Mottaki à Damas : L’Iran et la Syrie, unis face aux ennemis





Le chef de la diplomatie iranienne, Manouchehr Mottaki, est arrivé hier à Damas pour apporter son soutien à la Syrie qui, sous pression internationale, tente de négocier les modalités de sa coopération avec la commission d'enquête de l'ONU sur l'assassinat de Rafic Hariri. Le Quotidien-Agences Le ministre iranien, dont le pays est le principal soutien de la Syrie dans la crise qui l'oppose à la communauté internationale, et plus particulièrement aux Occidentaux, a été reçu par le président Bachar al-Assad Il a appelé à son arrivée les pays de la région à "rester vigilants à l'égard des plans américains favorables aux intérêts d'Israël". Mottaki a dû rencontrer également le Premier ministre, Mohammad Naji Otri, et le ministre des Affaires étrangères, Farouk al-Chareh. Ses entretiens à Damas devaient porter sur "les relations bilatérales entre les deux pays amis et les événements dangereux qui interviennent au Proche-Orient", selon l'agence officielle syrienne Sana. Téhéran et Damas, dont l'alliance remonte au début de la guerre Iran-Irak (1980-1988), sont unies aujourd'hui dans les menaces qu'elles reçoivent quasiment chaque jour des Etats-Unis. Mises en cause par la commission d'enquête de l'ONU sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, les autorités de Damas sont sous la pression du Conseil de sécurité des Nations unies, qui a adopté fin octobre une nouvelle résolution (la 1636) exigeant qu'elles coopèrent à cette enquête. Depuis 2003, Damas fait l'objet de sanctions économiques et diplomatiques de la part de Washington, qui lui reproche de soutenir (avec l'Iran) le Hezbollah chiîte libanais ainsi que plusieurs groupes palestiniens opposés aux accords d'Oslo et considérés comme "terroristes" par les Etats-Unis. Ceux-ci et les nouvelles autorités de Bagdad l'accusent également de laisser s'infiltrer en Irak des combattants étrangers. Pays de "l'axe du mal" aux yeux du président américain George W. Bush, l'Iran est au centre des préoccupations des Occidentaux, qui le soupçonnent de vouloir se doter de l'arme atomique. Il est aussi accusé par Washington et Bagdad de chercher à déstabiliser son voisin irakien. Les pressions sur l'Iran se sont encore accrues après l'appel de son président, Mahmoud Ahmadinejad, à "rayer Israël de la carte". Le Conseil de sécurité a condamné ces propos le 28 octobre. Fin octobre, Bush avait mis les deux pays dans le même sac en déclarant: "Des Etats comme la Syrie et l'Iran ont une longue histoire de collaboration avec les terroristes - et ils ne méritent aucune patience de la part des victimes du terrorisme." Face aux menaces contre la Syrie apparaissant en filigrane dans la résolution 1636, l'Iran a apporté début novembre son soutien à Damas en déclarant: "Nous soutenons la Syrie sans aucun doute possible, la Syrie est notre amie (...) Les pressions sur la Syrie sont inacceptables, elles ont surtout des motivations politiques". La visite de Mottaki survient alors que Damas et la commission internationale sur l'assassinat de Hariri ne parviennent pas à s'entendre sur l'endroit où devront être interrogés six officiers syriens (dont certains sont proches du président Assad) que les enquêteurs de l'ONU souhaitent entendre.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com