Annonçant son prochain départ : Mehlis s’en prend à Damas





Annonçant son prochain départ, Detlev Mehlis, chef de la commission d'enquête de l'Onu sur l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri, accuse la Syrie d'avoir retourné un témoin syrien qui avait mis en cause Damas mais il assure que son premier rapport n'en est pas invalide pour autant. Le Quotidien-Agences Le quotidien An Nahar a rapporté l'étonnement de Mehlis en constatant que les autorités syriennes ont exhibé Hossam à la télévision sans que la commission d'enquête nationale mise sur pied par la Syrie à la demande de l'Onu ait même demandé à l'entendre. De source autorisée syrienne, on a, sur ce point, déclaré que, "contrairement à ce qui a été publié, Hossam a été interrogé en Syrie et le procès-verbal de son interrogatoire a été adressé à Mehlis mardi". Toujours selon la presse libanaise, Mehlis n'a pas exclu de demander à interroger d'autres responsables syriens que les cinq qu'il entendra selon son voeu du 5 au 7 décembre dans les locaux de l'Onu à Vienne - un lieu extraterritorial qui a fait l'objet d'âpres négociations de la part de Damas. Mehlis, qui avait demandé initialement à interroger six responsables de la sécurité syrienne, dont le général Assef Chaoukat, chef des services de renseignement et beau-frère du président Bachar Assad, a démenti avoir passé avec Damas un marché épargnant à certains de répondre à ses questions. "Nous interrogerons qui nous voulons interroger. Soit la coopération est totale, soit ce n'est pas de la coopération. Si les investigations commandent des arrestations, la commission réclamera ces arrestations et les autorités syriennes devront s'exécuter", a-t-il martelé. Mehlis doit remettre, d'ici le 15 décembre, son rapport final au Conseil de sécurité, qui a laissé entrevoir d'éventuelles sanctions contre la Syrie si elle ne collaborait pas pleinement à l'enquête. A noter que Mehlis a annoncé son intention de terminer au 1er janvier sa mission à la tête de l’équipe de l’ONU. Invitée par le Conseil de sécurité à coopérer sans réserve à l'enquête de Mehlis, Damas s'est efforcée de discréditer les conclusions provisoires en exhibant un de ses témoins syriens, Hossam Taher Hossam, qui dit avoir été torturé par des membres de l'entourage de Saad Hariri, le fils de Rafic, pour mettre en cause les dirigeants syriens. Le ministère syrien des Affaires étrangères a affirmé mercredi que le rapport intérimaire de Mehlis était faussé parce qu'il se fondait lourdement sur le témoignage présumément extorqué à ce témoin, un ancien des services secrets libanais et syriens, qui n'est pas nommément cité dans le document. Dans un entretien avec des journalistes arabes, dont la presse libanaise se fait l'écho, Mehlis nie que les rétractations de Hossam remettent en cause son rapport et accuse la Syrie de recourir à "un type de propagande" qui lui rappelle celle des anciens pays communistes de l'Est. "Il n'y a pas de témoin principal", dit-il au sujet des accusations syriennes. "Ce que Hossam a dit en Syrie est différent de ce qu'il nous a dit", ajoute-t-il en précisant que la commission, qui a interrogé plus de 500 témoins, demandera à l'entendre de nouveau parce qu'il tente d'entraver son enquête.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com