Médias : La radio culturelle et les attentes des intellectuels





Quelle culture pour quel public par ces temps où les repères se sont brouillés et où les valeurs se sont effritées. Telle est la principale problématique à laquelle d’éminents intellectuels ont tenté de répondre lors d’un débat fort passionnant autour de la prochaine radio culturelle. Cette rencontre a eu lieu à la Maison de la culture Ibn Khaldoun sur le thème «La radio culturelle et les attentes de l’élite intellectuelle». La question a été élucidée avec les éclairages apportés par Ahmed Gabsi, Habib Jegham et Mohamed El May. Chacun de son côté a relevé les critères de base que cette prochaine radio devrait contenir. C’est l’universitaire Ridha Mallouli qui a animé ce débat qui tombe à point nommé pour faire participer l’élite à la conception de la ligne éditoriale de cette radio. Celle qui conduirait les divers choix de cette chaîne. A commencer par Ahmed Gabsi, entre autres poète, producteur de programmes TV et visionnaire des choses de la culture, qui a mis la question dans son cadre général. Il a parlé du rôle de la culture aujourd’hui notamment après le 11 septembre en ce sens qu’elle est devenue la seule voie passante pour préserver le dialogue entre les peuples. Il a évoqué aussi la question de la spécificité culturelle qui garantit la viabilité des cultures. «C’est un projet civilisationnel et culturel pour un pays qui n’a que son capital humain pour contrecarrer l’hégémonie culturelle sociale et économique d’autres pays». Dans un autre angle et toujours selon lui, cette radio culturelle aurait à détrôner les modèles culturels bas que certains animateurs transmettent. Il a parlé de l’Altérité, de l’ouverture culturelle, de la démocratisation du savoir : des concepts que la radio culturelle devrait prendre en compte dans sa politique. Il s’agit, selon le conférencier, de donner des repères à une jeunesse livrée à elle-même et sans repères. Sans pour autant être didactique, Ahmed Gabsi trouve que cette radio redonnerait son aura à l’arabe littéraire délaissé quelque peu par des pratiquants de l’acculturation. El May, chercheur et homme de lettres, considère que la langue mère est “figée”. Elle est selon lui, la raison principale qui a rendu glaciales certaines productions radiophoniques nationales. Les propos de notre interlocuteur avaient, en fait de quoi s’attirer les foudres des assistants à cette conférence, qui de leur côté, lui ont envoyé une critique acerbe. Quant à Mohamed Jgham, animateur de radio chevronné, il a donné une communication où il a exposé ses attentes de cette radio. Il a placé la barre très haut en parlant d’une chaîne de radio culturelle qui ferait le poids avec une production culturelle telle que celle de certaines stations de radio et de TV qui, on le sait déjà, ont fidélisé leurs auditeurs… Il faut dire aussi que jusqu’ici on ne sait point qui seront les décideurs de cette prochaine radio, encore moins le timing de sa première diffusion. Mona BEN GAMRA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com