Jeunes et liberté : Une responsabilité … à mériter





Ne pas être sous l’emprise totale des parents ou encore sous la dépendance des règlements stricts ne déplairait pas à une jeunesse toujours assoiffée de liberté et ayant une aptitude quasi naturelle à s’affranchir de toute tutelle et un besoin de rébellion. Sauf que ce besoin de liberté peut être contrecarré si ces jeunes personnes ne font pas preuve de maturité et de responsabilité. Que signifie donc la liberté pour eux? Les jeunes ont-ils l’impression d’être libres? Tunis - Le Quotidien A priori, dans une société arabo-musulmane, les jeunes hommes sont censés bénéficier d’une marge de liberté plus vaste. Les filles sont probablement plus choyées, mais elles semblent aussi beaucoup plus “couvées”. Nawel, 17 ans élève, “vole de ses propres ailes”. Bénéficiant d’un capital de confiance assez important, la jeune fille jouit d’une marge de liberté qu’elle n’est pas prête à perdre. “Mon père a confiance en moi. Il me laisse agir et me laisse décider. Pourquoi ? Parce que je sais traduire la liberté de manière juste. Il m’a toujours dit que pour mériter sa liberté, il faut d’abord être responsable et faire preuve de lucidité. Mon père m’a toujours conseillé de vivre pleinement ma vie, il m’encourage à côtoyer la gent masculine pour avoir une vision plus claire des choses. Mais en parallèle, il me fixe des limites et des règles que je ne dois aucunement franchir. Je pense avoir beaucoup de chance. J’ai le droit de sortir avec les copines, de m’habiller comme je veux et de choisir mes fréquentations. Mais ceci ne se passe jamais en dehors des limites préfixées par ma famille. Je pense d’ailleurs que c’est la meilleure des éducations. Certains parents interdisent à leurs filles certaines choses, mais ces dernières n’en font qu’à leur tête et à leur insu. D’autres semblent complètement effacées parce qu’elles n’ont jamais pris une initiative, tellement elles sont dépendantes”, dit-elle. Amira, 19 ans, élève, jouit à son tour d’une bonne marge de liberté. Elle a été élevée de manière à s’exprimer librement. Cela dit, la jeune fille connaît bien ses droits mais elle connaît aussi ses devoirs. “D’abord pour être libre, il faut agir sans avoir rien sur la conscience. Si l’on commet une erreur et qu’on le cache, cela nous pèse lourd et nous ronge au point d’être “prisonnier” d’un mal. Par contre si l’on agit par conviction au vu et au su de tous, là on peut dire que nous sommes réellement libres. C’est ma devise dans la vie! Pour me sentir libérée, je dois agir sans avoir quelque chose sur la conscience et du coup, je pense être libre. Mes parents me font confiance et ont confiance en leur éducation. Ils savent que je suis responsable et lucide et que je mérite ma liberté. Salwa, 18 ans, pense que la liberté n’est pas une chose simple et que ce mot ne doit pas être pris à la légère. “Je pense être libre parce que je suis traitée en tant qu’être humain à part entière. Depuis l’enfance, mes parents m’ont toujours apprise à réfléchir. Lorsque je demande leur aide pour décider de quelque chose, ils me poussent à peser le “pour” et le “contre” et à puiser dans mes propres ressources et ils se contentent juste de me conseiller et de m’orienter. J’ai donc appris à prendre les choses en main et à décider de mon propre sort. Je pense aussi que c’est essentiel pour faire un premier pas vers l’émancipation et l’autonomie. Je suis autonome et je me sens responsable et je m’assume en tant qu’être humain qui réfléchit et qui décide. Par ailleurs, je garde toujours mon petit jardin secret à moi que personne n’ose franchir”, dit-elle. Abir Chemli-OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com