Le théâtre arabe aux yeux des invités





Rencontrés pendant les JTC, Medhat Aziz, un Egyptien, Samer Omrane, un Syrien, et Chamal Amine Omar, un Irakien, nous ont parlé, chacun de son côté, de questions inhérentes à la pratique théâtrale. ____________ Medhat Aziz (scénographe égyptien) * Etes-vous aux JTC pour la 1ère fois? C’est pour la 5ème fois que j’assiste aux JTC. Actuellement j’ai une idée approfondie du théâtre en Tunisie. On y trouve une école ancienne, classique et une nouvelle école qui est influencé quelque peu par l’Europe et notamment la France. La nouvelle vague du théâtre conçoit la scène théâtrale en tant qu’espace plastique. Le regard est focalisé sur le corps humain. On travaille beaucoup plus sur la scénographie, les lumières et le côté technique plutôt que sur le décor. * Et le théâtre arabe? Je ne puis vous parler du théâtre arabe car il s’agit d’expériences éparpillées ici et là. J’espère que le théâtre arabe aura un langage commun. Pourquoi optons-nous pour des pièces à partir de textes étrangers alors que le monde arabe a ses propres problèmes. Je souhaiterai qu’un jour des expériences arabes se retrouvent dans une seule œuvre qui parlera de notre réalité. ___________________________ Samer Omrane (directeur de l’ISAT - Syrie) * Quelle est la raison de votre visite en Tunisie? Je suis le doyen de l’Institut supérieur des arts du théâtre en Syrie. Je suis diplômé de 3ème cycle en art de la pantomime. On m’a invité pendant les JTC dans le cadre des ateliers tenus à l’ISAD. Des jeunes syriens, tunisiens, français et ivoiriens y sont rassemblés pour travailler sur des sujets divers. * On dit que le théâtre arabe se porte très mal. Qu’en pensez-vous? Le théâtre arabe se porte bien. Car l’introduction de l’Internet, la TV et les autres moyens de communication, les NIIC ont permis de distinguer les véritables passionnés du théâtre des profanes. J’ai toujours pensé que le théâtre est un art élitiste. C’est seule l’élite intellectuelle qui fréquentera désormais les salles de théâtre. Les autres peuvent prendre plaisir à voir la TV ou consommer d’autres hobbys. ___________________________ Chamal Amine Omar (Irakien, directeur de théâtre à Vienne) * Quelles sont les pièces tunisiennes qui vous ont le plus touché? Je connais les travaux de Taoufik Jebali qui me plaisent énormément. Cette fois, j’ai été déçu par «Les voleurs de Bagdad» qui s’est gaussé de la situation désolante du peuple irakien avec une pièce comique. «Mourir d’adorer» de Hassen Mouadhen est une œuvre de la troupe des grandes comédies musicales européennes. J’ai été ébahi par la subtilité de ce travail. * Est-ce que l’expérience théâtrale arabe a exprimé comme il se doit la question irakienne? On voit souvent des pièces traitant de l’Irak ou de la Palestine. C’est un bon signe qui en dit long sur la conscience des créateurs arabes concernant nos problèmes. Mais je trouve que le théâtre peut traiter des sentiments de l’être humain, qui peut être un peu partout dans le monde: en Irak, en Tunisie, en Europe, etc. La souffrance humaine est commune. Le théâtre doit la sonder et la présenter. Mona BEN GAMRA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com