Basket Monaem Aoun (Entr. C.A.) : «Une certaine stagnation…»





Pour avoir côtoyé la compétition locale pendant plusieurs saisons de façon régulière, jouant de surcroît pour les titres, Monaem Aoun, le technicien clubiste, est bien placé pour dresser un bilan partiel. Perspicacité et profondeur dans l’analyse aidant. Commençons par le CA. Votre équipe a mis du temps pour parvenir à carburation, n’est-ce pas ? C’est vrai. Nous avons connu un départ difficile pour diverses raisons, aussi bien endogènes qu’exogènes. Celles qui dépendent directement de la section ont trait avant tout à sa politique sportive en matière de recrutement. C’est ainsi que le choix stratégique du club privilégie l’injection progressive des jeunes du cru en équipe première. Et cela exige un certain temps de maturation. C’est la raison pour laquelle un seul recrutement, extrêmement ciblé, a été effectué, en la personne de Marouène Lahmar. L’ex organisateur goulettois, après une lente intégration, a totalement adhéré à nos conceptions de jeu et son immense talent est désormais entièrement mis au service de collectif. D’autres facteurs, comme les problèmes de santé ayant affecté certains joueurs (Ezzehi, Ben Ghania...), ont quelque peu bémolisé le rendement global au début de la saison. Quant aux raisons sur lesquelles nous n’avions pas d’emprise, elles concernent, à titre indicatif, l'engagement des internationaux avec l’équipe nationale. Pour l’heure, l’ambiance est excellente et l’équipe revient à son meilleur niveau, avant l’entame des matches retour de la première phase. Venons-en justement à la compétition locale. Quel bilan pourriez-vous en faire à ce stade-ci ? En tant qu’observateur, je dirais que le niveau technique est encore en-deçà du requis. A ce sujet, certaines équipes nous ayant habitué à mieux, continuent de décevoir. C’est peut-être un problème de moyens financiers et aussi humains. C’est ainsi qu’il n’y a guère d’éclosion de nouveaux talents et, à part quelques jeunes tels que Mouhli, Maghrébi, Bra, Hadidane... qui ont été déjà révélés depuis quelque temps au grand public, c’est l’anonymat. Quand on voit des joueurs comme Faouzi Trabelsi, Maher Khanfir, Nabil Euch, Lamjed Njah... marchant sur les 40 ans et continuant à faire la pluie et le beau temps, l’on ne peut que se poser de lancinantes questions. Malgré les centres de formation qui foisonnent, l’équation sport - études généralisée... C’est dire qu’une certaine stagnation prévaut, génératrice de régression. La formule de mise depuis quelques saisons n’y a-t-elle pas un tant soit peu contribué ? Et comment ! C’est que les équipes savent pertinemment que la première phase (pourtant composée de 22 matches) est loin d’être décisive, y compris le point du bonus octroyé au premier. Vous n’avez qu’à voir le champion sortant, l’USM, qui n’a fait que troisième à l’issue de la première phase. C’est ainsi que les habituels favoris, sûrs à un poste près, le 6ème, de se qualifier, prennent tout leur temps pour se mettre en branle, finalisant certains recrutements onéreux au dernier moment. Et pour des raisons de compression budgétaire, personne ne peut vraiment les en blâmer. Le SN et EZS mènent, pour l’heure, la danse. Un commentaire à ce propos ? Le champion de l’aller, le SN (au bénéfice de sa confrontation directe avec EZS) ne constitue pas une surprise. A la faveur de la stabilité de l’effectif, de sa prise en mains, aussi bien technique que dirigeante par des enfants du club qui en connaissent tous les rouages, le SN est resté égal à lui-même. Concernant EZS, le fait d’avoir confié ses commandes techniques à l’enfant du cru, Sami Houseini, connu pour ses grandes qualités d’encadreur et de fin psychologue, est un gage de réussite. Il en est de même sur le plan dirigeant, avec à la barre, un président qui a le sport dans les veines, dynamique et très ambitieux. Dans cette optique, les recrutements effectués, Ben Mahmoud, Mdaïssi, Hamrouni) ainsi que le retour au giron zahrois de Ben Zekri, sont d’une extrême pertinence. Mais je dois honnêtement à la vérité de reconnaître qu’EZS et quelque part c’est son mérite à elle, a bénéficié du relatif laisser-aller des autres concurrents. Une confirmation est donc attendue de sa part. Un coup d’œil sur la deuxième moitié du classement vous inspire quoi au juste ? Autant je me réjouis de l’émergence d’un nouveau pôle de basket, à Grombalia plus précisément, autant je suis inquiet en constatant le marasme dans lequel s’enlisent d’illustres fleurons tels que l’ESR et surtout l’EOGK pour lesquelles je souhaite une réaction énergique de leurs dirigeants. Une projection sur la deuxième partie de la phase initiale, notamment en ce qui concerne les futurs candidats au play-off et, par extension, au super play-off? Je vois la consolidation des aspirations du SN et du CA, le retour de l’USM et de la JSK à leur véritable stature, un quatuor qui a toutes les chances de se retrouver pour le sprint final. Mais la grande question, source de suspense et de charme attractif est de savoir quel rôle d’animateur (postulation directe au super play-off ou arbitrage influent dans la désignation du quatuor final) joueront au juste EZS et l’ESS. Wahid SMAOUI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com