Projet d’accord sur l’OMC : Les agriculteurs critiquent, les manifestants se déchaînent





Le Quotidien-Agences Sur fond de manifestations qui auraient fait plus de 30 blessés, les organisations agricoles ont dénoncé hier les propositions formulées par l’OMC pour la libéralisation du secteur. A Hong Kong, des centaines de manifestants se sont heurtés à la police, devant le centre de conférence. Selon des témoins, des centaines de manifestants altermondialistes - souvent issus de groupements agricoles sud-coréens considérant la libéralisation des échanges comme leur ruine - ont franchi des cordons de police et atteint le Palais des congrès, sans toutefois parvenir à y entrer. "Il y a un face-à-face devant le bâtiment", a déclaré un journaliste de Reuters sur place tandis que des policiers faisaient usage de gaz lacrymogènes pour disperser une foule qu'ils avaient affrontée tout l'après-midi. Une chaîne de télévision a parlé d'au moins 30 blessés dans ces manifestations, tandis que le gouvernement en signalait cinq dont un policier. Les délégations européenne et japonaise à la conférence de l'Organisation mondiale du commerce y ont été acheminées par bateau. * Critiques Les organisations agricoles européennes ont dénoncé une proposition formulée par l'OMC pour libéraliser le commerce agricole, l'un des volets d'un accord global sur lequel les pays membres peinent à trouver un consensus. "Le document sur la table n'est pas acceptable pour nous tous (...). C'est un pas en arrière", a déclaré le président de la Copa-Cogeca (Comité des organisations professionnelles agricoles de l'UE-Comité général de la coopération agricole de l'UE) aux journalistes en marge de la conférence ministérielle de l'OMC, à Hong Kong. Dans un communiqué, le Conseil agricole français, qui représente plusieurs groupes français du secteur, s'est dit pour sa part "fermement" opposé à ce texte qu'il juge "tout simplement inacceptable". L'Union européenne, qui consacre plus de 40 milliards d'euros par an à son agriculture, fait l'objet de fortes pressions de la part des Etats-Unis, du Brésil et de l'Australie, entre autres, pour qu'elle réduise davantage qu'elle ne l'a proposé jusqu'ici ses taxes à l'importation et abaisse les autres barrières douanières servant à protéger son secteur agricole. Mais Bruxelles assure avoir fait la meilleure proposition possible et refuse de s'engager sur la date de 2010 pour l'élimination totale de ses subventions aux exportations si les autres pays ne réforment pas en partie leurs propres systèmes d'exportation agricole. Hier, un responsable participant aux négociations avait déclaré que l'UE était "mécontente de la formulation du texte" de la proposition. Le président de Copa-Cogeca et d'autres représentants des agriculteurs européens ont insisté sur le fait que l'accord conclu dans la nuit à Bruxelles par les dirigeants européens sur le budget ne devait pas modifier la position défendue par le commissaire au Commerce Peter Mandelson dans les négociations de Hong Kong.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com