Exposition : L’archéologie sous les mers en vedette





Le Musée de Carthage a accueilli lundi la première manifestation culturelle du SMSI. Il s’agit d’une exposition ayant pour titre: “Archéologie sous les mers”. Les fonds des mers tunisiens recèlent de centaines d’épaves de bateaux qui ont fait naufrage dans l’Antiquité, au Moyen-Age, ou lors d’époques plus récentes. Située au carrefour des grandes routes de commerce en Méditerranée, la Tunisie, point de passage des navigateurs depuis des temps immémoriaux, a su mettre à contribution son espace maritime. Avec une façade maritime de 1300 km, sur laquelle s’échelonnent les villes d’agglomérations, entrepôts et comptoirs qui témoignent d’un trafic maritime très intense entre les côtes tunisiennes et d’autres pays de la Méditerranée et du monde. La densité de ce trafic pendant une époque de forte agitation qu’a connu la Méditerranée notamment celles phénicienne, carthaginoise, byzantine et romaine a fait qu’aujourd’hui, le fonds marin recèle de richesses archéologiques inestimables. Ainsi, et afin de faire connaître cette richesse, le ministère de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine, en collaboration avec la Fondation “Maison des sciences de l’homme de Paris”, a décidé d’accueillir en Tunisie cette exposition consacrée à l’archéologie sous les mers qui se poursuit jusqu’au 20 novembre. L’idée de cette exposition a germé depuis 1998. En effet, après avoir acquis le statut d’une exposition circulaire pendant cette même année, au cours de laquelle, elle a été présentée dans sa version arabe au Caire en 1998, dès octobre 2003, elle s’est transformée en une exposition permanente à la Bibliothèque d’Alexandrie en Egypte. Depuis, elle a été remaniée afin de tenir compte de l’évolution des techniques. Ainsi, grâce aux efforts entrepris par le ministère de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine, de l’Institut National du Patrimoine, de l’Agence pour la mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle qui se sont associés aux programmes méditerranéens, cette exposition prend, désormais, en compte une partie consacrée à l’archéologie sous-marine tunisienne. L’exposition qui se tient actuellement au Musée traduit sur un autre plan une volonté de collaboration scientifique. La particularité de cette exposition est qu’elle présente une palette riche d’amphores remontant à presque toutes les époques de l’Histoire tunisienne, ainsi que d’habitats maritimes, de fortifications, bâtiments publics, nécropoles. Ces éléments archéologiques ont été inventoriés dans 200 sites archéologiques sous-marins. En effet, et pour mettre en exergue la richesse archéologique sous-marine, quinze épaves ont pu être extraites et exposées au Musée de Carthage. Ces objets archéologiques remontent à l’époque des Carthaginois. Selon M. Taoufik Rédissi, chef d’études archéologiques sous-marines à l’Institut national du Patrimoine, ces objets archéologiques ont été répertoriés grâce aux plongées sous-marines, aux larges de Zembra, à Bizerte, Rafraf, Salakta, entre autres. Selon le responsable de l’INP, on trouve parmi ces objets archéologiques une centaine d’amphores consacrées au métier de l’huile, ou trouvées sur la route de la céramique. Parmi ces objets, on trouve des amphores remontant à l’époque punique et romaine, des amphores africaines, des bustes en plâtre, des fragments en marbre ainsi que d’une statue en sphinx extraits et exposés pour l’occasion. Grâce à ces objets, l’exposition a pu mettre en exergue les résultats significatifs récemment obtenus sur les gisements prospectés avec des méthodes et techniques numériques très avancées. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com