Majaless : Les promesses de l’ouverture !





Le thème général des rencontres-débats organisées lors des JTC du dimanche 27 novembre au jeudi 1 décembre a porté sur l’ouverture. «Les Majaless» ont donné aux artistes l’occasion de se prononcer sur leurs expériences théâtrales. La notion de l’ouverture telle qu’elle a été perçue par les intervenants dans les «Majaless» a été décelée à travers le visionnage des pièces programmées lors des JTC. L’ensemble de ces pièces relève que l’ouverture est vécue différemment en fonction de la situation socio-politique. Dans les pays qui vivent dans la sérénité l’ouverture est axée sur la recherche esthétique d’une théâtralité visuelle. Dans d’autres pays, la conjoncture et la situation de guerre fait que la pratique de l’ouverture se passe à un autre niveau. La deuxième question soulevée dans Majaless concerne le «dialectal» considéré souvent inaccessible. Comment affronter la question du dialectal lorsqu’il est perçu par certains comme une façon pour le théâtre de s’ouvrir sur la mémoire collective qui n’est pas exprimée en arabe littéraire ? La question était aussi de savoir pour d’autres s’il ne serait pas envisageable d’opter pour l’arabe littéraire qui est commun à toutes les régions arabes en sachant que l’arabe littéraire est une langue figée et que le dialectal est une langue vivante ? D’autres intervenants ont opté pour une attitude qui dit que chaque expérience est porteuse de son langage non verbal. Il y a, en fait, une équation à résoudre entre le langage scénique et verbal. Chose que certaines expériences théâtrales ne sont pas parvenues à concrétiser. * Colloque Lors du colloque les intervenants ont procédé à la définition des significations auxquelles renvoie le concept de l’ouverture. C’est le cas de l’intervention de Jean-Pierre Guingané, directeur d’un festival de théâtre au Burkina Faso. Il a en effet parlé des réseaux de déplacement des artistes entre les pays, qu’il trouve plus importants que la question des réseaux de distribution des œuvres. «J’y suis confronté quotidiennement», dit-il «Il faut dire que le réseau de distribution fonctionne bien entre l’Afrique et l’Europe. Le problème concerne l’obtention des visas. Des troupes arrivent à moitié en Europe parce qu’elles ont été refoulées à l’entrée». Concernant la construction d’un réseau en Afrique l’intervenant a souligné que les prémices d’un tel projet existent déjà dans l’expérience de Ezzeddine Gannoun. Aziz Khayoun, le directeur et fondateur de «Bagdad pour le théâtre», a, de son côté, parlé du chemin semé d’embûches que rencontre le créateur irakien. «Il a fallu que les répétitions aient lieu chez moi. On a peur de «la démocratie» de la machine de guerre, sans foi ni loi», souligne-t-il en référence la quasi-impossibilité du déplacement en Irak. Et l’interlocuteur d’ajouter «Il m’arrive de marcher 20 heures pour rencontrer un ami à Amman ou en Syrie. Quel théâtre ? Quelle culture arabe en ces temps où nos ailes sont mutilées ? Mais je garde toujours la même passion pour le dialogue car il représente un espace de liberté». En guise de conclusion, disons que ces séances de débats, partagées entre le colloque et les Majaless, ont réussi a plus d’un titre. D’un côté les artistes étaient libres de s’exprimer même pour diriger une critique acerbe à l’égard de Mohamed Driss ou pour le théâtre tunisien d’une manière générale. D’un autre côté Fawzia Mezzi, journaliste et critique de théâtre et coordinatrice de ces débats, a pu donner une palette variée d’avis des artistes et des expériences théâtrales des temps présents. Les lacunes à combler existent bien sûr, telle que la traduction des propos des artistes que Fawzia Mezzi était obligée de faire elle-même sur le tas. Mona BEN GAMRA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com