Evitant les sujets qui fâchent : Merkel et Rice affichent une entente sans faille





Tout en évitant d’évoquer l’affaire des prisons secrètes de la CIA en Europe, la chancelière allemande Angela Merkel et la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice se sont engagées hier à Berlin à lutter ensemble contre le terrorisme, assurant vouloir respecter lois et obligations internationales sans remettre en cause le caractère secret du renseignement. Le Quotidien-Agences Le chef de la diplomatie américaine a une fois de plus évité les questions sur l'existence en Europe de prisons secrètes où seraient détenus de présumés islamistes, s'abritant derrière le secret nécessaire aux activités de renseignement. Posant pour les photographes, échangeant fréquemment des coups d'œil complices, les deux femmes ont indiqué au cours d'une conférence de presse avoir évoqué, au cours de leur première rencontre depuis l'accession de Merkel au pouvoir, la question des activités controversées de la CIA en Europe qui a affecté les relations transatlantiques ces dernières semaines. Les Etats-Unis "n'admettent pas la torture qui est contraire à la loi américaine et contraire aux obligations internationales des Etats-Unis", a réaffirmé Rice. La nouvelle chancelière s'est déclaré satisfaite de cette assurance, ajoutant que les déclarations du chef de la diplomatie américaine étaient "une bonne base" pour poursuivre la coopération entre les deux pays, notamment dans les services secrets. "Il est important pour moi que Rice ait réaffirmé que les Etats-Unis respectent leurs engagements" en matière de lutte antiterroriste, a déclaré Angela Merkel, qui a cependant insisté sur la nécessité de respecter les principes démocratiques. "Nous devons adhérer aux principes démocratiques et aux règles qui président à nos engagements, tout en nous assurant que nos services de renseignement peuvent réellement faire leur travail", a-t-elle noté. Mais "je pense effectivement qu'il y a de l'espace pour une bonne coopération entre nos deux services de renseignement", a-t-elle conclu. Pour sa part, Rice a assuré que les Etats-Unis feraient "tout leur possible pour coopérer avec les services de renseignement qui sont dans les mêmes dispositions que les siens". "Le renseignement est la clé absolue du succès" dans la guerre menée contre le terrorisme international», a-t-elle ajouté. Le terrorisme international "vise des personnes innocentes", a-t-elle fait valoir, affirmant qu'il s'agissait de déjouer ces plans avant qu'ils puissent être mis en œuvre, citant "un mariage à Amman, des enfants à Beslan, des transports publics à Madrid et à Londres". "Nous avons à protéger nos peuples et nous utiliserons tous les moyens légaux pour le faire", a-t-elle réaffirmé lors d'une conférence de presse avec la chancelière allemande Angela Merkel, à l'issue d'un entretien. Evoquant la question controversée des vols de la CIA et des prisons secrètes supposées de celle-ci, Rice a rappelé que la nouvelle guerre contre le terrorisme est "un défi" et rend nécessaire de "faire tout notre possible pour protéger nos citoyens". "Nous respectons la souveraineté de nos partenaires", a-t-elle encore assuré. La secrétaire d'Etat américaine a enfin reconnu que les Etats-Unis avaient commis une "erreur" dans l'affaire d'un ressortissant allemand d'origine libanaise, Khaled al-Masri, enlevé par erreur en 2003 et ensuite libéré. "Toute politique peut parfois mener à des erreurs", a-t-elle déclaré. Après un déjeuner avec son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier, Rice s'est dirigée vers Bucarest, pour y signer un accord de sécurité, avant de se rendre dans la même soirée à Kiev. Sa dernière étape sera une réunion de l'Otan à Bruxelles demain. _____________________________ L’U.E. plus pressante Profitant de la présence de Rice à Berlin, le coordinateur antiterroriste de l'UE, Gijs De Vries, a insisté hier sur le besoin d'explications ressenti en Europe concernant les activités présumées de la CIA, soulignant l'inquiétude de l'opinion publique européenne. "Il est important (...) que nous clarifions la situation et que nous respections une règle fondamentale : défendre nos principes face aux terroristes signifie que nous appliquions les principes mêmes que nous voulons défendre", a déclaré De Vries, après un entretien à Bruxelles. "Il y a manifestement en Europe en ce moment une inquiétude de l'opinion publique pour savoir si cet équilibre a bien été préservé", a-t-il ajouté devant des journalistes. L'Union européenne a officiellement demandé aux Etats-Unis des explications sur des allégations de vols secrets de la CIA en Europe pour acheminer des prisonniers islamistes et sur l'existence de prisons secrètes sur le Vieux continent, des questions au cœur de la tournée en Europe de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com