“At the checkpoint” : Palestine, une plaie au cœur du monde arabe





La douleur a été double, au Théâtre Municipal, lors de la présentation jeudi de “At the checkpoint”, la pièce palestinienne. Avec leurs corps, les acteurs ont élaboré un nouveau discours théâtral racontant un quotidien amer devant ces murs de la honte. Nombreux sont ceux qui ont choisi d’être au Théâtre Municipal pour soutenir la compagnie Sarriyyet Ramallah de musique et de danse. Devoir de mémoire oblige! “Sur le barrage” ou “At the checkpoint” est une œuvre palestinienne qui met l’accent sur la souffrance quotidienne des Palestiniens devant ces barrières et ces frontières de la honte. Loin des slogans et des discours creux , des promesses… des années 70, Khaled Alyen, le metteur en scène de cette production théâtrale palestinienne, a tissé cette chorégraphie relatant le vécu de différentes générations de Palestiniens luttant contre toutes les formes d’humiliation. “Sur le barrage”, ils étaient là, plus d’une vingtaine de comédiens… plutôt des jeunes danseurs et danseuses, racontant cette douleur devant les murs de l’incertitude, devant ces frontières psychologique et matérielles… Ils résistent face à ces murs et cette fatalité… et créent pour donner à leurs existences un vrai sens. Avec l’art, ils ont confirmé leurs existences, leur identité malgré le silence mortel de la communauté internationale. Onze tableaux chorégraphiques: “Un autre voleur” “Attente”, “Sur le barrage”, “Contes”, “Un petit rêve”, “Naissance”, “Voyage”, “Un mariage palestinien”, “Etouffement”. “Douleur” et “joie” ont raconté le drame palestinien devant ces frontières, portes de la mort… En attendant l’autorisation pour passer de l’autre côté, toute une vie est née: des figures, des histoires…ce sont les banalités de la vie quotidienne face à ces barrières qui les séparent de la réalisation de leurs rêves. Sur la scène du Théâtre Municipal, ils se sont rencontrés: des enfants, une femme au stade de l’accouchement, une mariée qui va signer son contrat de mariage “At the checkpoint”, une infirmière, des étudiants… De toutes les catégories sociales, les papiers d’identité à la main, ils se sont rencontrés devant le barrage. Ils se sont éclatés, esquissant avec leurs corps divers tableaux du vécu sur les rythmes d’une brochette de musiciens engagés comme Aboud Saâdi, Souad Mouassi, Marcel Khalifa, Ahmed Gaâbour, Bassel et Youssef Zayed, Samir Jabrane et Marouane Abadou. La danse a été presque l’unique langage de la pièce, excepté les quelques intermèdes poétiques signés par l’un des grands poètes palestiniens Ghassen Zaktan. Des bribes poétiques qui sont venues consolider la démarche générale de cette chorégraphie qui a voulu pénétrer la vie de l’homme palestinienne et raconter sa souffrance sans tomber dans les slogans pathétiques. Dans cette approche chorégraphique de la Cause palestinienne, Khaled Alyen a tenu à transmettre cette énergie, cette volonté de fer qui fait la force des Palestiniens quelles que soient leurs orientations politiques ou géographiques… Ils étaient sur la scène du Théâtre Municipal comme une armée dont les mouvements sont bien calculés. Dans cette union, quelques danses individuelles avec des mouvements saccadés et circulaires sont venus souligner la pesanteur psychologique de ces barrières de la honte. Tant qu’il y a des jeunes Palestiniens avec ce talent, l’espoir d’une Palestine libre restera toujours vivace. Imen ABDERRAHMANI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com