C.A. : Pourtant, il y a encore de l’espoir!





“A l’intérieur même du clan clubiste, il y a des espions”, fulminait dernièrement le directeur sportif du C.A, M. Salah Thabti. Il y a pourtant lieu de savoir si les entraves à la communication érigées dans un club hypermédiatisé en raison de son incomparable impact populaire n’ont pas accentué cette ambiance digne d’un James Bond, d’un agent 007. Bien évidemment, cette incompréhensible rétention de l’information fait qu'on lise parfois les échos et les commentaires les plus fantaisistes sur la vie du club de Bab Jedid. Un peu de transparence et de disponibilité, que diantre! En fermant les portes et en communicant par de menus expédients et invariables monosyllabes, le Bureau “rouge et blanc” se met du reste un peu plus de pression sur son dos, chacun y allant de sa propre version ou narration de la grève de l’entraînement le 19 octobre dernier, ou du port des brassards noirs, mercredi dernier à l’occasion du match CA-ENPPI en Ligue arabe des Champions, avec effet garanti puisque la médiatisation du “mouvement social” entrepris par les joueurs a atteint des pics très élevés de l’Océan jusqu’au Golfe, comme disent nos confrères arabes d’autant que le match était retransmis par ART. * Pour un nouveau langage Face aux structures et aux attitudes figées, il y a au C.A un besoin urgent de rénovation du langage et des réactions rongés par la sclérose. L’on ne peut du reste s’attendre à cette petite “révolution culturelle” alors que le mastodonte, notamment dans son reflet populaire et médiatique, est confié, dans sa gestion quotidienne, à une ou deux personnes de l’aveu même de ces deux faiseurs de pluie et de beau temps, MM. Bellamine et Thabti. L’effet d’usure, de désaffection ou de refus d’une certaine voie suivie des dernières années a fait que les structures mises en place depuis la dernière Assemblée Générale (cela commence, d’ailleurs, à devenir lointain, cet événement-là) ont volé en éclats et qu’elles tombent progressivement dans une accablante paralysie. Qui gère les affaires du C.A aujourd’hui? De quelle manière le fait-on? Et quelle place prend réellement l’absence de fonds et de ressources fixes et suffisantes dans la crise? N’y a-t-il pas, derrière l’alibi du déficit chronique et de la désaffection des mécènes et de bailleurs de fond une crise identitaire latente qui fait que le public et le carré des figures historiques rassemblées sous la bannière du Haut comité de soutien ne se reconnaissent plus dans ce virage à 180 degrés pris ces dernières années par le nonagénaire, peut-être pas assez riche pour vivre comme les nantis mais qui ne doit pas pour autant brader les valeurs de discipline, de discrétion, de patience et de franc-jeu érigées jadis par les Azouz Lasram, Hamadi Bousbiaâ, Farid Mokhtar et Ridha Azzabi de l’âge d’or? Pour justifier cette descente eux enfers, notamment dans le style et le mode de vie, les pontifes du club avancent et rabâchent jusqu’à l’écœurement l’alibi de la crise financière aiguë. Tous les clubs d’élite, y compris l’Espérance ST, vivent à des degrés divers un renchérissement des charges sociales (salaires et primes des joueurs et des entraîneurs qui grimpent vertigineusement sans que personne ne mette de holà au crie au scandale) et en même temps une régression des postes de recettes. Seulement, dans un club sportif devant servir de modèle de vie et d’art de conduite, tant est que le modèle sportif apporte aux supporters une fierté, un plaisir d’identification, les grèves, les brassard noirs et la contagion transmise par les divas du football à leurs collègues du handball ne constituent assurément qu’un compromis saugrenu pour rappeler le club (à travers ses dirigeants) à ses devoirs sans trop se soucier de l’effet ravageur produit et de la dégradation de l’image de l’association et de la pratique sportive (quand bien même professionnelle) plus généralement. Des gens continuent pourtant de croire en un rapide sursaut d’orgueil de la prestigieuse association qui apporta au pays son premier titre africain des Clubs champions. Preuve que tout n’est pas irrémédiablement perdu et qu’il y encore de l’espoir! S.R.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com