Porteurs potentiels du H5N1 : Les oiseaux migrateurs hivernent en Tunisie… sous haute surveillance !





Les centaines de milliers d’oiseaux qui viennent chaque année hiverner, nicher ou tout simplement effectuer une petite escale après des milliers de kilomètres de vol sont tenus à l’œil. Risque de grippe aviaire oblige, ils sont mis sous haute surveillance. Tunis — Le Quotidien Depuis que la grippe aviaire a commencé à faire la Une des médias aux quatre coins du globe et à mobiliser gouvernements et ONG pour prévenir la pandémie, les oiseaux migrateurs ont été mis sur la liste des suspects face auxquels des mesures draconiennes de suivi et surveillance on été mises en œuvre. La Tunisie qui accueille annuellement des centaines de milliers d’oiseaux migrateurs, n’a jamais été, de ce fait, à l’abri de multiples maladies infectieuses que portent ces oiseaux depuis leurs lieux de provenance. Depuis des années des stratégies et des plans d’action spéciaux ont été adoptés pour prévenir les risques de contamination à travers ces porteurs potentiels de virus. Parmi les structures qui œuvrent dans ce sens, figure l’Association «Les Amis des Oiseaux» qui s’active depuis des années au sein de la faculté des Sciences de Tunis. Le travail de surveillance a permis jusqu’à aujourd’hui de dénombrer 265 espèces différentes d’oiseaux migrateurs qui font de la Tunisie une destination et un passage. D’après les données disponibles, les espèces qui passent l’hiver dans nos murs sont au nombre de 144. Il s’agit des canards, des oies, des grues cendrées et des étourneaux. Ces espèces reprennent leur voyage à partir du début mars. S’agissant des nicheurs, tels que la cigogne blanche, la tourterelle des bois et certains rapaces, ils arrivent à la mi-mars et repartent fin août. Les dernières espèces sont les migrateurs de passage. Ces derniers semblent être les plus concernés par la surveillance par ce temps de grippe aviaire. La raison en est qu’ils viennent en majorité de l’Europe de l’Est et de l’Asie, deux régions dans lesquelles des foyers du virus H5N1 ont été découverts. Ils font leur passage par la Tunisie lors de la migration d’automne. Quand les conditions météorologiques leur sont convenables, ils séjournent chez nous plusieurs semaines en octobre, novembre avant de continuer leur chemin vers le sud. C’est notamment le cas de certains palmipèdes venant de l’Europe de l’Est et de l’Asie centrale, tels que la «sarcelle d’été» ou le «fuligule nyroca». Par ailleurs, les migrateurs du printemps, ceux qui ont hiverné quelque part en Afrique, au sud du Sahara, viennent nicher en Tunisie. Les médias européens ont répété au cours des dernières semaines que ces migrateurs printaniers sont à haut risque car ils appartiennent à des espèces qui se sont mélangées dans leurs quartiers d’hiver à des oiseaux venant des zones d’Asie affectées par le H5N1. * Protocole de suivi L’apparition du virus H5N1 en Turquie, en Roumanie et en Croatie a fait que les oiseaux migrateurs venant hiverner en Tunisie après leur passage par ces pays sont susceptibles d’être des porteurs sains du fameux virus de la grippe aviaire. «Les Amis des Oiseaux» ont donc proposé la mise en place d’un protocole de suivi et de surveillance des oiseaux à haut risque. Il s’agit d’un protocole de prélèvement des oiseaux vivants appartenant aux espèces à risque venant de l’Asie Centrale, et de l’Europe de l’Est. Le prélèvement se fait grâce à la mise en place, dans les zones d’accueil, des nasses et des filets qui permettent de récupérer les oiseaux vivants, confiés par la suite aux services vétérinaires à la recherche du virus H5N1. L’opération nécessitant la couverture de tout le territoire du pays en mobilisant de nombreuses équipes et de grands équipements, demande le déblocage d’un budget qui a été estimé aux environs de 395 mille dinars. Hassen GHEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com