Infrastructures sportives des jeunes : Le point à l’A.S.M., le C.S.H.L. et l’E.O.G.K.





A.S.M. : Exiguïté - difficultés mais, “Ardh Krima” la panacée L’ASM, à l’instar du reste de l’écrasante majorité des clubs tunisiens, pâtit d’une infrastructure sportive incapable d’offrir aux jeunes, les conditions idoines à leur éclosion. Et rien qu’à voir l’état lamentable du terrain central du Chtioui, et les incessants reports de matches censés s’y dérouler, on imagine facilement les défectuosités inhérentes aux terrains avoisinants réservés aux jeunes. Pour de plus amples informations, la parole a été cédée à Hammouda Damoussi vice-président de la Commission des jeunes et Taoufik Ben Othman, directeur technique des jeunes. ______________________________ Taoufik Ben Othman : «Un ambitieux programme de formation qui capote...» * Avant tout, quel état des lieux feriez-vous de l’infrastructure sportive inhérente au football à la Marsa ? Je n’apprendrais rien à personne et c’est une véritable lapalissade que d’affirmer qu’elle est calamiteuse. Et franchement, le travail de fond projeté depuis plusieurs années est grandement bémolisé et freiné par les insuffisances infrastructurelles criantes. Avec seulement trois terrains consacrés aux jeunes des poussins jusqu’aux juniors, la capacité d’accueil est plus que dérisoire. * Pourriez-vous nous édifier davantage sur la répartition par catégories? Nous comptons pas moins de 340 jeunes répartis comme suit : 100 (poussins ou débutants âgés de 8 à 10 ans), 30 (benjamins âgés de 10 à 12 ans), 35 (école B nés en 1994), 35 (écoles A nés en 1993), 30 minimes B), 25 (minimes A), 25 (cadets B), 30 (cadets A) et 30 (juniors). * Et qu’en est-il de l’exploitation de ces trois terrains? Nous disposons d’un grand terrain dont les dimensions sont réglementaires et il est exploité pour les matches officiels. C’était au départ un terrain gazonné, mais petit à petit, il s’est complètement rasé et depuis longtemps maintenant, une pelouse sablonneuse s’est substituée au gazon naturel. Et quand il pleut, ce n’est même plus un bourbier, tellement le sol est argileux. Logiquement, la FTF ne devrait même pas l’homologuer, à cause de son caractère très dangereux et qui expose les joueurs aux blessures notamment les entorses de chevilles et de genoux. Y jouer relève du miracle, vu qu’il est impossible d’enchaîner un mouvement quelconque. Quant aux deux autres terrains, l’un a 85 mètres de long et 45 de large et il est réservé aux joueurs écoles qui y disputent uniquement les matches officiels. Mais pour les entraînements, entendons ceux de toutes les catégories, nous exploitons le troisième et dernier terrain (80 sur 50), qui ne se prête guère à un quelconque travail tactique. Il est même dépourvu de cage et ne sert qu’à s’adonner à un jeu réduit. Quant à sa pelouse, elle rivalise en médiocrité avec celle du grand terrain. Mais, la “qualité” de son sol diffère, puisque lorsqu’il pleut, il devient extrêmement boueux, étant de type argileux. Il s’agit de cette boue collante, qui plus est. * Un mot sur l’éclairage et l’état des vestiaires ? L’honnêteté intellectuelle me dicte, là aussi, de déplorer l’état défectueux de l’éclairage. Sans entrer dans les détails, je dirais que la moitié des poteaux électriques sont détruits, et comme chacun contient trois projecteurs je vous laisse le soin d’imaginer le déroulement d’une séance après le crépuscule. Pour ce qui est des vestiaires, je me limiterai à dire que les joueurs préfèrent se changer ... dehors, tellement les conditions d’hygiène sont rebutantes. * Comment, dans ces conditions lamentables, pouvez-vous abattre de votre ouvrage? Nous n’y pouvons rien, nous composons avec les moyens de bord. Dans cet ordre d’idées, je rends un vibrant hommage aux entraîneurs des jeunes, dont le sens du sacrifice et le dévouement aux couleurs du club sont à saluer chaleureusement. Pour tout dire, il nous est impossible, dans ces conditions de concrétiser l’ambitieux programme de formation, mis sur pied depuis longtemps. * Dans ce tableau quasiment noir, y-a-t-il quand même des perspectives incitant à l’optimisme ? Je répondrai malgré tout par l’affirmative. Et dans ce cadre précis, j’ai assisté dernièrement à la réunion de la Commission de l’infrastructure sportive relevant de la municipalité de la Marsa et présidée par une figure de proue du sport à la Marsa, M. Mahmoud Azzouz. Celui-ci s’attelle à accélérer les travaux, qui ont déjà démarré, d’un nouveau terrain jouxtant le complexe tennistique à Ardh Krima, à l’entrée de la Marsa, du côté de Sidi-Daoud. Ce terrain suppléera celui sur lequel nous nous entraînons actuellement et qui servira désormais d’annexe au terrain central du Chtioui, après son gazonnement bien entendu. Cette projection s’inscrit dans le souci de respecter le règlement de la FTF qui stipule l’obligation d’un club de la L.P1 de disposer de deux terrains. En outre, les travaux inhérents à un autre terrain pour les besoins du futur centre de formation ont déjà démarré eux aussi, près de la salle couverte, toujours à Ardh Krima. On nous assure que le premier terrain sera opérationnel, début juin 2006. Mais ce qui fait perdurer mon pessimisme, c’est qu’il sera démuni d’éclairage. Et quand on sait que la plupart des jeunes, sont des élèves, cela va sans dire, s’entraînent après les cours, c’est-à-dire à la nuit tombante, le problème demeurera entier et les jeunes footballeurs risquent d’être les grands perdants au change. Wahid Smaoui ______________________________ Hammouda Damoussi : «Indigne du standing de l’A.S.M.» “Pour dire vrai, les terrains à la disposition des jeunes, sont dans un piteux état. Au nombre de trois, ils ne peuvent aucunement contenir le nombre grandissant des jeunes. Et déjà, le fait d’abréger une séance d’entraînement ou un match, sans qu’il n’y ait de blessures graves, relève du miracle. Pour être plus précis, il y a un terrain de dimension réglementaire réservé aux rencontres officielles, mais dont la pelouse est sablonneuse. Sur ce terrain trois catégories opèrent conjointement, outre les athlètes qui s’entraînent sur la piste environnante et qui, tout naturellement, empiètent sur le football. Quant à l’éclairage, c’est une toute autre histoire. C’est que la plupart des projecteurs sont en panne et que la moitié des poteaux sont en dommages. Les vestiaires, pour leur part, se caractérisent par des conditions d’hygiène fort déplorables, même si l’eau chaude et l’électricité sont de mise depuis quelque temps. Mais globalement, j’affirme haut et fort que l’état de l'infrastructure sportive à La Marsa est indigne du standing et du renom de l’ASM”. W.S. ____________________________________________ E.O.G.K. : Huit catégories, un seul terrain Dimanche, il pleuvait des cordes. Le terrain du Kram était, comme partout d’ailleurs, gorgé d’eau. A cause des flaques d’eau, il était même difficile à tous ces gamins venus pour y jouer un match, d’accéder aux vestiaires. C’est dire que même le seul terrain réservé à l’EOGK est dans un piteux état sans oublier que c’est l’unique sur lequel s’entraîne tous les jeunes du club. Des espoirs aux écoles soit huit catégories qui évoluent sur un seul terrain, ou ne peut certainement pas trouver pire ou une situation plus catastrophique. Cependant et malgré tout, il faut trouver une solution. Ahmed Kerkenni, coach des minimes “A” de l’EOGK nous a parlé des mille et une acrobatie réalisées chaque semaine pour préparer les équipes de jeunes. “Personnellement nous” a-t-il dit, “j’entraîne l’équipe à partir de midi. Les joueurs viennent directement, et le plus souvent de leurs collèges ou écoles pour s’entraîner avant de repartir rejoindre leurs cours”. Pour le reste, on s’accommode tant bien que mal de cet état de fait. Les Espoirs s’entraînent à partir de 16h30 puis les cadets et les juniors alternent entre 17h30 et 18h30. On fait en sorte qu’il n’y ait pas plus de deux catégories s’entraînant au même horaire pour au moins pouvoir travailler sur une moitié de terrain. Nous avons aussi un petit terrain mais il est trop exigu”. Avec ces conditions quasi-impossibles - et si on leur ajoute le manque de moyens avec des équipements de piètre qualité pour ne pas dire complètement usés - il est difficile de faire un travail correct. D’ailleurs comment peut-on former des jeunes avec des temps d’entraînement aussi courts ? Les séances durent une heure au plus et dans d’aussi déplorables conditions. Il est urgent pour la municipalité du coin de faire des travaux au stade du Kram (l’éclairage est très défectueux, les vestiaires etc) et de penser au moins à un autre terrain pour pouvoir travailler dans de meilleures conditions. Abdellatif ______________________________ L’arbitrage de Daâmi à l’index ! Les Kramistes n’ont pas été contents à l’issue de leur confrontation de mercredi face aux Sudistes de Zarzis. Non seulement à cause de la défaite amère essuyée, qui les jette dans les profondeurs du classement, mais essentiellement pour avoir été lésés par la prestation de Mourad Daâmi. Le Bureau directeur des Banlieusards s’est réuni hier l’après-midi après avoir saisi le Bureau fédéral de la FTF sollicitant une audience dans les jours à venir. Les dirigeants kramistes sont décidés à “renier” dorénavant l’arbitrage de Daâmi, lequel aurait été désigné (simple hasard?) pour la troisième année consécutive pour EOGK - ESZ. Il a sifflé par ailleurs le match opposant les Goulettois-Kramistes aux Jendoubiens (11ème J). Autre motif de contestation à l’encontre dudit referee invoqué par les Kramistes, celui d’avoir “ignoré” une poignée de minutes, d'autant qu’il y a eu six changements au cours de la seconde période sans compter les nombreuses interventions des agents de la protection civile pour évacuer les joueurs blessés, notamment dans le camp zarzissien! Ne terminons pas sans remarquer que les Banlieusards ont l’intention de solliciter un arbitrage étranger pour leur rencontre de ce dimanche à Kairouan face à la Jeunesse locale… M.A. ____________________________________________ C.S.H.L.: Le provisoire qui s’éternise Hammam-Lif a été l’un des bastions du football national, enfantant des joueurs qui ont marqué à jamais la mémoire sportive, tels que Mejri et Hamadi Henia, Saâd Karmous, Témime Lahzami, ainsi que la fameuse équipe des années 50 qui a remporté 7 championnats consécutifs de 48-49 à 55-56. Il fut un temps où la cité banlieusarde a arbitré 2 clubs: le CSHL et Al Mansourah dont l’antagonisme rappelait celui du derby tunisois. En ce temps, Hammam-Lif était célèbre pour ses terrains vagues, aussi bien au nord (terrains durs) qu’au sud et au milieu de la ville (Batha El Bidha: le terrain blanc) où se jouaient des rencontres homériques. Ces terrains ont été le théâtre de l’éclosion de tous les joueurs qui ont fait le bonheur et la gloire du club banlieusard. Depuis lors, ces espaces ont disparu, au point de ne plus en trouver un seul en ville et l’infrastructure sportive est restée quasi la même, plongeant les jeunes qui s’adonnent au foot au dénuement total. La disparition de ces terrains a engendré celle de la race des grands joueurs et la perte pour notre football d’une source intarissable de talents. Actuellement, l’infrastructure sportive à Hammam-Lif se limite au stade municipal, qui ne peut contenir toutes les sections, malgré la rénovation qu’il a connue, une salle couverte, théâtre de compétitions de seconde zone et une annexe qui ressemble à un terrain vague plutôt qu’à un terrain de football. * Une annexe surpeuplée “C’est un endroit indigne pour la pratique du football, surtout pour les jeunes qui aspirent à briller et à apprendre les ABC de la discipline sur des bases solides”, affirme Mongi Bhar, le Président du club. “Alors que la Tunisie sportive connaît une véritable révolution à ce niveau, dont l’impact a franchi les frontières de notre pays, Hammam-Lif reste à la traîne, malgré la présence de certains jeunes qui piaffent d’impatience d”évoluer dans des conditions semblables à celles de leurs homologues des autres clubs. Imaginez que l’annexe groupe pas moins de 7 catégorie 2 équipes “Ecoles”, 2 “minimes”, 2 “Cadets” et les juniors et rien qu’en poussins, nous avons au moins une centaine de joueurs…”. Le terrain annexe est un “stade” en terre battue, exigu et nullement adapté aux entraînements des jeunes, étant donné sa proximité de la mer, d’où les conditions de travail exécrables, surtout durant les périodes de mauvais temps. Des dizaines de joueurs, pour ne pas dire deux cents et plus, évoluent dans cet espace réduit sur une terre boueuse, sous des rafales de vent qui vous glacent les os. L’ancien attaquant Mounir Shili nous a avoué à ce propos: “Il est inconcevable de faire évoluer tant de jeunes sur un tel terrain et dans de telles conditions. Comment voulez-vous que les jeunes soient formés valablement, alors que les conditions minimes de formation sont inexistantes?? Auparavant, les jeunes apprennent les rudiments du foot sur les terrains vagues et il ne reste plus aux entraîneurs que d’apporter quelques correctifs pour assimiler les ficelles du +métier+. Actuellement, cet apprentissage naturel de base a complètement disparu et ce n’est point dans de telles conditions qu’il vont apprendre quelque chose… Le CSHL a été de tout temps une école de formation et il suffit d’une infrastructure adéquate pour qu’il retrouve ses vertus et son aura d’antan”. * Un stade qui défie le temps Le stade municipal d’Hammam-Lif était le “temple” du football de la Banlieue sud. Rénové à plusieurs reprises, notamment la pelouse et les vestiaires, il est réservé exclusivement aux entraînements et aux rencontres des équipes seniors et Espoirs. Enclavé au milieu d’une zone urbaine, il ne contient pas assez d’espace pour être agrandi et suffire à toutes les sections. Trop peu pour permettre au club d’ambitionner enrichir ses ressources humaines, afin d’éviter les éventuels recrutements auxquels le club ne peut faire face, faute de moyens financiers disponibles. * Quelles solutions? “Le problème dépasse les capacité de notre club. Seule une intervention à l’échelle supérieure peut résoudre un problème d’une telle ampleur, car il nécessite des fonds de plusieurs centaines de milliers de dinars”, ajoute le président hammam-lifois. “L’idéal serait la création d’un centre de formation pour les jeunes. A Hammam-Lif, la matière première existe à profusion, mais c’est l’espace vital pour l’exploitation de cette richesse qui manque le plus. Je suis convaincu que si la création d’un tel espace voit le jour, le CSHL retrouvera sa place de bastion de football et on verra l’éclosion de talents qui feront honneur, non seulement aux Hammam-Lifois, mais à tous les Tunisiens, comme ça été le cas par le passé”, conclut-il. En attendant la “délivrance”, les jeunes joueurs du CSHL travaillent dans des conditions impossibles et leur staff technique consent des sacrifices énormes pour accomplir valablement sa mission. Un constat dont on ne voit vraiment pas la fin, pour le malheur des jeunes Banlieusards qui méritent sincèrement mieux. Quant au stade municipal, il suffit qu’il soit sollicité quelques semaines de suite sans interruption pour “crier grâce”, délogeant l’équipe qui se trouve dans l’obligation d’aller jouer ailleurs, comme ce sera le cas cette semaine contre le CA. Moncef SEDDIK ______________________________ Hamadi Atrous (Ex. Pdt C.S.H.L.) : «Deux terrains dans deux ans» Alors qu’il était président du CSHL, Hamadi Atrous nous a affirmé à maintes reprises qu’un projet de construction d’autres terrains existait, mais seul le lieu restait à trouver. Contacté de nouveau à ce propos, Hamadi Atrous nous a expliqué qu’il avait rencontré fortuitement à la municipalité le responsable ministériel de ce projet qui lui a certifié que le dossier technique était en cours de préparation et que les fonds pour la construction du projet étaient disponibles. “Nous venons d’avoir l’accord et l’autorisation de construire un terrain en tartan qui sera fonctionnel au plus tard dans 2 ans. On a finalement trouvé le lieu pour l’édification d’un tel projet au pied de la montagne à la place de l’ancien marché de gros. En plus de ce terrain qui servira de compétition pour les jeunes et éventuellement d’entraînement pour les seniors, en cas d’indisponibilité du stade municipal, il y aura une autre parcelle qui sera conçue comme terrain annexe et peut contenir de 2 à 3 catégories pour les entraînements”, nous confié l’ex-président. Apparemment, le vœu des Hammam-Lifois est en passe d’être exaucé. Il est grand temps, car un club de l’élite se doit de se doter d’une infrastructure qui permette à ses joueurs d’évoluer dans de bonnes conditions, dans une perspective de formation, en premier lieu et de renforcement de l’effectif existant par l’incorporation de talents formés sur des bases solides. Au cas où ce projet verrait le jour, le CSHL qui s’est toujours débattu dans de graves crises financières, pourrait trouver son salut dans la “consommation locale” en comptant essentiellement sur les joueurs du cru. M.S.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com