Paris expulse dix étrangers : Sarkozy passe à l’acte





Le gouvernement français a affiché sa fermeté engageant l’expulsion de dix étrangers accusés d’avoir participé aux récent émeutes. Le Quotidien-Agences La ligne dure, incarnée par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, a suscité des critiques de l'opposition de gauche, dont les députés ont voté contre la prorogation pour trois mois de l'état d'urgence. Mais elle continue à bénéficier, selon les sondages, d'un fort soutien des Français, frappés par l'ampleur des violences qui ont embrasé les banlieues pauvres et à forte proportion d'habitants originaires du Maghreb et d'Afrique noire à partir du 27 octobre. Les sénateurs on dû voter à leur tour le projet de loi du gouvernement prorogeant l'état d'urgence instauré le 8 novembre, en vertu d'une loi datant de 1955 et de la guerre d'Algérie. L'Assemblée nationale, où le parti au pouvoir UMP est majoritaire, a adopté le texte à une large majorité. La France sera placée, jusqu'en février, sous ce régime qui autorise notamment l'instauration de couvre-feux, des perquisitions de police de jour comme de nuit et l'interdiction de certains rassemblement. Cette prolongation intervient alors que le couvre-feu imposé aux mineurs a été levé dans plusieurs régions. Sur le terrain, l'accalmie se confirme avec 163 véhicules incendiés dans la nuit de mardi à mercredi, contre 1.400 au plus fort des émeutes. Au total, la police a interpellé près de 2.900 personnes. Un jeune homme accusé d'avoir incendié un grand magasin à Arras (nord) a été condamné à quatre ans de prison, la peine la plus lourde prononcée jusqu'à présent. Près de 400 personnes ont été condamnées à la prison ferme. Sarkozy a annoncé que des procédures d'expulsion avaient été engagées contre dix étrangers accusés d'avoir participé aux émeutes. Cette décision, vivement critiquée par des associations, est approuvée par 63% des Français, selon un sondage publié mercredi. L'action du ministre de l'Intérieur, candidat à la présidentielle de 2007, bénéficie d'un fort soutien: 68% des Français l'approuvent. Le Parti socialiste a estimé qu'il fallait "aujourd'hui donner un signe d'apaisement et d'espoir" aux banlieues. Une cinquataine de partis de gauche, de syndicats et d'associations ont appelé à manifester à Paris contre "l'état d'exception". La prorogation de l'état d'urgence "est inutile et peut même s'avérer dangeureuse", a estimé le quotidien de gauche Libération, qui y voit une "manoeuvre politicienne" destinée à "rassurer un électorat inquiet et exaspéré, dont on craint qu'il ne se jette dans les bras de l'extrême droite". La phase aiguë de la crise semblant passée, la France continue à s'interroger sur les causes de ces émeutes sans précédent, qui ont témoigné, selon le président Jacques Chirac, d'une "crise d'identité". "La France a traversé une crise très profonde due à la crise de l'immigration et à l'échec de l'intégration", a dit à la BBC le chef de la diplomatie Philippe Douste-Blazy, ajoutant que la France devait se poser "la question du racisme et de la xénophobie". L'accalmie se confirmant, le gouvernement était confronté à d'autres dossiers épineux. ________________________________ Selon un ministre français La polygamie, une des causes des émeutes en France Le ministre français délégué à l'Emploi Gérard Larcher a cité la polygamie comme l'une des causes possibles des émeutes qui embrasent les banlieues des villes depuis près de trois semaines sur tout le territoire français, a rapporté le journal d'affaires britannique Financial Times sur son site internet. Selon le ministre, la polygamie dans les familles immigrées est l'une des causes de la discrimination raciale sur le marché du travail visant les minorités ethniques vivant en France. Les familles nombreuses et polygames entraînent parfois des conduites anti-sociales chez les jeunes qui ne peuvent plus se référer à une figure paternelle chez eux, ce qui rend les employeurs plus prudents lorsqu'il s'agit d'engager du personnel en provenance des minorités ethniques, explique le ministre délégué selon le quotidien. "Puisque une partie de la société affiche ce comportement anti-social, il n'est par étonnant que certains d'entre eux aient des difficultés à trouver du travail", a déclaré le ministre devant des journalistes étrangers.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com