Pour la première fois : Mehlis accuse ouvertement la Syrie de l’assassinat de Hariri





Detlev Mehlis, le chef de la commission d'enquête de l'Onu sur l'assassinat du leader libanais Rafic Hariri a, pour la première fois, accusé sans ambages la Syrie de ce crime, au moment où la communauté internationale maintient la pression sur Damas. Le Quotidien-Agences Pour la première fois depuis le début de l'enquête internationale en juin 2005, Mehlis a pointé du doigt directement la Syrie, ex-puissance de tutelle au Liban, dans l'assassinat le 14 février à Beyrouth de Rafic Hariri, cinq fois Premier ministre. Interrogé à New York par le journal à capitaux saoudiens Asharq Al-Awsat s'il était "parfaitement convaincu que la Syrie est responsable de l'assassinat de Hariri", Mehlis a répondu: "Oui". "Les autorités syriennes sont responsables", a-t-il dit, sans vouloir entrer dans les détails. La Syrie, forcée de retirer ses troupes du Liban deux mois après l'assassinat de Rafic Hariri sous la pression de l'opposition libanaise et de la communauté internationale, a toujours clamé son innocence dans ce crime. Selon Mehlis, "il y a un lien entre les attentats qui ont frappé le Liban" depuis octobre 2004. Le dernier en date a été l'assassinat du journaliste et député chrétien antisyrien Gebrane Tueini le 12 décembre. "Certaines parties, dont une en particulier, ont cherché à dévier l'enquête, mais elles n'ont pas réussi", a ajouté le magistrat allemand, en se référant au témoin syrien Houssam Houssam qui s'était rétracté ensuite à Damas. Et aussi, selon lui, "la demande (syrienne) incongrue de révision du rapport d'enquête". "Nous poursuivrons l'enquête dans la même voie", a-t-il insisté. Sur la liste des "personnalités libanaises antisyriennes à abattre" publiée récemment par les médias, il a indiqué que des témoins "avaient fait état de cette liste durant leur interrogatoire". "Nous ne pouvons affirmer avec certitude que ces informations sont exactes mais avons jugé utile d'avertir les autorités libanaises", selon lui. Mehlis a conclu, dans deux rapports d'étape, à des "preuves convergentes" sur l'implication des renseignements syriens et libanais dans l'assassinat de Hariri et émis des doutes sur la réalité de la coopération syrienne. Il a fait savoir ne pas souhaiter être reconduit à la tête de la commission dont le mandat, qui a expiré le 15 décembre, a été prorogé pour six mois par la résolution 1644 du Conseil de sécurité. Parallèlement, la communauté internationale a maintenu la pression sur la Syrie qui a jugé "équilibrée" la résolution 1644 qui s'est abstenue de lui imposer des sanctions. Pour Washington, la Syrie ne devrait pas être "réconfortée" par la 1644. Celle-ci n'a pas accédé aux demandes de Beyrouth sur l'élargissement de l'enquête de l'Onu aux autres attentats au Liban et à la formation d'un tribunal international pour juger les coupables de l'assassinat de Hariri. Cette résolution "maintient les projecteurs braqués sur la Syrie, sur l'échec de la Syrie à coopérer pleinement à l'enquête", a dit le département d'Etat. De Bruxelles, l'Union européenne réunie au sommet a exprimé sa "très grande inquiétude (après le rapport Mehlis) qui confirme les graves indices de l'implication des renseignements libanais et syriens" dans l'assassinat de Rafic Hariri et exigé une "coopération inconditionnelle" de Damas.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com