«Young Arab Theater Fund» : Points d’intersections artistiques





Il y a eu foule à l’espace d’El Teatro qui a abrité du 9 au 11 décembre «Meeting Points». Et pour cause. De quoi s’agit-il au juste ? Que porte ce projet ? Qui fait quoi?... et, j’en passe. Car les questions abondent de tout sens. Que veut dire tout d’abord «Meeting Points» ? Points de Rencontre est une suite de manifestations purement culturelles qui circulent dans le sud de la Méditerranée. Ce projet est porté depuis 2004, par le YATF (Young Arab Theater Fund). Ce fonds, déjà d’après cette appellation, ne concerne que les jeunes artistes arabes. Seul objectif : est de «créer des liens interactifs entre les artistes de la région méditerranéenne». A cet égard, point de Rencontre 1 a eu lieu en octobre 2004 à Amman en collaboration avec Makam. En mars 2005, point de Rencontre 2 a été dans les murs des Pharaons, entre le Caire et Alexandrie avec la collaboration de la galerie Townhouse et le théâtre du Garage. Quant au troisième, il a eu lieu à Tunis en mai dernier en collaboration avec le Festival de Danse de Carthage. Tunis a donc eu l’honneur d’abriter pour la seconde fois cette manifestation culturelle. Et le Point de Rencontre 4 est passé trois jours durant (9-10-11 décembre) à El Teatro (à quelques mètres seulement du siège du Festival de la Danse de Carthage que chapeaute annuellement Syhem Belkhodja). Pour ce dernier point, le programme a fait la promotion de 18 œuvres d’art en provenance de Damas, Beyrouth, Amman, le Caire, Alexandrie, Minia et Tunis dans le but de présenter des travaux artistiques contemporains et de jeter un pont entre ces villes arabes et aider les espaces indépendants à se partager entre eux des programmes, des artistes et des expériences. Pour la dernière manifestation tunisienne, le projet, en fonction des Protocoles de Barcelone, c’est-à-dire soutenu par MEDA / Union Européenne, a touché un public jeune qui a été très intéressé. Et il n’a cessé d’afficher sa satisfaction. Les étudiants de l’ISAD (Institut supérieur d’arts dramatiques), de l’ISM (Institut supérieur de Musique), ont été pris en charge par leur administration et leur entrée était libre. Quand aux autres «nous avons fixé des prix accessibles entre quatre et six dinars pour le public. Puis on a fini par accorder le libre accès aux jeunes étudiants des Beaux-Arts, afin que les artistes-étudiants profitent au maximum de cette expérience», nous a expliqué Zeïneb Farhat qui, avec son mari Taoufik Jebali (l’homme de théâtre), veille sur l’espace d’El Teatro ouvert depuis le 5 octobre 1987 et qui a vu naître plusieurs jeunes artistes. Dont Selma et Sofiène Ouissi ou encore Imen Smaoui. Ces derniers figurent au programme du YATF. Les Tunisiens ont découvert pendant ces journées des expériences nouvelles, notamment dans la façon de faire circuler la production artistique à frais limités. Comme le duo libanais, «Soap Kills», qui a trouvé le bon filon de répandre sa musique à travers l’Internet et de profiter totalement de ce qui se passe dans le monde du piratage. Autre trouvaille aussi intelligente, celle du théâtre «Biokhraphia» de Rabiï Mroue et Lina Saneh (et c’est toujours du Liban). Le duo a une autre cible, celle de la vraie critique de tout malaise dans les médias, les arts, les sociétés et les politiques, sous un «voile moucheté d’interviews». Une chose qui a beaucoup plu à nos jeunes. Autre chose de non négligeable aussi, c’est que nos jeunes ont découvert des productions tirant leur sève de notre monde arabe mais qui tendent la main au nord de la Méditerranée. En tout cas, la vision est nouvelle et sort des confins de la région. Au contraire. La manifestation avec tous ses volets se veut universelle et totalement branchée sur le troisième millénaire. C’est en tout cas, ce qu’espèrent tous les acteurs de la famille artistique dans le monde. Z.A.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com