L’ex-commandante d’Abou Ghraïb avoue: Les ordres venaient de Washington





L’ex-commandante de la prison irakienne d’Abou Ghraïb, Janis Karpinski a affirmé, dans un livre autobiographique avoir été un bouc émissaire facile accusant le sommet du pouvoir à Washington dans le scandale des sévices. Le Quotidien-Agences Les sévices “étaient le résultat d’ordres contradictoires et de règles confuses remontant aux commandants militaires en Irak jusqu’au sommet du pouvoir civil à Washington” a affirmé Karpinski. Dans son livre intitulé "L'armée d'une femme: la commandante d'Abou Ghraïb raconte son histoire", Karpinski, 52 ans, aujourd'hui retournée à la vie civile après plus de 25 ans dans l'armée, se dit victime du sexisme, en livrant sa version de l'affaire. Née dans une famille aisée du New Jersey (nord-est), elle raconte comment elle a gravi les échelons dans l'armée avant de devenir en Irak "la première femme général à commander des soldats dans une zone de combat". Elle est la seule gradée au sein de la hiérarchie militaire américaine à avoir été sanctionnée dans le scandale, rétrogradée de général à colonel, sur ordre du président George W. Bush. Fin septembre, la soldate Lynndie England, symbole du scandale, a été condamnée à trois ans de prison par une cour martiale. Sa photo, souriant devant un prisonnier irakien nu et tenu en laisse, avait fait le tour du monde et suscité un débat sur l'utilisation de la torture par les Etats-Unis. Dans son livre, Janis Karpinski décrit comment elle a appris la première fois l'existence des photos. C'était le 13 janvier 2004, dit-elle: "Cette nuit, après être revenue d'une réunion (...) j'ai décidé de vérifier mon adresse e-mail protégée. Il y avait un message du colonel Mark Marcello, commandant de l'une des unités d'enquête criminelle. C'était bref: +Madame, je veux juste vous informer que je vais donner un compte-rendu préliminaire au général Sanchez sur l'enquête sur Abou Ghraïb. Cela concerne des accusations de sévices sur des prisonniers et des photos+". "Sévices sur des prisonniers? Des photos? Un assistant m'a regardé de près et m'a dit. +Madame, vous allez bien?+ J'étais blême et il pensait que j'allais tomber dans les pommes. Ce n'était pas seulement les mots de Marcello qui me choquaient. C'était le fait que je ne savais pas de quoi il parlait". Dix jours plus tard, elle rencontre le chef des forces américaines en Irak de l'époque, le général Ricardo Sanchez. "Rien ne me reste plus dans la gorge que le commentaire de Sanchez lors de notre rencontre. +Avez-vous idée de ce que cela fera à mon armée?+ Il n'y avait rien de subtil à propos de ce message. C'était son armée", raconte-t-elle, "j'ai écrit ce livre pour contester cette affirmation". Janis Karpinski dit accepter sa "part de responsabilité pour les sévices commis" qu'elle considère "vraiment comme une aberration". Elle décrit également sa rencontre avec l'ex-dictateur irakien, Saddam Husseïn, en janvier 2004, quelques semaines après sa capture. "Il était évidemment surpris de voir devant lui une femme habillée pour le combat avec une étoile de général", raconte-t-elle. "+Etes-vous vraiment un général?+, a-t-il dit. (...) - +Oui+, ai-je répondu. +Nous avons cela dans notre armée. Les soldats qui vous protègent sont mes soldats", - "Non+, ils ne le sont pas+, a-t-il répondu (...) ce sont des soldats espagnols+, a-t-il dit. +Ils portent des uniformes américains quand ils sont ici, mais ils sont très durs - ils viennent d'Espagne+", a ajouté Saddam Husseïn, selon ses souvenirs.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com