Iran – Nucléaire : Téheran accueille fraîchement l’idée d’un compromis russe





L'Iran a accueilli fraîchement hier l'idée d'un compromis qui le verrait transférer en Russie ses activités nucléaires les plus sensibles, tout en se déclarant ouvert aux propositions. Le Quotidien - Agences "La maîtrise de la technologie nucléaire est le droit de l'Iran (...) alors pourquoi cela pose-t-il des problèmes depuis le début"? s'est interrogé sur la télévision d'Etat le dirigeant chargé du dossier, Ali Larijani. "Ce dont nous avons besoin, c'est de rectifier la voie, pas de recevoir différentes propositions. Ce qui importe pour nous, c'est de maintenir la technologie nucléaire entre des mains iraniennes", a-t-il dit, selon les médias, après des entretiens à Téhéran avec le chef du Conseil de sécurité russe, Igor Ivanov. Mais, selon lui, "si nous recevons des propositions qui facilitent le processus, nous y prêterons attention, c'est ce qu'on appelle la diplomatie". Larijani réagissait à l'idée d'un plan qui permettrait de sortir par le haut de la crise nucléaire iranienne. Ce plan, présenté par les Russes et endossé par les Européens avec l'accord des Américains, offrirait aux Iraniens de mener en Russie les activités d'enrichissement d'uranium qui produisent le combustible pour les centrales civiles mais peuvent aussi fournir la charge explosive d'armes nucléaires. La partie préalable du cycle de production du combustible pour les futures centrales iraniennes (la conversion d'uranium) resterait ainsi en Iran. Mais la phase la plus sensible, l'enrichissement, se déroulerait en dehors du pays. Cela constitue pour une grande part de la communauté internationale la garantie la plus probante, après 18 années de dissimulation de la part de la République islamique, qu'elle ne fabriquera pas l'arme nucléaire. Si les Iraniens acceptaient une telle proposition avant une nouvelle réunion de l'Agence internationale de l'énergie atomique le 24 novembre, elle pourrait permettre d'empêcher d'en appeler au Conseil de sécurité de l'Onu contre l'Iran. La formule employée par Larijani selon laquelle la technologie devait rester "entre les mains iraniennes" pourrait laisser supposer que l'Iran serait prêt à envisager que l'enrichissement ait lieu à l'étranger sous le contrôle iranien. Mais l'Iran, qui s'est jusqu'alors arc-bouté sur ses droits, semble surtout attendre de disposer d'une offre concrète. Russes et Européens tâchent apparemment de prendre toutes les assurances diplomatiques avant de la leur soumettre. Ivanov, cité par les médias iraniens, a assuré ne pas avoir remis de "proposition précise" à Larijani. Il a affirmé qu'il s'agissait de contribuer à une reprise des négociations entre l'Iran et l'UE-3 (Allemagne, France, Grande-Bretagne), rompues en août, et que le nucléaire n'avait été que l'un des sujets de discussion avec Larijani, avec la coopération militaire et économique, la sécurité régionale ou encore la lutte antiterroriste et le trafic de drogue. Sur le nucléaire cependant, "la Russie est prête à apporter son aide", a-t-il dit. Ivanov a redit que la Russie préconisait le "dialogue avec l'AIEA" plutôt que la confrontation diplomatique. La Russie est le plus sérieux allié de l'Iran pour empêcher une saisine de l'Onu.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com