prime pour ces êtres-là, c’est le résultat. Ils ne croient pas aux miracles et pensent qu’il faut toujours miser sur les occasions. A un âge jeune, l’on n’est pas a priori très porté sur les questions radicales. Les jeunes aiment vivre, croquer la vie à pleines dents et leurs centres d’intérêt tournent autour de quelques trucs qui leur sont presque vitaux, dont les études, l’amour, la famille, les hobbies... Il semble que certains aiment sauter sur les occasions et sont prêts à en tirer profit. Mais que cela ne retentisse pas sur leurs valeurs fixes Zied Boukhris, 17 ans, est prêt à saisir une chance, à répondre positivement à une offre qui pourrait lui ouvrir des horizons. Mais le jeune homme est intraitable sur certaines valeurs. «Opportuniste oui, mais profiteur je ne le serai en aucun cas. Je suis un être digne et fier et il m’est impossible d’accepter une offre qui m’oblige à faire preuve de bassesse et ce même si le résultat était en ma faveur. D’abord, opportunisme rime avec matérialisme. Certes, j’aimerai tant avoir de l’argent et du pouvoir, mais il faut que j’en étudie le prix à payer. Je n’accepterai pas que l’on négocie sur les principes et les constantes. Je n’accepterai pas non plus d’agir de manière vile et de faire du mal aux autres pour garantir mon propre bien. En revanche, je sait sauter sur les occasions où il n’y a pas de risque ni pour moi ni pour les autres», dit-il. Mohamed Torkhani, 18 ans, partage le même avis. Le jeune homme ne peut jamais tolérer le fait qu’il ait un comportement de malfaiteur. «L’opportunisme est une arme à double tranchant. Profiter des circonstances pour en tirer le maximum d'avantages c’est bien. Mais il faut d’abord étudier le pour et le contre. Si je dois sacrifier, il faut bien que ce sacrifice ne touche pas à certaines choses sacrées. Je ne peux pas par exemple répondre positivement à une offre qui peut m’indigner. Je ne peux pas non plus bâtir mon bonheur aux dépens des autres. Dans ce cas, je préfère laisser passer la présumée chance pour avoir la conscience tranquille», dit-il. Hayfa, 18 ans, peut saisir une chance si cela ne va pas à l’encontre de ses principes et de son éducation. «Je peux accepter, à titre d’exemple, d’épouser un homme plus âgé que moi parce qu’il est aisé. Mais, il faut qu’il soit un homme digne de confiance, que je pourrai aimer. A quoi bon avoir de l’argent si l’on est malheureux ? Je peux aussi saisir toutes les offres qui se présentent dans la mesure où cela ne touche pas à mes principes et aux valeurs dans lesquelles j’ai été élevée. Certains disent «après moi le déluge». Cela n’a jamais été ma devise dans la vie. Saisir les chances, c’est certes bénéfique, mais il faut d’abord en cerner le prix exact à payer», dit-elle. Marouane, 17 ans, pense que toutes les occasions qui ne répondent pas à ses aspirations et à ses croyances sont conçues par le jeune homme comme une calamité. «La fin ne justifie pas les moyens. Supposons que l’on me propose un don d’organe contre un énorme paquet d’argent. C’est une proposition très tentante certes. Mais qui peut me garantir la santé ! Qui sait, il se peut que je fasse don d’un rein et que quelque temps plus tard, je me retrouve avec un rein malade. Je peux aussi avoir l’occasion d’épouser une femme très riche, si je dis oui, je pourrai vivre certes une vie très aisée. Mais serais-je capable d’accepter de vivre sur le compte de mon épouse ? Pourrai-je garantir que je vais aimer cette épouse ? Beaucoup de choses sont à prendre en considération. L’opportunisme doit être consommé avec mesure et modération. Si tout le monde est content commençons par moi, je saisirai la chance sans hésitation. Si en revanche cela peut nuire aux autres ou me demande de faire des sacrifices, je laisserai tomber surtout s’agissant de dignité et de principes», dit-il. Wissem, 17 ans, n’est pas différent des autres. Le jeune homme saisira les chances qui vont avec ses principes et qui correspondent à son profil. «Je suis ce que je suis. Tout être humain a ses propres repères, ses propres principes et ses propres aspirations. Je peux avoir plusieurs défauts, mais je ne suis pas lâche pour autant. Une occasion ou une offre qui ne va pas avec mes principes, ma dignité et mes attentes personnelles, n’est sûrement pas bonne à saisir. Je la laisserai passer sans le moindre regret», dit-il. Abir CHEMLI OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com