Sommet de Bruxelles sur le budget de l’UE : Les Européens s’efforcent d’arracher un difficile accord





Les dirigeants de l'Union européenne négociaient avec acharnement autour de Tony Blair hier pour arracher un accord sur leur futur budget, avec l'espoir de concrétiser les premières avancées enregistrées dans la matinée. Le Quotidien-Agences «Il y a eu du progrès ce matin», a déclaré le porte-parole du Premier ministre britannique, qui préside depuis jeudi soir un sommet crucial des 25 à Bruxelles. Il a annoncé que Tony Blair déposerait une nouvelle proposition dans l'espoir de débloquer l'impasse sur le budget communautaire de la période 2007-2013. "Je sens, tout le monde sent dans l'immeuble que les Anglais sont en train de faire des pas dans la bonne direction, mais il faut que ce soit des pas concrets", a estimé le ministre luxembourgeois des affaires étrangères Jean Asselborn, dans une déclaration tranchant avec le pessimisme des premières heures d’hier. Pour trouver un accord, Tony Blair a programmé des fonds suffisants pour les nouveaux adhérents, pour l'essentiel des pays pauvres issus du communisme, et abandonner une partie du rabais dont les Britanniques bénéficient sur leur contribution aux finances de l'UE, fermement contesté par ses 24 partenaires. Les discussion butent principalement sur ce fameux rabais, obtenu en 1984 par Margaret Thatcher pour compenser le fait que la Grande-Bretagne ne recevait que très peu de subventions agricoles. Depuis, la Grande-Bretagne est devenue un pays beaucoup plus riche et la part des aides agricoles dans le budget a diminué. Mais ce rabais est l'enfant chéri de l'opinion britannique, qui penche souvent vers l'euroscepticisme. Plutôt que de convoquer d'emblée une réunion à 25, Tony Blair a engagé hier matin une série d'apartés avec les dirigeants des plus grands pays de l'Union mais aussi avec ceux qui ont des réserves particulières sur les projets britanniques. Les 25 se sont ensuite retrouvés pour un déjeuner de travail. Blair devait d'abord faire le point de ses entretiens et écouter les réactions de ses partenaires. Selon son porte-parole, il voulait ensuite avoir de nouveaux tête-à-tête avant de mettre sur la table un nouveau projet de compromis. * Offre alternative Dans la matinée, l'Espagne, la France et l'Allemagne ont déposé leur propre offre, prévoyant une révision permanente du rabais britannique (actuellement plus de 5 milliards d'euros par an) pour en limiter la hausse et l'assurance d'une refonte de la structure des dépenses à partir de 2014. La Grande-Bretagne tient particulièrement à l'inclusion dans l'accord final d'une clause de révision qui permettrait en 2008 ou 2009 de réexaminer l'ensemble du budget européen. La Grande-Bretagne espère pouvoir ainsi réduire le poids des dépenses agricoles, dont la France est la principale bénéficiaire. La Pologne a également mis sur la table une proposition prévoyant d'augmenter l'enveloppe globale, actuellement fixée à quelque 850 milliards d'euros. * Suicide politique "Nous devons montrer un peu de flexibilité (...) la pression est sur nous", avait reconnu vendredi matin Jack Straw, le chef de la diplomatie britannique. Mais Tony Blair n'a que peu de marge de manœuvre car son opinion lui a déjà reproché durement ses premières concessions. "J'y mettrai tout mon courage politique. Mais mon suicide politique (en Angleterre) n'aidera pas l'Europe", avait dit le dirigeant britannique jeudi à ses partenaires, selon un diplomate. Un accord budgétaire à 25 est crucial pour aider les nouveaux pays d'Europe centrale et orientale à rattraper leur retard économique. Faute d'accord, l'Europe risquerait d'être privée d'un plan budgétaire à long terme et devrait mener des négociations budgétaires acharnées chaque année. Un échec plongerait aussi un peu plus l'Union dans la crise après les rejets de la Constitution européenne en France et aux Pays-Bas, puis le fiasco en juin de leurs premières négociations budgétaires. Le sens de la crise est tel que l'UE risque de geler tout nouvel élargissement. Les 25 s'apprêtaient à ajourner l'octroi d'un statut de candidat à l'ex-république yougoslave de Macédoine s'ils ne parvenaient pas à se mettre d'accord sur le budget.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com