«Al Bahth Al Moussiqi» : Recherche en continu





Ils ont décidé de se retirer de leur «troupe-mère», de prendre de la distance, de réfléchir sur ce qui va et ce qui ne va pas et de se lancer, autrement, en duo. Dans quatre rendez-vous musicaux. Le premier est pour ce samedi 17 décembre à 19h30 à El Teatro, signé Amel Hamrouni et Khemaïs Bahri. Il y a un peu plus de vingt ans, la troupe «Al Bahth Al Moussiqi» (Recherche musicale) a vu le jour. Elle portait en elle le rêve estudiantin, les idées d’une génération naissante et pensante qui croyait en Cheikh Limam, en Marcel Khalifa, et les autres. Qui parmi nous (qui ont la quarantaine et la cinquantaine) n’a pas fredonné «Qahrazad», «Esha-esha» (paroles de Adem Fathi et composition Cheikh Limam) ou autres «Ya waladi», reprise plus tard par Zine Essafi ? Qui n’a pas aussi porté un regard de respect et de fierté à cette jeune troupe sudiste (de Gabès) dont le répertoire est grandement truffé d’une cinquantaine de chansons, de vraies chansons? Certes, ils ne sont pas rares. Car, la troupe des «cinque», à son début des années 1980, était très active. Et la réputation de ses paroliers, chanteurs et instrumentistes était aussi en conséquence. Après la pluie le beau temps. Mais ceci est valable aussi dans le sens contraire du cercle vicieux de la vie. On a un peu perdu de vue la troupe et le silence a trop duré. Près de 8 ans rythmés par une série de divisions intestines. Mais il y a eu quand même retour (et des apparences trompeuses). Tout d’abord, un retour timide en 2001. Pour quelques hommages aux maîtres. Puis un autre en 2003, après les festivals de Hammamet et d’El Jem (Découvertes 21). C’était le début de la fin, au mois d’août. Et le divorce à l'amiable ou plutôt caprice fut consommé. «C’était tout simplement une séance d’évaluation. C’était fait autour d’une table et nous avons décidé de nous détacher de «Al Bahth Al-Moussiqi». Notre décision n’a pas été prise à la légère. Elle était réfléchie et fondée. Et sans nier notre appartenance première, notre expérience et notre label, nous avons jugé impossible de continuer. Nous avons accompli avant de nous détacher définitivement quelques engagements. Puis, au mois de septembre 2003, ce fut la rupture. Deux mois après, et avec du recul, Khemaïs Bahri et moi-même, avons décidé de nous mettre au travail et de planter les premiers jalons de notre nouvelle démarche. Nous sommes reconnaissants, et pour toujours, à l’U.G.T.T., à quelques amis et professionnels pour préparer notre concert», a notamment tenu à préciser la chanteuse Amel Hamrouni lors de la conférence de presse tenue avant-hier à El Teatro en prélude de leur concert de samedi. Comment financez-vous votre projet? Réponse de Khemaïs Bahri: «Déjà, nous ne vivons pas de notre art, Amel est dans la trésorerie. Quant à moi, je suis ingénieur. Nous avons donné quelques concerts à Zarzis lors de son festival de la Médina, il y a quelques semaines. Nous avons donc de quoi couvrir les premières dépenses. Puis nous comptons sur la bonne volonté de quelques instrumentistes, dont quelques uns sont de la troupe symphonique. Nous avons fait avec eux quelques accords nous facilitant ainsi la tâche, en attendant des jours meilleurs». Et la tâche n’est pas quelconque. Il faut tout faire pour ne pas décevoir un nouveau public en quête de «la bonne composition, du beau texte, du vrai message», comme l’a signalé en guise d’ouverture de la conférence, Zeïneb Farhat, la patronne de l’espace d’El Teatro qui abritera le duo, Amel Hamrouni et Khemaïs Bahri (avec leur six musiciens non permanents!) dans un concert bien étoffé avec de l’ancien et du «new», «Al Bahia», «Al Gamra», «Enhina’at», «Horriyati», «Lafita»... de Taïeb Bouallègue, Abdeljabbar El Euch, Ahmed Matar, Belgacem Yacoubi, etc. On aura certainement autre chose à découvrir, mais surtout on aura au cours de cette soirée les réponses à quelques questions restées dans l’ambiguïté. Le duo est tellement emporté, qu’il ne nous décevra pas. Rien qu’à voir par quelle dynamique il est déjà animé? Z. A.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com