Tunisie – R.D. Congo Le jeu et les joueurs : De nouvelles solutions et peu de satisfactions





On ne peut juger avec toute objectivité le rendement de l’EN après seulement 67 minutes de jeu, car on aurait pu voir d’autres options tactiques au cours des vingt-cinq minutes qui n’ont, finalement, pas eu lieu, mais on a pu, tout de même, tirer quelques enseignements qui ne manqueront pas d’éclairer la lanterne de Roger Lemerre. Il y a eu du nouveau concernant l’effectif et la formation alignée d’entrée. Avec une défense new-look constituée essentiellement des joueurs de la Sélection 2001 (Ayari, Boussaïdi et Yahia) et un milieu qui a vu débarquer un certain... Soufiène Melliti, le sélectionneur a innové et a pu tirer les conclusions qui s’imposent. L’EN a connu des hauts et des bas, dominant parfois avant de fléchir et subir à son tour. C’est surtout au niveau de l’efficacité que le manque a été flagrant car la défense congolaise était presque toujours prenable. Lemerre a curieusement opté pour un 4-2-3-1 qui a mis du temps pour secouer l’adversaire. Le milieu de terrain, à l’image d’un Mnari totalement émoussé à cause de son inactivité en Bundesliga, a trouvé toutes les peines du monde à fournir des ballons jouables aux attaquants. Il faut dire que seul Santos était régulièrement devant et que Sdiri et Ben Saâda, appelés à venir le soutenir, l’ont fait d’une manière lente et prévisible. Sdiri n’a pratiquement pas quitté son flanc droit, même lorsque Boussaïdi avançait, alors que Ben Saâda a été très actif au milieu et moins bon sur le flanc gauche. Quant à Melliti, il a mis du temps pour entrer dans le match et quand il a retrouvé un certain équilibre, surtout en seconde mi-temps, il a pu servir les attaquants et créer réellement le danger. Au milieu de terrain, on attendait franchement mieux du duo Ghodhbane - Mnari, mais les deux hommes forts de l’entre-jeu n’étaient pas inspirés et ont beaucoup souffert avant de sombrer totalement. Jawher Mnari a été trahi par son éloignement des terrains depuis un bon bout de temps puisqu'il n’est presque jamais titularisé alors que Ghodhbane, très brillant en Turquie, n’était pas assez inspiré avant-hier, peut-être en raison de son décalage un peu en arrière. * Hésitations en défense C’est la prestation de la défense qui a un peu surpris. Les joueurs alignés ne manquaient pas d’expérience et de métier. Pourtant, ils étaient régulièrement malmenés par des attaquants congolais, certes bons techniciens, mais peu imposants sur le plan physique. L’axe central n’a pas été sans reproches et les deux latéraux ont cumulé le bon et le moins bon. Quant à Khaled Fadhel, il a paru crispé et a évolué sans grande concentration. Il avait, pourtant, une chance à saisir, mais il a prouvé, encore une fois, que tous les remplaçants de Boumnijel devraient travailler plus dur pour espérer prendre la relève bientôt. En somme, malgré les incidents déplorables qui ont vu les supporters envahir le terrain, ce match a apporté son lot d’enseignements à Roger Lemerre. En Egypte, on annonce des changements dans les trois secteurs, et on espère voir les Aigles de Carthage impressionner davantage et faire nettement mieux que face aux modestes congolais. Kamel ZAIEM __________________________________ A formation amoindrie, mini-match ! Pour un match amical, ce rendez-vous tuniso-congolais n’en a eu finalement rien de tel. Par la faute essentiellement d’une main courante loin d’être sécurisante et un service d’ordre restreint et très vite débordé par une foule de jeunes gens qui ont manifesté bruyamment leur joie au but égalisateur de Santos. Il faut dire que la cohue qui en a découlé était la résultante logique d’une première descente d’une partie de l’imposante colonie tunisienne, suivie d’un véritable envahissement des Congolais lorsque Mutula avait permis aux siens de reprendre l’avantage. Mais si les choses n’ont pas dépassé la limite au cours des deux premières fois, ça a failli littéralement dégénérer à la troisième reprise, avec un joueur congolais faisant le mort et la réplique agressive du public congolais. Quoiqu’il en soit, la rencontre n’est pas allée à terme, du moment que l’arbitre Pascal Gueridian aurait préféré l’arrêter d’autant que la psychose des événements qui ont marqué l’Hexagone ces derniers temps était bien ancrée dans tous les esprits ! Les deux teams se sont ainsi contentés des soixante-cinq minutes disputées et de la parité qui a sanctionné les débats jusque-là. Or, quels enseignements tirer en définitive de ce mini-match ? La première remarque qui s’impose c’est incontestablement cette faillite défense qui nous a coûté deux buts comme ce fut le cas un mois plus tôt face au Maroc, quoique la contexte ne soit pas le même. Les têtes changent, certes, mais les carences demeurent les mêmes, avec notamment cette tendance à se laisser aller à certains moments, à se déconcentrer et se découvrir devant des adversaires qui n’en demandaient pas tant ! Pour preuve, le premier but réussi par Mputo en embuscade au second poteau à la suite d’un coup franc exécuté par Elungo et prolongé de la tête par... Mnari ! La balle a circulé à trois mètres de la cage avant d’échoir au buteur congolais complètement démarqué et lui-même surpris par le cuir au point d’avoir failli rater lamentablement l’aubaine. Le second but des Tigres congolais n’était pas non plus un modèle du genre, puisque réalisé par un attaquant, Mutula en l’occurrence, curieusement marqué dans le dos par son adversaire direct, et qui n’a fait que pousser le cuir dans des filets vides après un premier renvoi de Khaled Fadhel sur le tir de Mbayo consécutif, il faut l’avouer, à une action bien élaborée au départ. La seule satisfaction à tirer de ce test, c’est la confirmation de cette force de caractère qui caractérise désormais le «club Tunisie», retrouvant à chaque fois les ressources physiques et, surtout, mentales afin de réagir. La tenue d’ensemble du groupe, malgré l’absence de l’ossature de la formation, n’est pas non plus à condamner. A titre d’exemple, un joueur comme Chawki Ben Saada mérite amplement sa place, ne serait-ce qu’en égard à sa vivacité, sa bonne technique et ses facultés à s’adapter facilement dans le système préconisé par le sélectionneur national. Et s’il a raté de belles opportunités de conclure, il a eu néanmoins le mérite de réussir la première égalisation à la suite d’une action d’une rare beauté qui en dit long non seulement sur ses belles prédispositions, mais également sur cette complémentarité naissante avec Mnari et Ghodhbane. En tout état de cause, les tests amicaux à venir dans l’optique de la préparation de la CAN égyptienne et du Mondial allemand ne manqueront pas de nous édifier sur l’état de santé de notre sélection représentative et ses capacités à relever les défis... Mansour AMARA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com