Conflits conjugaux et familiaux : Quand l’égalité des sexes devient synonyme de malaise!





La mouvance de la famille tunisienne passée du modèle patriacal autoritaire à un modèle plus égalitaire au niveau du partage du pouvoir au sein du couple est loin d’être le fondement d’un climat conjugal harmonieux. L’égalité des sexes résultante de l’émancipation économique et sociale de la femme est parfois la source d’un malaise qui peut nourrir de malencontreux conflits. Psychologues et juristes se penchent sur le phénomène. Tunis-Le Quotidien Jadis, l’équilibre familial reposait sur l’unitéralisme du mâle qui s’accapare tous les pouvoirs mais à qui, en même temps, incombent plusieurs responsabilités et tâches. Depuis que la femme a commencé à jouir de tous ses droits, après son émancipation sociale, sa revendication d’un statut plus équilibré vis-à-vis de l’homme à contrebalancé l'emprise du père de famille le sentiment de se voir privé de son autorité pousse l’homme d’après les psychologues à manifester une résistance qui peut dégénérer souvent en conflits. Du point de vue des spécialistes de la psychologie sociale, les conflits conjugaux sont dans la plupart des cas le résultat logique de l’incompatibilité comportementale des deux partenaires. Selon le Dr. Imed Regaïeg, psychologue, la tension tend à monter au sein du couple au fur et à mesure que se manifeste un manque de respect du partenaire. L’égalité des sexes est souvent perçue par l’homme comme un facteur qui menace sa supériorité morale. Il prend la position de l’individu menacé dans son statut dominant. Le résultat c’est que le rapport se transforme en un conflit de positions. La vie du couple est un ensemble de responsabilités et d’obligations. Toujours d’après le Dr. Regaïeg, l’égalité entre les deux partenaires se résume dans la sincérité, la fidélité, la cohabitation et l’entretien, c’est-à-dire la communication. Mais ce qui est fréquent chez les couples tunisiens en conflits, c’est l’absence du dialogue. L’égalité entre les sexes c’est avant tout un facteur de force au sein du couple qui se développe à travers la compassion réciproque. * Sentimentalisation des rapports Le renforcement de l’équilibre de la famille et la préservation de l’équilibre familial constituent par ailleurs l’objet de plusieurs législations en Tunisie. La politique tunisienne en matière de la protection de la famille prend en fait en considération les aspects matériels moraux et relationnels. Mme. Soukeïna Bouraoui, professeur à la Faculté des Sciences juridiques et sociales de Tunis qui a travaillé sur le sujet des conflits conjugaux en Tunisie et dans le monde arabe souligne que le législateur tunisien s’est résolu depuis 1993 à rayer toute mention de l’obligation d’obéissance de la femme. Cette transformation répond aux bouleversements qu’a connus le mode de vie et les rapports au sein de la famille après l’émancipation de la femme. La libéralisation du rapport unissant les deux partenaires révèle ce que les sociologues appellent “la sentimentalisation des rapports familiaux qui ont remplacé les relations fondées sur l'oppression et l’obéissance par d’autres axées sur le partage et la compassion réciproque. “Il est ainsi devenu plus important d’axer l’intervention de conciliation sur le renforcement de la sincérité et la fidélité pour parvenir à gérer les problèmes ayant pour origine les aspects matériaux”, précise le juriste. H.G.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com