«Mourir d’adorer» : Quête d’un amour perdu…





“Mourir d’adorer”, une pièce théâtrale mise en scène par Hassen Mouadhen a effectué mardi une entrée en force dans les JTC. Cette création du Centre National des arts de la Marionnette se séduit les présents. “L’amour, c’est le désir de ce qu’on n’a pas”. Cette assertion de Platon, devenue célèbre au fil des années et des siècles, témoigne en effet de l’ampleur et surtout des états d’âme qui résultent de l’acte d’aimer. “Mourir d’aimer” (Wa min al Ichq ma qatel), cette pièce, d’une durée de plus de 15 minutes, a permis de décrypter pour ne pas dire de disséquer l’amour dans ses multiples facettes à travers une histoire insolite et instructive qui eut lieu quelque part dans le monde arabe, il y a plusieurs siècles. Safieddine Al Halabi, personnage central de cette pièce, est un papetier nomade et un explorateur. Après avoir pris la décision d’aller à la recherche d’un lieu antique, situé à l’intersection de deux rivières, à bord d’une embarcation, il tomba sur une vieille femme prosternée devant une statue en décomposition. Mais cette femme, veuve de son état, était une reine à la recherche de l’image de son mari-roi qui lui avait exprimé, du temps de son vivant, un vrai amour. Pour restituer de façon percutante cette histoire, Hassen Mouadhem a mobilisé cinq jeunes acteurs de talent qui ont interprété et adapté avec beaucoup de bonheur l’histoire que relate cette pièce, à la réalité actuelle de certains pays du monde arabe et notamment à la situation actuelle de l’Irak où se situe l’intersection des deux rivières. * Al Halabi et le fleuve Pour mettre en exergue le scénario de cette pièce, Hassen Mouadhem a élaboré un décor très original. La scène était conçue en premier lieu, comme un long fleuve. Au début de la pièce, on voit Safieddine Al Halabi, traverser ce fleuve à bord d’une embarcation. Après cette traversée, un dialogue intense et riche s’installa entre les différents acteurs. Différentes scènes s’ensuivirent ainsi que des vociférations et même des disputes. Mais la particularité de la pièce est qu’elle a pu instaurer, au milieu de la scène, une ambiance nostalgique, romantique sur fond d’un dialogue très sentimental. Les cris de la reine, très expressifs, véhiculent sur un autre plan, un message d’amour et de paix, une façon pour elle de lutter contre l’oubli de son premier amant mort pour l’amour. D’ailleurs, l’avant-dernier tableau de “Mourir d’adorer” a présenté la statue du roi défunt, avant le retour final de l’embarcation de Safieddine Al Halabi au bercail, à la fin du dernier tableau de cette pièce. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com