Loisirs et personnes âgées : Comment échapper à une retraite déprimante?





Selon les estimations des démographes, les personnes âgées de 65 ans et plus représenteront, en 2019, 20% de la population. Sans activité, cette catégorie de la population est confrontée à de multiples risques de dépression, auxquels les psychologues et les sociologues attribuent des conséquences psycho-sociales très lourdes. Tunis-Le Quotidien L’Association Tunisienne des Loisirs Familiaux (ATULOF) a organisé hier à Tunis un atelier de réflexion sur le thème “Les loisirs et les personnes âgées”. L’importance du sujet dégage des mutations socio-démographiques qui caractérisent la population tunisienne en passe de vieillir à un rythme très accéléré et faisant susciter les réflexions sur les nouveaux phénomènes qui devraient en conséquent émerger. D’après les études effectuées dans plusieurs pays qui ont déjà connu les mutations démographiques que vit la Tunisie aujourd’hui et qui font désormais face aux retombées du vieillissement de la population, le phénomène le plus fréquent chez les personnes retraitées et qui composent la frange la plus large de la population, c’est la dépression. “Celle-ci est souvent masquée, sans tristesse exprimée et d’une sémiologie peu apparente mais qui a des effets très lourds tant au plan relationnel entre génération qu’au plan humain”, explique le professeur Habib Ouhichi, psychanalyste qui a présenté une communication sur la dimension psychologique des loisirs chez les personnes âgées. * Isolement Selon le spécialiste, “la personne âgée est, d’après l’approche psycho-sociale, un être marqué par une fragilité psychologique très aiguë. La vulnérabilité du retraité est accentué par une perception négative qui lui est accordée par son entourage proche que représente la famille, et lointain que composent les différentes parties de la société. Dans la plupart des cas, on tend à lui coller l’étiquette de l’incapacité mentale et physique”. Le sentiment d’inquiétude et la tendance à se sous-estimer compliquent davantage la donne et risquent de pousser le retraité à l’isolement malgré une volonté en déclin de maintenir ses liens avec le monde qui l’entoure. La sociologie met, pour sa part, l’accent sur le risque de dépression qui se manifeste à travers la crainte de se voir privé de tout rôle dans la vie sociale. La dépression rend la personne âgée encore plus vulnérable et prête à céder aux sentiments négatifs qui peuvent évoluer jusqu’à devenir suicidaires. La participation à des activités associatives et le maintien d’un rythme de vie actif est indispensable, selon les spécialistes, pour que la retraite et ensuite le vieillissement ne se transforment pas en un suicide au ralenti. Il faut s’attacher à s’offrir une seconde vie après la retraite à travers la participation sociale et la pratique d’activités adéquates et des loisirs. Conseillent les spécialistes. H.G.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com