C.A. : La révélation de l’habile bomber Ameur





Son nom était, en juin dernier, sur toutes les lèvres. A son corps défendant, il devint au cœur d’un invraisemblable imbroglio juridico-sportif après les réserves formulées à son encontre par l’Etoile S.S, battue dans l’avant-dernière journée par le C.A et qui vit ainsi le titre de champion de Tunisie lui échapper entre les mains. L’affaire fut même portée devant la FIFA et, à 18 ans, tant de notoriété -pas tout à fait “positive”, à vrai dire puisqu’on l’accusait de jouer sans être contractuellement en règle- aurait pu le déstabiliser. Eh bien, le bonhomme a attendu la fin de la phase aller pour s’illustrer à Jendouba et signer un but qu’il provoqua tout seul puisqu’il alla mettre la pression sur le défenseur dans sa zone, lui subtiliser le ballon, résister à la charge de ses cerbères et fusiller Maher Zitoun. Quelques jours plus tard, il remplaça Haj Ali en cours de match face à Enfidha et trouva, à la toute dernière minute, la cage adverse sur un service impeccable de Yahiaoui qui le mit seul face au gardien sahélien. La suite c’est le récital de dimanche dernier sur la pelouse teigneuse et bossellée de Zarzis. L’entraîneur “rouge et blanc” est tant heureux de découvrir au moment le plus difficile de la saison compte tenu des nombreuses absences (Missaoui et Selliti) en attaque, ce qu’il appelle: “Une arme supplémentaire” pour la suite du parcours: “A mon arrivée, fin septembre, j’ai trouvé un Maher Ameur pas trop au point”, se rappelle Kamel Chebli. “J’ai dû le renvoyer vers l’équipe Espoirs tout en le gardant à l’œil. Eh bien, dans cette catégorie-là, il n’a pas arrêté de marquer une fois un but, quatre fois un doublé… J’ai dû le rappeler dans le contexte d’un match rude à Jendouba, tout en étant convaincu que le garçon est grand batailleur et n’a peur de rien. C’est le genre d’attaquant classique qui pèse sur les défenses adverses et sait s’adapter à nos besoins chaque fois que nous évoluons à l’extérieur. Il n’a que 18 ans et représente avec les Ghannem et Khemili (18 ans également) et Hicheri (19 ans) l’avenir du club. Sans oublier Khaled Souissi, un bon élément auquel il manque juste de prendre un peu plus confiance en ses moyens”. * Une impeccable tenue défensive Le coach “rouge et blanc” a trouvé à Zarzis un autre motif de satisfaction, le comportement de sa défense et plus généralement de tout le bloc qui a su tenir le choc, toute une mi-temps durant (la deuxième) devant les incessants raids des Sang et Or de Zarzis: “Nous avons cherché à réduire les espaces pour éviter les triangulations des locaux. Il nous fallut cadenasser les couloirs devant les latéraux adverses afin de maîtriser la rencontre. Il faut dire que, dès le début de la rencontre, nous avons pris suffisamment de risques et exercé un pressing haut afin de trouver l’ouverture. Dans les 25 dernières minutes, il ne restait plus aux Sudistes que de lancer de longs ballons dans le paquet”, analyse Chebli. * Missaoui tend la main à Chebli “C’est un peu un frère pour moi, sinon un père. J’ai beaucoup d’estime et d’affection pour Kamel. D’ailleurs, le Club Africain est une seconde famille pour moi. Le petit malentendu a été vite dissipé. Chacun de son côté avait une fausse idée des intentions de l’autre. Que Dieu pardonne à tous ceux qui mirent un peu d’eau au moulin des malintenionnés”. Le mea-culpa de Nabil Missaoui ressemble à une main tendue à un frère aîné. L’ancien attaquant béjaois a dû sans doute réfléchir sur la portée de son geste d’il y a une semaine face à Enfidha Sport en seizièmes de finale de la Coupe de Tunisie. L’incident est clos. Suspendu (de fait) un match, celui de dimanche dernier à Zarzis, et ayant écopé d’une amende, il reprend du service avec l’espoir de savoir raison garder. Un joueur, quel qu’il soit, ne doit pas croire (et plus grave encore, le crier haut) qu’il est indispensable à son club et que c’est lui qui garde bien en jambes une association qui déplore beaucoup d’absences. La discipline avant tout, cher Nabil! * En confiance Bassem Mehri espère en finir dès cette semaine avec son engagement moral et affectif avec le Club Africain. Il attend qu’on lui nomme officiellement un successeur au poste de délégué de l’équipe seniors. Une tâche qu’il avait accepté de tenir provisoirement, ses obligations professionnelles ne lui laissant guère la possibilité de témoigner de suffisamment de disponibilité pour cette fonction sportive. Bassem raconte les retombées positives d’un dialogue poussé établi avec les joueurs: “Par exemple, je n’ai pas cessé d’inviter Maher Ameur à se montrer audacieux, entreprenant, à y aller sans crainte ni retenue. Je lui disais que le rôle d’un attaquant est avant tout de tirer et de tenter sa chance. “Vous êtes-là pour marquer”, lui lançais-je. Dans la pratique, cela fait que Ameur a amené un premier penalty, a marqué un but, a provoqué un second penalty et n’a pas cessé de harceler l’arrière-garde zarzissienne”. Et si c’était là la véritable thérapie du succès? S.R.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com