Malgré la baisse des violences dans les banlieues : Le gouvernement français approuve une prorogation de l’état d’urgence





Le gouvernement français a adopté hier un projet de loi prolongeant pour trois mois l'état d'urgence afin d'enrayer les violences dans les banlieues, qui se sont poursuivies pour la 18e nuit consécutive, tout en continuant de baisser d'intensité Le Quotidien-Agences Le texte sera examiné dès cet après-midi par le parlement et son adoption, qui ne fait guère de doute, permettra de proroger l'état d'urgence instauré le 8 novembre, pour une première période de douze jours, en vertu d'une loi de 1955 datant de la guerre d'Algérie. Très critiqué pour sa discrétion et son manque apparent d'implication depuis le début de cette crise sans précédent depuis près de 40 ans, le président Jacques Chirac s’est d'autre part adressé dans la soirée aux Français dans une déclaration solennelle retransmise à la télévision. C’est sa première intervention de ce type depuis le début des troubles, le 27 octobre, après la mort accidentelle de deux jeunes d'origine immigrée dans une banlieue pauvre de Paris. Le chef de l'Etat a qualifié la prorogation de l'état d'urgence de "mesure de protection et de précaution" qui sera "strictement temporaire" lors d'un Conseil des ministres exceptionnellement avancé de deux jours. Le gouvernement a justifié cette décision par "la gravité et l'extension à de nombreux centres urbains" des violences "dirigées sans distinction contre les personnes et les biens". L'un des principaux effets de l'état d'urgence est d'autoriser les préfets à instituer des couvre-feux, décrétés jusqu'à présent dans une quarantaine d'agglomérations, notamment Nice (sud-est), Lyon (centre-est) ou Le Havre (ouest). Les rassemblements menaçant l'ordre public peuvent aussi être interdits, une mesure appliquée durant le week-end à Paris et à Lyon. Les premières expulsions d'étrangers impliqués dans les violences, réclamées par le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, même ceux en situation régulière, pourraient d'autre part intervenir dès le début de cette semaine. Cette demande a suscité de nombreuses critiques des associations et de responsables de l'opposition de gauche. Depuis le début des violences, au moins 375 personnes ont été condamnés à des peines de prison ferme et près de 2.800 interpellées. * 284 véhicules incendiés La prorogation de l'état d'urgence intervient alors que le bilan des violences de la nuit de dimanche à lundi a semblé confirmer l'accalmie observée les deux nuits précédentes, au terme d'un week-end moins agité qu'attendu. Durant la dernière nuit, 284 véhicules ont été incendiés, contre 374 la veille, dont plus des deux tiers en province, selon la police. Cent-quinze personnes ont été interpellées dans la nuit contre 212 la veille. Cinq policiers ont été blessés. Au plus fort des violences, dans la nuit du 6 au 7 novembre, quelque 1.400 véhicules avaient été incendiés. "La France s'installe dans la crise des banlieues", estimait hier malgré l'accalmie le quotidien populaire Le Parisien. Les violences perduraient notamment à Toulouse (sud-ouest) et à Lyon. En revanche, les craintes d'attaques sur Paris pendant le week-end, relayées par des messages menaçants diffusés sur des blogs ou par SMS, ne se sont pas matérialisées. Un fort dispositif policier était déployé dans la capitale où aucun incident notable n'a été relevé, à l'exception de l'incendie vite maîtrisé d'une station-service. En signe de "solidarité" avec la France, le président de la Commission européenne, Jose Manuel Durao Barroso a annoncé dimanche soir que l'UE était prête à dégager rapidement 50 millions d'euros pour l'aider à faire face aux conséquences des émeutes. Au total, plus de 8.500 véhicules ont été brûlés, ainsi que des dizaines de bâtiments publics, dont des écoles et des gymnases et de nombreux commerces. Les assureurs ont chiffré les dégâts à plus de 200 millions d'euros. ______________________________ Un maire suspend des aides sociales aux familles des émeutiers Le Quotidien-Agences Le député-maire UMP d'une ville de la banlieue parisienne a annoncé hier la suspension "immédiate" dans sa commune des aides sociales allouées aux familles des fauteurs de troubles, marquant la première initiative de ce type depuis le début de violences en France le 27 octobre. Ces aides financières concernent notamment la cantine scolaire, les vacances, le financement de médicaments ainsi que le règlement de factures d'électricité, d'eau ou encore de téléphone, a précisé le maire. ______________________________ Image de la France à l’étranger Paris tente de redresser la barre Le Quotidien-Agences Les ambassadeurs français ont été invités à parler aux médias étrangers pour corriger l'image négative de la France provoquée par les violences urbaines, a déclaré hier le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy. "C'est vrai qu'il y a un problème d'image", a déclaré Douste-Blazy en ajoutant qu'il avait été "demandé à tous les ambassadeurs d'être présents sur les ondes, dans les journaux, à la télévision dans leurs pays". Il faut "expliquer quelle politique nous menons, quels sont les sujets que nous avons, les problèmes de l'intégration, qui ne sont pas propres à la France, qui sont propres à beaucoup de pays dans lesquels il y a eu en particulier des flux d'immigration", a-t-il ajouté. ______________________________ Conférence sur l’Islam à Vienne La France en toile de fond Le Quotidien-Agences Sur fond des émeutes en France, Vienne était hier sur le pied de guerre pour l'ouverture d'une conférence sur l'islam et le pluralisme en présence notamment du président irakien Jalal Talabani, et de son homologue afghan Hamid Karzaï. Les émeutes dans les banlieues françaises ont été évoquées hier par la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Ursula Plassnik, à l'initiative de la rencontre: "La France nous rend conscients que ne pas s'écouter les uns - les autres peut vite contribuer à la violence", a déclaré Plassnik, citée par le journal Der Standard. "On y trouve un mélange dangereux: facteurs sociaux, pauvreté, manque de perspectives et de formation, manque de confiance sociale en général, tout ce qui marque deux mondes parallèles", a-t-elle ajouté, en estimant que le facteur religieux apparaissait marginal d'autant que les imams français ont appelé au calme. "Dans un monde globalisé, la méfiance et la violence entre cultures et civilisations semblent s'amplifier", a aussi estimé Plassnik dans son invitation à la conférence, ajoutant qu'en Europe "les citoyens musulmans s'interrogent de ce fait sur leur place dans les sociétés" occidentales. Le président afghan Hamid Karzaï fait étape à la conférence dans le cadre d'une tournée en Autriche et en France, qui doit le mener notamment au Parlement européen de Strasbourg. L'ancien président iranien, Mohammad Khatami, le Prix Nobel de la Paix 2003, l'avocate iranienne Shirin Ebadi, et l'émissaire des Nations unies en Irak, Lakhdar Ibrahimi, ont également participé à la conférence. A côté du secrétaire général de l'Organisation de la Conférence islamique, le Turc Ekmeleddin Ihsanoglu, plusieurs spécialistes du dialogue interreligieux entre chrétiens et musulmans participent à la conférence. Le patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomée Ier, chef spirituel de l'orthodoxie, l'archevêque de Vienne, le cardinal Christoph Schvnborn, le rabbin américain Arthur Schneier et les ministres des affaires religieuses égyptien, Mahmoud Zakzouk, et marocain, Ahmed Taoufiq, sont également présents.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com