Allaoui accuse : «En Irak, c’est pire que du temps de Saddam»





Le Quotidien-Agences «Ils font la même chose qu'à l'époque de Saddam Hussein, et pire encore", a déclaré, dans un entretien à l'hebdomadaire britannique The Observer, l'ex-premier ministre irakien Iyad Allaoui, à propos du respect des droits de l'homme. "C'est une comparaison appropriée. Les gens se souviennent de l'époque de Saddam. Cela a été précisément la raison pour laquelle nous l'avons combattu, et maintenant nous voyons les mêmes choses", a ajouté cet ancien opposant au régime de Saddam Hussein, proche de la CIA. "Nous entendons parler de police secrète, de bunkers secrets où les gens sont interrogés. Beaucoup d'Irakiens sont torturés et tués au cours d'interrogatoires. Nous voyons même des tribunaux de la charia qui jugent les gens et les exécutent", a-t-il ajouté. Iyad Allaoui, qui a été sévèrement battu lors des élections générales du 30 janvier, a mis en garde contre la dégradation de la situation. "A moins qu'une action immédiate soit entreprise pour démanteler les milices qui continuent d'opérer en toute impunité et qui ont infiltré la police et les autres institutions, la maladie (qui infecte le ministère de l'intérieur) deviendra contagieuse et se répandra à tous les ministères", a-t-il déclaré. Allaoui fait allusion à la découverte, dans un bunker du ministère de l'intérieur, de 176 prisonniers retrouvés par les Américains dont certains avaient été torturés et qui, pour la plupart, étaient mal nourris. Cette affaire a fait l'objet d'une enquête. Il y a eu par ailleurs des accusations proférées contre le ministère de l'intérieur, dont les chiîtes ont pris le contrôle, et particulièrement la milice Badr, qui, du temps de Saddam Hussein, opérait depuis l'Iran. "Le ministère de l'intérieur est au centre du problème, accuse Allaoui. Je ne blâme pas le ministre de l'intérieur, Bayan Jaber Soulagh, mais le personnel qui est derrière les cachots secrets et les exécutions qui s'y déroulent." "L'Irak est la pièce centrale de la région. Si les choses tournent mal, ni l'Europe ni les Etats-Unis ne seront à l'abri", avertit l'homme politique chiîte et laïc. Le président irakien, Jalal Talabani, a violemment réagi aux accusations d'Iyad Allaoui, les qualifiant d'"absurdités". "Si nous revenions à l'Irak de Saddam, nous verrions les camps de concentration à la surface et les fosses communes sous terre. Comment peut-on comparer la nouvelle situation avec cette situation unique?"


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com