Prix Aboulkacem Echchabbi : Une Jordanienne couronnée





Devant un parterre d’intellectuels Samiha Khris a reçu le prix Aboulkacem Echchabbi. Et quelle distinction! Avant-hier soir, le Tout Tunis artistique et littéraire était au Diwan Dar El Jeld à la Kasbah, où s’est déroulée la cérémonie de remise du Prix Aboulkacem Echchabbi. L’heureuse lauréate de cette 19ème session n’est autre que la romancière jordanienne Samiha Khris, pour son roman “Les registres du déluge” qui, dès sa parution dans une maison d’édition jordano-égyptienne, a été traduit en langue espagnole dans les éditions “Don Quichotte”. “Au total, nous avons eu 74 candidats (en provenance de Liban, Syrie, Irak, Egypte, Sultanat Oman, Koweït, Arabie Saoudite, Yémen, Palestine, Soudan, Bahraïn, Emirats arabes unis, Mauritanie, Maroc, Algérie et bien évidemment Tunisie). Après de nombreuses réunions, pendant tout l’été, les membres du jury ont choisi “Les registres du déluge”. Il s’agit d’une écriture distinguée. Avec son style de narration très élégant et mâtiné de nouveauté. L’ouvrage est à la fois intelligent et très animé. Samiha Khris a prêté la parole aux objets comme le verre, l’argent, la soie et autres produits usuels qui se sont exprimés comme les humains. Ils nous ont raconté les petites histoires du quotidien de la capitale jordanienne. Ce sont des témoignages poignants”, a dit dans son allocution l’homme de culture, Ezzeddine Madani qui a présidé le jury de cette session composé notamment de Ahmed Khaled, Faouzi Mezzi, Nafla Dhab, Ahmed Ameur, Abdelmajid Marzouk, Abderrazak Rassaâ. “Je remercie les hommes d’affaires qui soutiennent les intellectuels et les créateurs. Je remercie aussi la Tunisie. Un pays réputé pour sa crédibilité et sa transparence. C’est aussi le pays de Aboulkacem Echchabbi qui nous a appris à frapper sur les portes de la liberté et qui fait notre fierté arabe. Pour mon roman, c’est sur Amman, une ville qui n’a pas été très choyée par les romanciers. J’ai donc fouiné dans ses vieux livrets qui grouillent de contrastes pour symboliser le rêve et l’inquiétude de l’intellectuel arabe et symboliser le cœur arabe, toujours battant et en quête de la parole libre”, a dit Samiha Khris, en guise de remerciements. Elle était entourée d’une pléiade de personnalités du monde de la culture et des médias. Nous citons entre autres les deux critiques égyptiens Abdelghani Daoud et Khaled Souleïman. Ainsi que l’ex-ministre de la culture tunisien, Béchir Ben Slama, Mahmoud Belaïd, Farouk Omrane, Nja Mahdaoui, Mohamed Driss, Nacer Toumi, Omar Khlifi, Samir Ayadi,… et bien sûr les responsables de l’entreprise financière, la Banque de Tunisie qui contribue depuis une vingtaine d’années à promouvoir la créativité dans le pays. Pour cette année qui coïncide avec son centenaire, la banque a donné une enveloppe de huit mille dinars à Samiha Khris. “C’est une dame qui se démarque par sa sensibilité à fleur de peau, par son écriture fondée et poétique. Elle sait comment nous plonger dans le vif des problèmes les plus profonds mais avec une prose raffinée et de rare facture. Quand elle nous parle de l’espace, elle l’extrait de l’âme du temps porté par les mythes et toutes leurs composantes”, nous a dit d’elle notre romancière nationale (Prix Comar d’or), Massoûda Aboubakr, qui aime lire sa rubrique fixe dans la revue mensuelle Amman. Mais aussi ses romans comme: “Chajaratou Al Fouhoud”, “Khachkhach”, “Rehlati”, “Al Madou”… Samiha Khris, qui est la rédactrice en chef de la rubrique culturelle du journal jordanien Erraï prépare pour bientôt la publication d’un nouveau roman qui sera intitulé “Nara”. Zohra ABID


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com